L'Ofpra confiant dans le succès de la répartition des réfugiés

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L'OFPRA CONFIANT DANS LE SUCCÈS DE LA RÉPARTITION DES RÉFUGIÉS
L'OFPRA CONFIANT DANS LE SUCCÈS DE LA RÉPARTITION DES RÉFUGIÉS

par Chine Labbé et Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - Malgré un démarrage modeste du mécanisme de répartition des demandeurs d'asile entre pays membres de l'Union européenne, avec un nombre infime de réfugiés concerné pour l'instant, le directeur général de l'institution française chargée de l'asile est confiant sur sa capacité à fonctionner en 2016.

Décidé en septembre dernier, ce système vise à répartir à travers l'UE, d'ici 2017, quelque 160.000 demandeurs d'asile syriens, irakiens et érythréens arrivés en Italie et en Grèce, deux pays en première ligne dans la crise.

A ce jour, 272 personnes ont été relocalisées dans différents pays de l'Union à partir de centres d'enregistrements de migrants - "hotspots" - italiens et grecs, selon des chiffres publiés cette semaine par la Commission européenne.

Avec 111 réfugiés, la Finlande a reçu le plus gros contingent, suivie par la Suède avec 39 personnes. La France, qui s'était dite prête à accueillir 900 personnes, n'a reçu que 19 Erythréens via ce programme.

"Le dispositif français est prêt, mais c'est pour l'instant l'appétence des migrants pour ce système qui reste faible", explique Pascal Brice, qui vient d'être reconduit pour trois ans à la tête de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), poste qu'il occupe depuis décembre 2012.

"Je n'ai aucun doute sur le fait que ce dispositif va fonctionner, simplement il est en rodage", dit-il à Reuters.

Paris s'est engagé à accueillir 32.000 demandeurs d'asile supplémentaires dans le cadre de ce système européen sur les deux prochaines années, bien loin des 19 arrivés jusque-là.

ATTIRÉS PAR L'ALLEMAGNE

Pascal Brice prévient du risque d'"effet d'optique". "Pour moi, il y a vraiment des raisons très rationnelles qui expliquent qu'on en soit à 19 en France et 272 en Europe."

La décision européenne ne remonte qu'à septembre, et le système repose en grande partie sur des "hotspots" qui ne fonctionnent pas tous, rappelle-t-il. Seuls trois "hotspots" sont opérationnels, sur 11 prévus, même si l'Italie doit en ouvrir deux nouveaux en début d'année, selon la Commission européenne.

Surtout, "on est toujours dans une situation où les migrants souhaitent aller en Allemagne" et refusent, pour certains, d'entrer dans ce mécanisme volontaire, souligne Pascal Brice.

La moitié de 1.245 Syriens interrogés en Grèce par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont ainsi dit vouloir déposer leur demande d'asile en Allemagne, contre 0,4% en France, selon une étude publiée le 8 décembre.

Un choix reposant principalement sur leur perception des possibilités de travail et de l'aide aux réfugiés dans ce pays, mais aussi sur leurs réseaux sur place.

Pour faire entrer davantage de migrants dans le mécanisme de relocalisation européen, il va falloir mieux les informer, juge le directeur de l'Ofpra.

Un travail d'information qui commence à porter ses fruits à Calais, où, selon la préfecture, environ 4.500 migrants tentent actuellement de rejoindre la Grande-Bretagne, assure-t-il.

A force d'explications, voire de déconstruction de "mythes" sur la France et le Royaume-Uni, une "culture de l'asile" est en train de s'y installer, dit-il. Ses équipes, qui se rendent sur place une fois par semaine, ont ainsi pu y accorder le statut de réfugié à un peu plus de 1.000 personnes depuis fin 2014.

NOUVELLES ARRIVÉES SOUS PEU

Pour ce qui est de la relocalisation européenne, six agents de l'Ofpra ont été détachés auprès du Bureau européen d'appui en matière d'asile dans des "hotspots" grecs et italiens, pour faire connaître le mécanisme.

Mais leur rôle n'est pas de promouvoir la France, assure Pascal Brice, qui refuse de croire à un déficit de notoriété d'un pays qui a accordé sa protection à 25.000 personnes en 2015 sur près de 80.000 demandes, contre 15.000 en 2014.

"La France posait une difficulté du point de vue des délais d'instruction", reconnaît-il. Mais la réforme du droit d'asile, qui doit les ramener d'un an et demi à neuf mois en moyenne d'ici fin 2016, devrait envoyer des signaux positifs aux demandeurs d'asile, juge l'ancien diplomate.

Lundi, Pascal Brice était à Athènes, pour préparer l'arrivée, "dans les prochaines semaines", de demandeurs d'asile syriens, irakiens et érythréens venant de Grèce et d'Italie.

Cela "va nous conduire à des niveaux qui nous placeront devant les autres Etats membres", dit-il, sans plus de détail.

Dans un contexte marqué par la montée des populismes en Europe et les attentats de novembre, dont deux des auteurs ont présenté des passeports syriens lors de leur entrée dans l'espace européen, via la Grèce, Pascal Brice estime devoir plus que jamais faire preuve d'un "sens élevé des responsabilités".

"Assumer ses responsabilités, c'est pour l'Ofpra faire preuve de bienveillance et de rigueur", dit-il.

(avec Gabriela Baczynska à Bruxelles, édité par Yves Clarisse)

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  • dgui2 le mercredi 6 jan 2016 à 18:56

    Et comment ont-ils DECIDE qu'il y aurait encore des centaines de milliers de migrants en 2017 ???? D'où sort cette prévision ? Voila des gens qui se sont créé un job: REPARTITEUR DE MIGRANTS. Et on va continuer comme ça jusqu'en 2100 pour que certains puissent justifier de leurs gros salaires ?

  • dgui2 le mercredi 6 jan 2016 à 18:48

    Mais qui c'est, ces "gugusses" de l'OFRA qui se permettent de "distribuer" la nationalité Française par milliers à Calais et ailleurs ? Encore des FONX Européens apatrides qui font leur petit truc dans leur coin..... Mandaté par QUI ? Elus par QUI ? C'est ça l'Europe. Quand est ce qu'on sort de ce "machin" ?