L'odyssée américaine d'Iliad financée par HSBC et BNP Paribas

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L'ODYSSÉE AMÉRICAINE D'ILIAD FINANCÉE PAR HSBC ET BNP PARIBAS
L'ODYSSÉE AMÉRICAINE D'ILIAD FINANCÉE PAR HSBC ET BNP PARIBAS

par Leila Abboud et Arno Schuetze

PARIS/FRANCFORT (Reuters) - Iliad va enrôler les banques BNP Paribas et HSBC pour financer son offre surprise sur l'américain T-Mobile US, a-t-on appris vendredi de trois sources au fait du dossier.

Vincent Le Stradic de la banque d'affaires Lazard conseille l'opérateur télécoms français qui a dévoilé jeudi soir une offre de 15 milliards de dollars (11,2 milliards d'euros) pour acquérir 56,6% du numéro quatre du mobile Outre-Atlantique.

L'action de la maison mère de Free, contrôlée par son dirigeant-fondateur Xavier Niel, abandonnait plus de 7% à la mi-journée, les investisseurs s'interrogeant sur la pertinence d'une transaction qui catapulterait l'opérateur sur le deuxième plus grand marché mondial des télécoms après la Chine.

Le français vient défier sur son terrain l'opérateur américain Sprint et sa maison-mère japonaise Softbank qui cherchent également à mettre la main sur le groupe détenu à 40% par Deutsche Telekom.

Dans un communiqué diffusé jeudi soir, Iliad a indiqué qu'il n'y avait aucune garantie que son offre sur T-Mobile US soit acceptée.

Sprint est en discussions depuis plusieurs mois avec T-Mobile et les deux parties se sont mises d'accord en juin sur les grandes lignes d'un accord qui valorise la société à environ 40 dollars par action, ont précédemment dit des sources à Reuters.

L'offre d'Iliad affiche un prix inférieur, de 33 dollars par action T-Mobile, qui monte à 36,20 dollars en incluant 10 milliards de dollars de synergies qu'Iliad assure pouvoir réaliser en gérant le groupe plus efficacement.

Mais Iliad compte sur le fait que sa proposition rencontrera moins de difficultés lors de son examen devant les autorités de concurrence, ce qui dans l'esprit de ses dirigeants, lui donne l'avantage, expliquent plusieurs sources au fait du dossier.

Dans son communiqué, Iliad a précisé que son offre serait financée par la dette et les fonds propres.

HSBC et BNP se sont engagés à prêter jusqu'à 13 milliards de dollars à Iliad, selon l'une des personnes au fait de la situation. HSBC est également conseil d'Iliad sur la transaction.

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Xavier Niel engagerait un milliard d'euros sur sa fortune personnelle et une augmentation de capital d'un montant de deux milliards d'euros serait mise en oeuvre au niveau d'Iliad.

La dette serait par ailleurs levée par une holding détenue à 100% par Iliad, ainsi que par T-Mobile US.

"Au total, la dette serait levée à trois niveaux. Le financement sera la clef de l'opération", a déclaré l'une des sources.

"Est-ce que Xavier Niel peut y arriver ? C'est un deal avec un endettement très important. Il a de fortes similarités avec l'offre réussie de Numericable sur SFR en France en termes de structure".

En lorgnant T-Mobile US, l'opérateur français s'attaque à une cible plus grosse que lui.

La capitalisation boursière d'Iliad était d'un peu plus de 16 milliards de dollars avant la baisse de vendredi à comparer à environ 25 milliards pour T-Mobile US.

Iliad compte environ 8,6 millions d'abonnés mobiles et 5,7 millions de clients fixes contre 50 millions de clients mobiles chez sa cible.

Certains investisseurs n'ont pas caché leur scepticisme.

"Il n'y a pas de synergie. Ils sont arrivés avec ce chiffre de 10 milliards mais on ne sait pas d'où ça vient", explique David Moss, directeur des actions européennes à F&C qui ne détient pas d'action Iliad. "Choqué, surpris, amusé sont les mots qui viennent à l'esprit".

Frank Heise, gestionnaire de fonds à Metzler Asset Management, qui détient des actions Iliad, se montre plus optimiste mais reste prudent.

"Iliad a démontré en France qu'il peut chambouler un marché avec sa base low cost. Mais il est possible que cela ne marche pas aussi facilement et rapidement aux Etats-Unis où les standards de marché sont différents : un revenu par abonné plus élevé, des forfaits différenciés et plus de dépenses de marketing", explique-t-il.

De nombreuses banques américaines ayant déjà été enrôlées pour l'offre de Sprint-Sotfbank, leurs concurrentes européennes HSBC et BNP ont saisi leur chance en finançant l'aventure américaine d'Iliad.

Des sources avaient dit à Reuters que cinq banques internationales avaient accepté de financer Sprint : JPMorgan Chase & Co, Goldman Sachs Group, Deutsche Bank AG, Bank of America Merrill Lynch et Citigroup Inc.

(Avec Simon Jessop à Londres et Gwénaëlle Barzic à Paris, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • rj99 le vendredi 1 aout 2014 à 17:07

    Je ne sais pas si Xavier Niels va réussir son coup ni s'il sera rentable mais ce qui est sûr c'est qu'il peut envisager de racheter des actions Iliade à bon compte vu que le titre est déjà aujourd'hui même très chahuté. Après tout pourquoi pas !