L'OCDE voit un regain de croissance mondiale avec l'impulsion US

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    * Croissance revue en hausse pour les USA et la zone euro 
    * La relance américaine va profiter à la croissance mondiale 
    * Forts risques baissiers pour le Royaume-Uni et la Chine 
    * L'OCDE juge le soutien budgétaire indispensable et 
possible 
 
    PARIS, 28 novembre (Reuters) - L'OCDE s'attend à ce que la 
croissance mondiale reprenne un peu plus d'élan que prévu au 
cours des deux prochaines années, sous l'effet de la politique 
de relance envisagée aux Etats-Unis. 
    Dans ses prévisions d'automne, publiées lundi, 
l'Organisation de coopération et de développement économiques 
voit la croissance mondiale passer de 2,9% cette année à 3,3% en 
2017 - alors qu'elle n'attendait que 3,2% en septembre - pour 
atteindre 3,6% en 2018.  
    Elle a notamment révisé en hausse ses anticipations de 
croissance de l'économie américaine, pour laquelle elle attend 
désormais 1,5% cette année (contre 1,4% précédemment) et 2,3% en 
2017 soit 0,2 point de plus qu'auparavant.      
    L'organisation basée à Paris table même sur une croissance 
de 3,0% de la première économie mondiale en 2018, ce qui 
marquerait son rythme le plus rapide depuis 2005.  
    Cette évolution serait principalement alimentée par les 
baisses d'impôts et les projets de dépenses publiques de la 
future administration Trump, qui stimuleraient l'investissement 
et la consommation aux Etats-Unis, avec des retombées sur la 
demande extérieure.  
    L'économie américaine verrait par conséquent son taux de 
chômage reculer de 4,9% cette année à 4,5% en 2018, tandis que 
l'inflation remonterait de 1,2% en 2016 à 2,2% en 2018, 
permettant à la Réserve fédérale de relever progressivement ses 
taux, qui pourraient atteindre 2,0% en 2018.  
    Cette reprise de l'économie américaine permettrait de 
compenser en partie le ralentissement en Chine et au Royaume-Uni 
ainsi que la faiblesse persistante de la croissance dans la zone 
euro.      
    Malgré les mesures de relance mises en oeuvre, la Chine, qui 
ne figure pas parmi les 35 pays membres de l'OCDE, devrait voir 
se poursuivre le ralentissement de sa croissance, quoiqu'à un 
rythme plus lent qu'anticipé en septembre. 
         
    STAGNATION DANS LA ZONE EURO, RALENTISSEMENT BRITANNIQUE 
    La croissance du produit intérieur brut (PIB) chinois 
passerait ainsi de 6,7% cette année à 6,4% en 2017 et 6,1% en 
2018. 
    L'OCDE souligne cependant les risques croissants sur ces 
prévisions et appelle notamment Pékin à un ajustement rapide 
dans le marché immobilier et le secteur industriel, ainsi qu'à 
une politique monétaire prudente. 
    L'organisation a également revu en légère hausse ses 
prévisions de croissance pour le Royaume-Uni, l'action de la 
banque centrale ayant permis d'atténuer les répercussions du 
choix des électeurs britanniques de quitter l'Union européenne 
lors du référendum du 23 juin.  
    Le ralentissement de l'économie britannique restera 
cependant marqué dans la perspective de la sortie annoncée de 
l'Union européenne, la croissance devant revenir de 2,0% cette 
année (contre 1,8% dans sa précédente prévision), à 1,2% l'an 
prochain (+0,2 point également) et 1,0% en 2018. 
    Le caractère imprévisible des modalités du "divorce" entre 
Londres et l'UE représente un risque baissier majeur pour 
l'économie britannique, souligne l'OCDE.  
    Cette dernière a également revu en légère hausse ses 
attentes pour la zone euro, les relevant de 0,2 point à la fois 
cette année et l'an prochain par rapport à ses prévisions de 
septembre. Elle table désormais sur une croissance de 1,7% cette 
année, de 1,6% l'an prochain et de 1,7% en 2018.  
    L'Allemagne (1,7% sur chacune des trois années) évoluerait 
donc dans la moyenne du bloc, tandis que la France se situerait 
en-dessous (1,2%, 1,3% et 1,6%) bien qu'étant moins distancée 
que l'Italie (0,8%, 0,9% et 1,0%).  
    Les économistes de l'OCDE sont légèrement plus optimistes 
pour le Japon, le renforcement de la demande en provenance des 
Etats-Unis compensant la demande atone sur le continent 
asiatique. La croissance dans l'archipel a été revue en hausse 
de 0,2 point pour cette année, à 0,8% et en hausse de 0,3 point 
pour 2017, à 1,0%. Elle devrait à nouveau ralentir à 0,8% en 
2018. 
    Malgré ce tableau globalement légèrement plus positif qu'en 
septembre, l'OCDE appelle une nouvelle fois les gouvernements à 
mener des réformes structurelles et utiliser la politique 
budgétaire pour soutenir la croissance.   
    En effet, prévient l'organisation, "si les changements 
(envisagés) aux Etats-Unis et l'impact attendu de 
l'assouplissement budgétaire prévu en Chine et dans la zone euro 
ne se concrétisent pas, la croissance du produit intérieur brut 
mondial sera inférieure de 0,4 point aux prévisions en 2017 et 
inférieure de 0,6 point en 2018." 
     
    Voir le tableau des prévisions de l'OCDE   
    Les perspectives de l'OCDE : http://bit.ly/2d8lfva 
 
 (Leigh Thomas et Myriam Rivet, édité par Marc Angrand) 
 
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