L'OCDE évalue le "coût considérable" de la pollution de l'air

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    LONDRES, 9 juin (Reuters) - La pollution de l'air extérieur 
pourrait provoquer 6 à 9 millions de décès prématurés d'ici 2060 
et coûter 1% du PIB mondial, soit quelque 2.600 milliards de 
dollars par an, prévient l'Organisation pour la coopération et 
le développement économiques (OCDE) dans un rapport sur les 
conséquences économiques de la pollution de l'air publié jeudi. 
    "Le nombre de vies écourtées en raison de la pollution de 
l'air est déjà terrifiante, et son augmentation potentielle dans 
les décennies à venir est effrayante", a déclaré Simon Upton, 
directeur chargé de l'environnement à l'OCDE. 
    En 2010, plus de trois millions de décès prématurés, en 
particulier parmi les personnes âgées et les enfants, ont été 
liés à la pollution de l'air extérieur. D'après les projections 
de l'OCDE, ce chiffre devrait doubler voire tripler d'ici 2060. 
    "Si ce n'était pas une raison suffisante pour agir, ce 
rapport montre que l'inaction aura aussi un coût économique 
considérable", a poursuivi Upton. 
    L'évaluation de l'OCDE prend notamment en compte l'explosion 
des coûts de la santé. En 2015, le coût annuel des soins de 
santé liés à la pollution atmosphérique a atteint 21 milliards 
de dollars. La facture annuelle passerait à 176 milliards du 
fait des frais médicaux supplémentaires et d'une augmentation 
des jours de congé maladie. 
    Le calcul des conséquences économiques de la pollution 
atmosphérique intègre aussi la baisse des rendements agricoles. 
    Les plus fortes hausses de mortalité due à la pollution de 
l'air sont attendues en Inde, en Chine, en Corée et dans des 
pays d'Asie centrale comme l'Ouzbékistan, où la croissance 
démographique et l'encombrement des villes exposent 
particulièrement la population. 
    D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Inde 
concentre à elle seule quatre des dix villes de la planète où la 
qualité de l'air est la plus mauvaise. 
    "Les taux de mortalité se stabiliseraient en revanche aux 
Etats-Unis et baisseraient dans la plupart des pays d'Europe 
occidentale, grâce en partie aux efforts déployés pour passer à 
des sources d'énergie et des modes de transport plus propres", 
écrit l'OCDE. 
 
 (Nina Chestney; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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