L'OCDE vante le dynamisme économique de Marseille

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L'OCDE SALUE LE DYNAMISME ÉCONOMIQUE DE MARSEILLE
L'OCDE SALUE LE DYNAMISME ÉCONOMIQUE DE MARSEILLE

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - Croissance de l'emploi, innovation, investissements: l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) balaie dans un rapport quelques clichés sur Marseille, qui est néanmoins appelée à réformer sa gouvernance.

L'agglomération Aix-Marseille a enregistré la deuxième plus forte croissance de l'emploi des métropoles européennes entre 2010 et 2012, souligne l'étude. Et à l'échelle de la France, la progression y a été plus rapide que dans le reste du pays.

Cette croissance s'est concentrée sur le secteur tertiaire marchand, la construction et les emplois non salariés, le secteur agricole et l'industrie perdant des emplois.

"Le taux de création d'entreprises à Marseille est supérieur à la moyenne", poursuit l'étude, avec 16,6% en 2012 dans les Bouches-du-Rhône contre 15,3% au niveau national, la diversité de son profil économique ayant en outre permis à la métropole de "mieux résister au contexte de crise".

Remise jeudi à la ministre de la Décentralisation, Marylise Lebranchu, l'étude souligne que la troisième métropole française améliore aussi son classement en matière d'innovation et d'attractivité internationale.

Selon l'OCDE, Marseille est la 40e ville la plus innovante sur 445 dans le monde, loin du trio de tête -Boston, New York et Vienne- mais devant Barcelone, Milan ou Rotterdam.

En termes d'attractivité des projets d'investissements étrangers, hors Paris, la ville arrive en deuxième position des métropoles françaises, derrière Lyon.

Marseille pèse pour 2,8% du PIB français, derrière Paris (30,7%) et Lyon (3,7%) et devant Toulouse (2,1%), Lille (1,8%) et Bordeaux (1,7%). La métropole compte 1,75 million d'habitants.

DE FORTES DISPARITÉS

L'étude pointe les revers de la métropole, l'une des plus inégalitaires, qui doit surmonter ses "fragmentations en matière de gouvernance" pour renouer avec une croissance "plus inclusive et durable", un message avant les élections municipales de mars.

"Le taux de chômage dans les arrondissements du nord de Marseille avoisine les 30% et ces disparités sont encore plus marquées pour le chômage des jeunes qui atteint 50% dans certains quartiers", a souligné le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria.

La progression de l'emploi n'a pas permis à la ville de rattraper le retard accumulé ces dernières décennies. Le taux de chômage s'élevait à 12% sur la métropole Aix-Marseille contre 10,5% au niveau national au deuxième trimestre.

Il faudrait 62.000 emplois en plus des 735.500 actuels, pour atteindre le niveau des métropoles comparables en France.

Marseille concentre le tiers des règlements de comptes en 2012 (25 des 63 recensés au niveau national) et les Bouches-du-Rhône sont en troisième position pour les atteintes volontaires à l'intégrité physique, derrière la Seine-Saint-Denis et Paris.

La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur se situe néanmoins loin derrière la Corse, première région criminogène de France. Et son classement est sans commune mesure avec Chihuahua, au Mexique, ou le District de Columbia, aux Etats-Unis.

UNE OFFRE DE TRANSPORTS INADÉQUATE

"L'offre insuffisante de transports publics au sein de la métropole contribue à amplifier les inégalités d'accès à l'emploi", estime Angel Gurria, pointant les 90% de déplacements qui se font en voiture sur la métropole qui font de Marseille la cinquième ville la plus congestionnée d'Europe.

"Compétitivité, inégalités, chômage, exclusion... La fragmentation de l'action publique ne permet pas d'apporter les réponses adéquates à ces défis", ajoute-t-il.

Selon lui, les métropoles françaises se situent toutes dans le groupe des 20% des métropoles de l'OCDE les plus fragmentées.

Quatre niveaux de collectivités se superposent (région, département, municipalités, groupements intercommunaux), disposant toutes d'un pouvoir fiscal, souligne l'OCDE, jugeant que cet empilement freine la croissance et la compétitivité.

"C'est donc bien l'enjeu de la réforme territoriale française qui est posée. Au 1er janvier 2012, la France compte 36.571 municipalités, ce qui représente près de 41% des municipalités de l'Union européenne", rappelle le rapport.

Cette étude "confirme le diagnostic du gouvernement", a déclaré pour sa part Marylise Lebranchu.

"La seule bonne réponse, c'est d'avoir une intercommunalité à la bonne échelle. Ici, c'est la métropole Aix-Marseille-Provence", a-t-elle insisté. Le dossier suscite toujours la méfiance de la majorité des maires des Bouches-du-Rhône.

"La nouvelle métropole ne devra pas être un échelon de plus sur le territoire", a prévenu Angel Gurria. "Elle doit apporter une plus-value en termes de ressources nouvelles et de solidarité, mais également de gains d'efficience".

Jean-François Rosnoblet

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  • olyve54 le samedi 7 déc 2013 à 07:09

    pfff quelle bande d enfumeur....

  • baljo le vendredi 6 déc 2013 à 23:03

    Dynamisme des pompes funèbres...

  • M8569964 le vendredi 6 déc 2013 à 21:49

    Vanter le dynamisme economique de Marseille... Une bonne illustration de l enfumage et de l in competence du chateau d la Muette. Le monde ne se lit pas en powerpoint et en blablabla