L'OCDE réclame une réforme du marché du travail en France

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L'OCDE FAIT DE LA RÉFORME DU MARCHÉ DU TRAVAIL UNE PRIORITÉ POUR LA FRANCE
L'OCDE FAIT DE LA RÉFORME DU MARCHÉ DU TRAVAIL UNE PRIORITÉ POUR LA FRANCE

PARIS (Reuters) - Le défi le plus important pour la France est de réformer son marché du travail pour favoriser la création d'emplois, estime l'Organisation de coopération et de développement économiques.

Cette recommandation prioritaire du rapport sur la France présenté jeudi intervient alors que le gouvernement multiplie les déclarations sur la nécessité de favoriser l'embauche, en particulier pour les petites et moyennes entreprises.

L'OCDE recommande par ailleurs à la France de baisser le poids de ses dépenses publiques, le plus lourd des pays de l'organisation après la Finlande, à 57,3% du PIB, pour alléger la pression fiscale afin de favoriser la croissance.

Pour doper l'activité, la France doit également simplifier dans tous les domaines, poursuit l'OCDE, selon qui les réformes menées par le gouvernement vont dans le bon sens mais doivent être accentuées.

L'organisation internationale prévoit que la croissance économique atteindra 1,1% cette année en France - proche de la prévision gouvernementale de 1,0% -- puis 1,7% en 2016.

"Le problème fondamental de la France est l'absence de croissance économique", a déclaré Peter Jarrett, chef de division à l'OCDE, en soulignant que seule l'Italie a une croissance du PIB par habitant plus faible sur une longue période.

Le problème est du côté de l'offre et non de la demande, a-t-il ajouté, estimant que "le constat est grave mais a heureusement été bien identifié par le gouvernement".

Le taux de chômage augmenterait quant à lui à 10,1% de la population active cette année, après 9,9% en 2014, avant de refluer à 9,9% en 2016.

Pour la France, "le défi le plus important est de réformer le marché du travail afin de promouvoir la création d'emplois. Poursuivre les réformes du marché du travail doit être la priorité", écrit l'OCDE.

Elle recommande pour ce faire de simplifier et raccourcir les procédures de licenciement, par exemple en réformant la justice prud'homale comme le projet de loi Macron prévoit de le faire, et de poursuivre le mouvement de baisse du coût du travail décidé par les gouvernements Ayrault et Valls.

"UNE SIMPLIFICATION À GRANDE ÉCHELLE"

"Un message transversal est que l'activité bénéficiera d'une simplification à grande échelle", poursuit l'OCDE.

Elle recommande ainsi d'"intensifier les efforts pour réduire la complexité du code du travail, les normes et réglementations imposées aux entreprises, la structure des administrations territoriales et locales, et les systèmes fiscal et de retraites".

Remarquant les efforts du gouvernement pour contrôler l'évolution des dépenses publiques, l'OCDE recommande d'aller nettement plus loin dans les prochaines années afin de réduire le poids de la fiscalité pour favoriser activité et emploi.

Commentant les projets actuels du gouvernement, Peter Jarrett a estimé que "le montant de 50 milliards d'euros d'économies jusqu'en 2017 est le strict nécessaire" pour freiner les dépenses. "Il faudra plus d'ambition lors du mandat présidentiel suivant."

L'OCDE suggère de réduire le nombre de communes, de fermer certains petits hôpitaux publics, de modifier les paramètres des retraites complémentaires pour assurer leur équilibre financier et de poursuivre la réduction des spécificités des régimes spéciaux de retraite.

L'organisation recommande en outre de modifier les paramètres du régime des allocations chômage, notamment leur durée, dans le cadre de la renégociation prévue en 2016, tout en prévoyant une mise en oeuvre uniquement lorsque la croissance reprendra.

L'OCDE prône d'autre part d'améliorer l'enseignement professionnel et la formation pour ceux qui en ont le plus besoin.

Pour améliorer la compétitivité de l'économie et l'environnement des entreprises, elle suggère de poursuivre la simplification des procédures d'ouverture des grandes surfaces, d'éliminer les restrictions sur la revente à perte, les dates des soldes et les horaires d'ouverture, de continuer à libéraliser les professions réglementées, de supprimer les tarifs réglementés dans les secteurs concurrentiels et d'abandonner graduellement les pratiques de numerus clausus.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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  • mfouche2 le vendredi 3 avr 2015 à 14:50

    Curieux , personne ne demande une réforme du secteur public , dont le poids et l inertie sont pourtant une des causes majeures des difficultés de la France

  • M3366730 le vendredi 3 avr 2015 à 11:08

    C'est vrai l'on va mettre le secteur public au niveau du secteur privé, un sacré défit et des milliards d'économies par an, la possibilité de licencier des fonctionnaires comme dans le privé !

  • ppetitj le vendredi 3 avr 2015 à 10:45

    Les droits ne doivent pas devenir des dogmes...

  • maijerev le vendredi 3 avr 2015 à 10:15

    rigolez rigolez ceux qui veulent des réformes. le combat pour les droits doit transcender les clivages.

  • maijerev le vendredi 3 avr 2015 à 10:14

    "rien pour le secteur public" ?? vous plaisantez j'espère. C'est la cure depuis 10 ans au moins

  • nicog le vendredi 3 avr 2015 à 09:39

    Encore des réductions de droits pour le secteur Privé et rien pour le secteur Public alors que c'est lui qu'il faut réformer?

  • EuropeGa le jeudi 2 avr 2015 à 22:28

    Dans l’Ancien Régime c’était un peu comme dans l’univers O.C.D.E. : les nobles pouvaient recruter des gens quand ils en avaient besoin, puis les renvoyer sans précaution quand ils n’en avaient plus besoin ou qu’ils ne leur plaisaient pas, il n’y avait pas de code du travail, pas de Prudhomme etc. etc. Le rêve, quoi. Je me demande bien pourquoi on a fait la Révolution !

  • M3435004 le jeudi 2 avr 2015 à 21:15

    M467862 vous êtes aussi clairvoyant en économie qu'ailleurs. Vos arguments et vos raisonnements sont admirables. On ne peut qu'être d'accord avec vous.

  • cmaignan le jeudi 2 avr 2015 à 20:34

    Des fonctionnaires qui réclament pour le privé et en ce qui concerne leur statut ? Un petit lien pour vous faire rirehttp://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/Statut_du_personnel_des_NU_2004_cle4ab37a.pdf

  • fignar le jeudi 2 avr 2015 à 19:30

    le batiment représente 6% du PIB ,les impots des gouvernements récents (CSG ,ISF,plus value ,impots locaux en hausse,)contraintes diverses et loi ALUR pour finir ,on découragés les investisseurs,il n'y a qu'a voir la chute des mises en chantiers .Reformer tout cela et c'est 1% de croissance en plus et 300 000 emplois .