L'OCDE, plus pessimiste, pousse à agir pour la croissance

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    * L'OCDE plus pessimiste que le FMI sur la croissance 
    * Les plus fortes révisions pour les Etats-Unis et 
l'Allemagne 
    * Elle appelle l'Union européenne à se reprendre 
 
    PARIS, 18 février (Reuters) - L'OCDE a revu en baisse ses 
prévisions pour l'économie mondiale, pas seulement cette fois du 
fait des pays émergents, et appelé à une "réponse collective" 
qui allie politique monétaire accommodante, réformes 
structurelles et recours à l'arme budgétaire là où c'est 
possible pour relancer la demande. 
    Dans ses prévisions économiques intérimaires, l'Organisation 
de coopération et de développement économiques s'inquiète en 
outre des risques "substantiels" d'instabilité financière au vu 
des turbulences qui se sont emparées des marchés et, dans ce 
contexte, de la grande vulnérabilité de certains pays émergents. 
    Pour les économistes de l'OCDE, le rythme de croissance de 
l'économie mondiale, déjà à son plus bas niveau depuis cinq ans, 
stagnera à 3,0% cette année et n'accélèrerait que légèrement 
l'an prochain (3,3%). 
    Ils ont revu ainsi en baisse de 0,3 point leurs précédentes 
prévisions pour 2016 comme pour 2017, après l'avoir déjà fait en 
novembre, et font preuve de plus de pessimisme que leurs 
homologues du FMI, qui escomptent encore 3,4% cette année puis 
3,6% l'an prochain  . 
    Ces révisions concernent la grande majorité des pays et 
traduisent une série d'indicateurs décevants du quatrième 
trimestre 2015 ainsi que la faiblesse et la volatilité des 
marchés financiers dans la période récente, soulignent-ils. 
    La faiblesse de la croissance se reflète dans celle du 
commerce international, qui n'a augmenté que de l'ordre de 2% en 
volume en 2015, un niveau associé dans le passé à des rythmes de 
progression très bas pour l'économie mondiale, souligne l'OCDE. 
    Même s'il découle notamment des évolutions des PIB, du bas 
niveau de l'investissement et de la chute des prix des matières 
premières, l'accès de faiblesse enregistré récemment, centré 
autour de l'Asie, est en partie sans explication, ajoute 
l'organisation. 
    Il reste que la contraction des importations chinoises et 
d'autres grands pays émergents contribue à affaiblir la demande 
pour les exportations des économies avancées, avec pour 
conséquence un impact négatif d'environ 0,5 point sur la 
croissance de la zone OCDE en 2015, indique-t-elle encore. 
     
    INQUIÉTUDES POUR L'UNION EUROPÉENNE 
    Dans les grandes économies avancées, les plus fortes 
révisions à la baisse de l'OCDE concernent les Etats-Unis (-0,5 
point à 2,0% pour 2016 et -0,2 point à 2,2% pour 2017) et 
l'Allemagne (-0,5 point à 1,3% puis -0,3 point à 1,7%). 
    Elle est moins marquée pour la France (1,2% en 2016 et 1,5% 
en 2017, soit 0,1 point de moins dans les deux cas) mais 
confirme, après les prévisions récentes du FMI et de la 
Commission européenne  , que l'objectif d'un PIB en 
hausse de 1,5% cette année, récemment confirmé par le 
gouvernement, tend à devenir optimiste.   
    S'agissant des pays émergents, l'OCDE ne change rien à ses 
anticipations pour la Chine (6,5% en 2016 puis 6,2% en 2017), 
même si elle pointe les risques liés à la dette élevée de son 
secteur privé. Elle escompte une récession bien plus forte cette 
année au Brésil (-4% contre -1,2% précédemment). 
    Au vu des politiques actuelles, elle ne prévoit pas de 
franche accélération pour les économies avancées, du fait 
notamment d'un déficit d'investissement privé en Europe et de 
l'absence de hausses salariales significatives aux Etats-Unis, 
et une poursuite du ralentissement chez les émergents. 
    Pour y remédier, elle prône une "réponse collective plus 
forte", nécessaire selon elle pour raffermir la demande. 
    Ceci passe par une activation plus vigoureuse des leviers 
que sont la politique monétaire, qui doit rester accommodante, 
la politique budgétaire, là où il y a des marges de manoeuvre, 
et la relance des réformes structurelles, dont l'élan tend à 
s'essouffler par rapport à l'immédiat après-crise. 
    L'engagement d'augmenter les investissements publics, 
notamment dans les infrastructures, est une solution qui peut 
s'y ajouter dans les économies avancées.      
    Les pays émergents doivent pouvoir procéder de leur côté à 
des ajustements des taux de change, avec une gestion adéquate 
des risques financiers associés. 
    L'OCDE appelle enfin l'Union européenne, confrontée à des 
défis comme l'afflux de réfugiés, des menaces pour sa sécurité, 
l'impopularité des programmes d'austérité et les forces 
centrifuges à l'oeuvre dans certains pays, à retrouver sa raison 
d'être et parler d'une seule voix pour dissiper des incertitudes 
qui ne peuvent que nuire à sa croissance déjà faible. 
     
    Voir le tableau des prévisions intérimaires de l'OCDE 
  
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Marc Joanny) 
 
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