L'obligataire mondial amputé de plus de $1.000 mds par l'effet Trump

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    par John Geddie 
    LONDRES, 14 novembre (Reuters) - La brusque remontée des 
rendements obligataires provoquée par l'élection à la présidence 
des Etats-Unis de Donald Trump, qui a promis des politiques 
expansionnistes susceptibles de relancer l'inflation, a amputé 
la capitalisation obligataire mondiale de plus de 1.000 
milliards de dollars et propulsé les taux de référence à des 
niveaux oubliés depuis des mois.  
    Depuis la confirmation de la victoire de Donald Trump, les 
marchés obligataires ont subi leurs dégagements les plus massifs 
en près d'un an et demi et de nombreux investisseurs estiment 
qu'ils marquent la fin d'une phase haussière de plus de trois 
décennies.  
    Le rendement des emprunts d'Etat allemands à 30 ans 
 DE30YT=RR  est repassé lundi au-dessus de 1% pour la première 
fois en plus de six mois et celui des emprunts à 10 ans 
 DE10YT=RR  s'est inscrit au plus haut depuis le mois de 
janvier.  
    Le rendement des emprunts d'Etat italiens à 10 ans 
 IT10YT=RR  a franchi la barre des 2% pour la première fois 
depuis septembre 2015. Celui des emprunts d'Etat à 10 ans 
français  FR10YT=RR  est au plus haut depuis juin 2015 à 0,85% 
contre un plus bas record à moins de 0,10% fin septembre.  
    Le rendement des Gilts britanniques à 10 ans  GB10YT=RR  a 
quant à lui atteint un plus haut depuis la fin mai à 1,45%, 
retrouvant des niveaux qui prévalaient avant le vote du 23 juin 
en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.  
    Le taux des Treasuries américains à 30 ans  US30YT=RR  a 
quant à lui atteint les 3% pour la première fois depuis janvier 
2009. 
     
    LES INDEXÉES SUR L'INFLATION ATTIRENT 
    "C'est la poursuite de la tendance récente. Il y a toujours 
des anticipations d'une remontée de l'inflation si les 
Etats-Unis optent pour une orientation plus expansionniste de 
leur politique budgétaire", a dit Daniel Lenz, stratège de DZ 
Bank.  
    Donald Trump a promis d'accélérer la croissance de 
l'économie américaine grâce à une relance des dépenses 
d'infrastructures et des baisses massives d'impôts. 
    S'il est trop tôt pour dire quelles mesures la nouvelle 
administration américaine mettra en oeuvre et comment elle les 
financera, le contrôle par les Républicains du Congrès en plus 
de la Maison blanche devrait leur laisser les coudées franches.  
    Intervenant à l'occasion du Reuters Summit sur les 
perspectives d'investissement 2017, John Wood, responsable des 
investissements pour l'Asie Pacifique de Credit Suisse, a estimé 
que l'élection de Trump allait ouvrir une ère de dépenses 
budgétaires aux Etats-Unis et que les gouvernements européens 
seront amenés à lui emboîter le pas.  
    Les obligations indexées sur l'inflation, qui offrent une 
protection contre le risque de remontée des prix, ont toutefois 
échappé au retournement du marché.  
    Les investisseurs ont ainsi investi un milliard de dollars 
sur les obligations du Trésor américain indexées sur l'inflation 
(TIPS) durant la semaine au 9 novembre, le deuxième flux 
hebdomadaire le plus important depuis octobre 2002 selon les 
données de Lipper, un service d'information spécialisé de 
Thomson Reuters sur la gestion collective.  
      
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
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