L'OCDE plus optimiste pour la zone euro

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PARIS, 18 mars (Reuters) - Les perspectives de croissance s'améliorent pour les grandes économies mondiales, grâce notamment à la zone euro, mais les gouvernements ne doivent pas miser uniquement sur la faiblesse des taux d'intérêt et de l'inflation pour consolider la reprise et créer des emplois, estime l'OCDE. Dans une "évaluation économique intérimaire" publiée mercredi, l'Organisation note que la situation est légèrement meilleure par rapport à ses prévisions globales de fin 2014. Les effets combinés de la chute des cours du pétrole et de politiques monétaires accommodantes créent aujourd'hui les conditions d'un "tournant" de l'économie mondiale, apportant le potentiel d'accélération de la croissance dont de nombreux pays avaient besoin, souligne Catherine Mann, responsable des études économiques de l'OCDE. Par rapport aux précédentes prévisions, les principaux changements portent sur la zone euro, où le spectre d'une stagnation prolongée s'éloigne. L'OCDE y anticipe désormais une croissance de 1,4% cette année puis de 2,0% l'an prochain, soit 0,3 point de plus dans les deux cas. Elle salue au passage les décisions "courageuses" de la Banque centrale européenne, qui s'est lancée dans un programme de rachat d'actifs pour lutter contre les risques de déflation, apportant ainsi sa contribution à un environnement financier global très favorable. RISQUES POUR LA STABILITÉ FINANCIÈRE Pour la seule Allemagne, la révision est de 0,6 point pour 2015, à 1,7%, et de 0,4 point pour 2016, à 2,2%. Elle est de moindre ampleur pour la France, à 1,1% pour 2015 (+0,3 point) et 1,7% (+0,2 point) pour 2016, des chiffres proches des prévisions du gouvernement (+1,0% en 2015 et +1,7% en 2016). L'OCDE ne modifie pas ses anticipations de croissance de l'économie américaine (+3,1% cette année et +3,0% l'an prochain). Mais elle est aussi plus optimiste pour le Japon, où elle attend 1,0% de croissance cette année (+0,2 point) et 1,4% l'an prochain (+0,4 point). S'agissant des grandes économies émergentes, elle est nettement plus optimiste pour l'Inde et moins pour le Brésil, où elle anticipe une récession (-0,5%) en 2015. Mais l'environnement favorable à la croissance, avec une inflation et des taux "anormalement bas", est aussi une source de risques croissants pour la stabilité financière, s'inquiète l'OCDE, pour qui les prises de risque des investisseurs sont plus motivées par la liquidité que par les fondamentaux. Et la croissance attendue reste, selon elle, encore trop faible globalement pour relancer l'emploi. Si les politiques des banques centrales restent la pièce maîtresse au coeur de la reprise, "une gestion de la demande reposant exclusivement sur les politiques monétaires doit être évitée pour atténuer ces risques", souligne l'organisation. Elle insiste sur la nécessité d'une approche "plus équilibrée", où des politiques budgétaires et plus encore structurelles doivent apporter des synergies en soutien aux politiques monétaires. Pour le tableau des prévisions ID:nL6N0WJ2NU (Yann Le Guernigou, édité par Marc Joanny)

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