L'Occident soutient le terrorisme et les coups d'Etat - Erdogan

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 (Ajoute précisions) 
    par Ece Toksabay et Nick Tattersall 
    ANKARA, 2 août (Reuters) - Le président turc Recep Tayyip 
Erdogan a accusé mardi les pays occidentaux de "soutenir le 
terrorisme et les coups d'Etat" après la tentative de putsch le 
mois dernier en Turquie, qui a selon lui été fomentée à 
l'étranger. 
    Dans un discours vindicatif prononcé au palais présidentiel 
à Ankara, Recep Tayyip Erdogan a fustigé le refus de Washington 
d'extrader le prédicateur Fethullah Gülen, présenté comme le 
commanditaire du coup de force et qui vit en exil aux Etats-Unis 
depuis 1999. Ce dernier a nié toute responsabilité et dénoncé la 
tentative de coup d'Etat. 
    "Je demande aux Etats-Unis: quel genre de partenaire 
stratégique sommes nous si vous hébergez toujours quelqu'un dont 
j'ai demandé l'extradition?", s'est interrogé Erdogan. 
    "Cette tentative de coup d'Etat a des acteurs à l'intérieur 
de la Turquie mais son scénario a été écrit à l'extérieur. 
Malheureusement, l'Occident soutient le terrorisme et les 
comploteurs", a-t-il affirmé. 
    Washington a indiqué que Fethullah Gülen ne serait extradé 
que si la Turquie avance des preuves irréfutables de son 
implication dans la tentative de putsch, ce qu'elle n'a pas fait 
jusqu'à présent. 
    Le président Erdogan a également accusé l'Union européenne 
de ne pas avoir tenu sa promesse d'exempter de visa les 
ressortissants turcs voulant se rendre sur son territoire, comme 
elle s'y était engagée dans le cadre de l'accord visant à 
contrôler l'afflux de réfugiés et migrants en Europe. 
     
    L'OPPOSITION INQUIÈTE 
    Les critiques de l'Europe et des Etats-Unis contre les 
purges menées après l'échec du coup d'Etat ont agacé Erdogan et 
de nombreux Turcs. Ces derniers ont reproché aux Occidentaux de 
se préoccuper davantage des droits des putschistes plutôt que de 
la gravité de la menace pesant sur la Turquie, pays membre de 
l'Otan. 
    Plus de 60.000 militaires, magistrats, fonctionnaires et 
enseignants ont été arrêtés, limogés ou suspendus après le coup 
d'Etat manqué, suscitant des craintes qu'Erdogan profite de la 
situation pour renforcer son pouvoir et réduire au silence toute 
forme de dissidence. 
    "Si nous avons de la pitié envers ceux qui ont mené ce coup 
d'Etat, nous serons ceux qui seront pris en pitié", a-t-il 
déclaré, précisant qu'il lui faudrait réorganiser complètement 
l'armée turque et les services de renseignement pour éviter 
qu'ils ne soient à nouveau "infiltrés" par les partisans de 
Gülen. 
    L'état d'urgence mis en place après le coup d'état commence 
à faire l'objet de critiques en Turquie. Le président du Parti 
républicain du peuple (CHP), qui a condamné le putsch et a 
soutenu la réaction du gouvernement jusqu'à maintenant, a ainsi 
estimé que celui-ci pourrait être utilisé pour réformer en 
profondeur les forces de sécurité sans l'approbation du 
parlement. 
    "Il n'y a aucun doute que la loi sur l'état d'urgence a été 
adoptée dans le respect de la Constitution. Mais il y a des 
raisons de s'inquiéter que son application puisse outrepasser 
son objectif", a dit Kemal Kilicdaroglu lors d'un rassemblement 
du CHP. 
    "Il est sans doute nécessaire de réorganiser l'Etat, sans 
aucun doute, mais cette question doit d'abord venir devant le 
Parlement", a-t-il ajouté. 
     
 
 (Tangi Salaün et Laura Martin pour le service français) 
 
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