L'OCDE inquiète de la viabilité sociale des systèmes de retraite

le
0
    * Après la viabilité financière, la viabilité sociale 
menacée 
    * Les emplois stables ne seront plus la norme 
    * L'environnement de taux bas préoccupe aussi l'OCDE 
 
    PARIS, 30 novembre (Reuters) - Les pays de l'OCDE ont 
commencé à prendre la mesure du défi financier du vieillissement 
de leur population pour leurs systèmes de retraite mais il leur 
reste à relever celui de la viabilité sociale de ceux-ci. 
    Dans son Panorama des pensions 2015 publié mardi, 
l'Organisation de coopération et de développement économiques 
estime que la question est aujourd'hui de savoir si les pensions 
de retraite seront suffisantes à terme pour assurer des 
conditions de vie correctes aux populations âgées. 
    Elle constate avec satisfaction que depuis dix ans qu'elle 
mène cette étude, la plupart des pays ont amélioré la pérennité 
financière des systèmes de retraite.  
    Ces deux dernières années encore, trois pays de l'OCDE sur 
quatre ont accentué leurs réformes dans un contexte de fortes 
pressions budgétaires pour certains, l'impact du vieillissement 
démographique sur les finances publiques se faisant ressentir de 
façon croissante.  
    L'accent a été mis sur l'allongement de la durée de vie 
professionnelle avec le relèvement de l'âge légal de départ à la 
retraite, le resserrement des dispositifs de préretraites et des 
incitations financières à travailler plus longtemps. 
    Et s'il n'y a pas eu généralement de coupes directes dans 
les pensions, des modes d'indexation moins favorables ont été 
mis en place. 
    Le résultat est que, en vertu des législations actuelles, 
l'âge de la retraite pour un homme arrivant à 20 ans sur le 
marché du travail va passer de 64 ans à 65,5 ans en moyenne dans 
les pays de l'OCDE à l'horizon du milieu des années 2050. 
    La France, le Luxembourg, la Slovénie et la Grèce font 
exception avec un âge de la retraite qui restera pour l'instant 
inférieur à 64 ans. 
    Autre conséquence, le taux d'emploi des 55-64 ans a 
fortement augmenté sur les dix dernières années, passant à 57% 
dans les pays de l'OCDE (+5 points) et jusqu'à 66% (+21 points) 
en Allemagne. 
     
    CONTINUITÉ DES COTISATIONS 
    Mais l'enjeu est aussi celui de l'accélération du 
vieillissement de la population, avec une durée de vie en 
retraite qui devrait augmenter de 4,5 années d'ici le milieu des 
années 2050, et de l'évolution du marché du travail, où les 
emplois stables qu'ont connu nombre de retraités actuels 
pourraient ne plus être la norme. 
    Pour l'OCDE, le chômage élevé dans certains pays, notamment 
chez les jeunes et les travailleurs âgés, et la multiplication 
des emplois temporaires et précaires sont autant de facteurs qui 
perturbent la continuité des cotisations des travailleurs aux 
régimes de retraite. 
    L'Organisation estime nécessaire de réévaluer les filets de 
protection sociale pour les retraités qui n'ont pas suffisamment 
cotisé pour prétendre à la pension minimale, notamment là où 
leur faible montant se conjugue avec un taux de pauvreté élevé 
chez les personnes âgées.  
    Elle cite sur ce point le Chili, la Corée, le Mexique et la 
Turquie mais aussi la Suisse et les Etats-Unis.  
    Dernier point, elle s'inquiète des effets de la faible 
croissance économique actuelle et de l'environnement de taux bas 
sur les rendements nécessaires pour atteindre les niveaux de 
pensions appropriés.  
    Cet environnement pourrait, selon l'organisation, pousser  
les organismes gestionnaires à mettre en place des stratégies 
d'investissement plus risquées qui pourraient n'être pas sans 
conséquence sur leur solvabilité et "mettre en péril la sécurité 
actuelle et future des revenus des retraités". 
     
    Le rapport complet de l'OCDE : http://bit.ly/1MTmSt3 
     
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux