L'OCDE abaisse ses prévisions de croissance mondiale

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L'OCDE REVOIT À LA BAISSE SES PRÉVISIONS DE CROISSANCE MONDIALE
L'OCDE REVOIT À LA BAISSE SES PRÉVISIONS DE CROISSANCE MONDIALE

PARIS (Reuters) - La reprise mondiale est appelée à dépendre de plus en plus des économies avancées du fait du ralentissement en cours dans les grands pays émergents, estime l'OCDE, qui a revu en baisse ses perspectives pour 2014.

Dans ses prévisions de printemps publiées mardi, l'Organisation de coopération et de développement économiques n'anticipe plus pour cette année qu'une croissance globale de 3,4%, avant une accélération à 3,9% en 2015.

Elle tablait sur une croissance mondiale de 3,6% en 2014 dans ses précédentes prévisions, en novembre.

"Nous ne sommes pas encore pas encore sortis d'affaires parce que si les chiffres sont meilleurs, il y a encore des risques baissiers", a déclaré Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE. "Il y a toujours de la croissance faible et du chômage très élevé", a-t-il dit à Reuters Insider.

A ces deux facteurs s'ajoute le fait que les grands pays émergents sont devenus un frein à la croissance globale, dont ils ont été la locomotive jusqu'à une période récente, même s'ils ne devraient pas la faire dérailler, indique encore Angel Gurria.

Pour la première économie de la planète, les Etats-Unis, l'OCDE ne prévoit plus qu'une croissance de 2,6% cette année, contre 2,9% auparavant, une révision à la baisse qui tient à un début 2014 difficile du fait de la rigueur exceptionnelle de l'hiver.

L'organisation a en revanche revu en hausse sa prévision pour la zone euro, dont la reprise atteindrait 1,2% cette année contre 1,0% anticipé en novembre.

La zone euro ferait aussi bien que le Japon, pour lequel l'OCDE prévoyait encore 1,5% de croissance à la fin de l'an passé mais qui accusera cette année les effets d'une hausse de TVA intervenue au 1er avril.

    Dans ce contexte, l'organisation encourage la Banque du Japon à persévérer dans son plan sans précédent de rachats d'actifs pour entretenir ce qu'elle considère comme un cercle vertueux de hausse des prix, des salaires et des bénéfices des entreprises dans un pays longtemps plombé par la déflation.

LA BCE POUSSÉE À AGIR CONTRE LA DÉFLATION

Mais l'OCDE estime que Tokyo doit s'atteler parallèlement à une remise en ordre de ses finances publiques pour éviter le risque d'une flambée des taux d'intérêt à long terme.

La Grande-Bretagne se distinguera cette année parmi les économies avancées avec une croissance maintenant estimée à 3,2%, nettement supérieure à celle de 2,4% encore escomptée en novembre, à la faveur d'un rebond de la consommation des ménages et de l'investissement des entreprises.

Hors pays membres de l'OCDE, la croissance chinoise devrait revenir à 7,4% en 2014, contre 8,2% encore attendu précédemment, sur fond de ralentissement des prix de l'immobilier et de resserrement du crédit.

L'économie russe n'enregistrerait pour sa part qu'une maigre croissance de 0,5%, victime d'un mouvement de défiance des investisseurs avec le durcissement du bras de fer qui l'oppose à l'Occident sur l'Ukraine.

L'OCDE recommande par ailleurs à la Banque centrale européenne d'agir pour contrer une menace déflationniste dans la zone euro en abaissant à zéro son principal taux directeur et en affichant un taux négatif pour les dépôts des banques.

Des mesures plus radicales encore pourraient s'imposer si la BCE ne parvenait pas à faire remonter l'inflation dans la zone euro - qui s'établissait à 0,7% en glissement annuel le mois dernier - près de son objectif de 2%.

S'agissant des Etats-Unis, elle estime que, la reprise étant plus solidement établie, la Réserve fédérale devrait boucler son programme de rachats d'actifs cette année et commencer à relever ses taux à compter de 2015.

(Leigh Thomas, Yann Le Guernigou pour le service français, édité par Marc Angrand)

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  • wanda6 le mardi 6 mai 2014 à 13:11

    https://www.youtube.com/watch?v=Jg3my09rjvg