L'OCDE invite la France à d'amples réformes

le
6
L'OCDE REVOIT À LA BAISSE SA PRÉVISION DE CROISSANCE POUR LA FRANCE EN 2013
L'OCDE REVOIT À LA BAISSE SA PRÉVISION DE CROISSANCE POUR LA FRANCE EN 2013

PARIS (Reuters) - L'OCDE abaisse sa prévision de croissance économique en France à 0,1% cette année contre 0,3% auparavant et maintient sa prévision pour 2014 à 1,3%, tout en prônant des réformes pour dynamiser l'économie française, dans un rapport présenté mardi.

L'Organisation de coopération et de développement économiques juge nécessaire de redresser les comptes publics, d'accroître la faible compétitivité des entreprises françaises et de lutter contre un chômage structurellement élevé.

"L'enjeu est de réaliser partout des gains d'efficience afin de préserver le haut niveau de protection sociale cher aux Français", a dit son secrétaire général, Angel Gurria, lors d'une conférence de presse au ministère de l'Economie.

Sa voix s'ajoute à celles de nombreux économistes et institutions internationales qui pressent la France de réduire ses dépenses publiques, parmi les plus élevées au monde en proportion de la richesse nationale.

La croissance économique atone ne devrait permettre de réduire le déficit public qu'à 3,5% du PIB fin 2013 puis 3,0% fin 2014, estime l'OCDE. Ces prévisions sont plus positives que celles de la Commission européenne (3,7% et 3,9%) car cette dernière ne prend en compte que les décisions fermement actées.

L'OCDE estime que les efforts de réduction du déficit doivent se poursuivre comme prévu, sans ajouter en urgence de nouvelles mesures d'austérité, ce qui est la ligne actuelle du gouvernement.

"Nous pensons comme vous monsieur le ministre qu'il convient de ne pas ajouter davantage de rigueur à la rigueur cette année", a poursuivi Angel Gurria, qui s'exprimait aux côtés de Pierre Moscovici.

La France pourrait obtenir de la Commission européenne un délai d'un an pour atteindre le seuil de 3% de déficit public promis à l'origine pour fin 2013, mais elle devra en échange présenter une stratégie crédible de redressement de ses comptes.

RSA ET SALAIRE MINIMUM PROGRESSIFS POUR LES JEUNES

Selon l'OCDE, le chômage devrait poursuivre sa hausse pour atteindre 11,0% de la population active cette année et 11,2% l'an prochain contre 10,3% en 2012.

"Les performances du marché du travail des jeunes et des seniors restent le talon d'Achille de la société française", a souligné Angel Gurria.

Pierre Moscovici a déclaré que "nos diagnostics sont souvent convergents et les recommandations ou les diagnostics sont, à quelques exceptions près, partagés".

L'organisation estime que la baisse des dépenses est particulièrement nécessaire pour les retraites, en ajustant les paramètres du système et en supprimant les régimes spéciaux ; pour la santé, en favorisant les soins ambulatoires, en ne remboursant que le prix des génériques et en supprimant des médicaments inefficaces ; et pour les collectivités, en supprimant les départements et en fusionnant les petites communes.

Selon Pierre Moscovici, "les efforts en dépenses sont essentiels, ils se poursuivront tout au long du quinquennat, dans un souci d'efficacité et de justice".

Pour la future réforme des retraites, l'OCDE prône un changement total de système pour aller vers un système à points ou à comptes notionnels, des pistes qui semblent écartées par le gouvernement.

Sur le plan fiscal, "supprimer les dépenses fiscales inefficaces et augmenter les taxes environnementales, la fiscalité immobilière et les droits de succession permettraient de réduire davantage la fiscalité sur le travail et sur les entreprises".

Accroître la concurrence, ouvrir des professions réglementées permettrait d'augmenter le potentiel de croissance de la France, estime encore l'OCDE.

Si la France est l'un des rares pays de l'OCDE où les inégalités ne se sont pas creusées au cours des 25 dernières années, la complexité du système de prélèvements et de transferts pèse sur l'économie et gagnerait à être profondément simplifié.

L'OCDE propose "des réformes de grande ampleur" pour améliorer la situation des jeunes, dont le taux de chômage est supérieur à 16% pour les 20-24 ans depuis près de 30 ans.

Elle suggère de permettre aux jeunes ayant terminé leurs études de bénéficier du revenu de solidarité active (RSA), en échange d'une obligation de se former, de chercher un emploi et d'accepter les offres d'emploi proposées.

Le barème de ce RSA pour les jeunes devrait être progressif en fonction de l'âge, de même que le montant du salaire minimum, dont "le niveau élevé évince les jeunes les moins qualifiés du marché du travail", estime l'OCDE.

Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou, édité par Patrick Vignal

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • garaffa le mardi 19 mar 2013 à 11:51

    Quand on vous dit que 75 mineurs délinquants étrangers coutent 5 millions d'€ au consiel géneral des AM et combien y en a t'il en France, en voila des économies à faire.

  • TL70190 le mardi 19 mar 2013 à 11:47

    fabrique de pauvre en marche !

  • axfapi le mardi 19 mar 2013 à 11:44

    Allez Moscovici suivez les recommandations notamment celle de supprimer les REGIMES SPECIAUX , puisque vous dites avoir des diagnostics convergents ou partagés avec l OCDE

  • didie297 le mardi 19 mar 2013 à 11:35

    bientôt comme les chypriotes pour nous

  • M1531771 le mardi 19 mar 2013 à 11:01

    L'OCDE va devoir patienter, nos gouvernants sont en train actuellement de soigner leur électorat...alors la France, vous pensez bien qu'ils s'en foutent royalement !

  • hz273144 le mardi 19 mar 2013 à 10:21

    résultat un peu plus de taxes et d'impôts, sur que ça va faire repartir la croissance

Partenaires Taux