L'objectif de 3% de déficit ne se discute pas pour Pierre Moscovici

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PARIS (Reuters) - L'objectif de ramener le déficit public à 3% du PIB fin 2013 ne se discute pas, a répondu mardi le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, aux bémols exprimés au sein de la majorité.

Un grand nombre d'économistes doutent quant à eux de la possibilité d'atteindre cet objectif, malgré les 37 milliards d'euros d'efforts prévus l'an prochain par le gouvernement, sur les impôts et les dépenses, en raison d'une croissance trop faible.

"C'est bien pour nous de 3% dont il s'agit, pas 3,1%, pas 3,2%, pas 3% en tendance, pas 3% à peu près, pas 3% si on peut, mais 3%", a déclaré Pierre Moscovici, qui présentait le projet de budget 2013 à la commission des finances du Sénat.

"L'objectif de 3% est un objectif qui ne se discute pas, la France ne le remettra pas en cause de manière unilatérale. Peut-être peut-il y avoir à tel ou tel moment des débats européens, ils seraient respectables (...) mais nous avons notre obligation d'exemplarité, de crédibilité", a-t-il ajouté.

Plusieurs membres du Parti socialiste ont exprimé leurs réserves sur l'objectif de 3% fin 2013, dont son futur numéro un.

Harlem Désir a ainsi estimé que les 3% n'étaient pas "un chiffre tabou" et a jugé "pas essentielle" la question de savoir en quelle année ils seraient atteints.

Avant lui, le président de l'Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, avait plaidé pour un allègement des exigences européennes sur ce point, et il avait été soutenu par le porte-parole du Parti socialiste, David Assouline.

"BEAUCOUP DOUTENT"

Interrogé sur ces déclarations, Pierre Moscovici a dit que "dans la politique, le débat est libre, chez les économistes aussi et j'entends beaucoup d'économistes douter des 3%, des économistes de gauche comme des économistes de droite".

Mais, a-t-il poursuivi, "je peux vous rassurer sur une chose : ce que nous disons Jérôme Cahuzac et moi, c'est notre responsabilité dans le gouvernement, nous en sommes responsables et garants, c'est ce que nous ferons".

Ministre chargé du Budget, Jérôme Cahuzac a lui aussi voulu dissiper les doutes.

Interrogé sur RTL sur les déclarations de Harlem Désir, il a répondu : "Il ne doit pas oublier, personne ne doit oublier que si la France ne respecte pas sa parole, c'est-à-dire n'atteint pas cet objectif de 3% de déficit public l'année prochaine, alors sa signature sera dévalorisée" et ses taux d'emprunt augmenteront.

L'entourage du Premier ministre a assuré lundi que la gauche n'avait pas l'intention, par ces messages discordants, de tester la réaction de la Commission européenne ou des marchés. "Nous n'envoyons pas de poissons-pilotes à Bruxelles", a dit une source à Matignon.

Jean-Baptiste Vey, édité par Hélène Duvigneau

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