L'Italie veut aider ses banques face aux retombées du Brexit

le , mis à jour à 20:54
0
 (Actualisé avec déclarations de Matteo Renzi) 
    par Gavin Jones 
    ROME, 27 juin (Reuters) - Le gouvernement italien se prépare 
à venir en aide à ses banques pour les protéger contre les 
retombées du référendum britannique sur l'Union européenne, qui 
a déclenché une chute des valeurs bancaires en Bourse, a-t-on 
appris de plusieurs sources lundi.  
    Les capitalisations boursières des deux principales banques 
du pays, UniCredit  CRDI.MI  et Intesa Sanpaolo  ISP.MI , ont 
chuté lundi de 8% et 10,9% respectivement, après des chutes de 
plus de 20% vendredi en réaction à la victoire du camp du 
"Leave" lors du scrutin britannique.  
    Rome craint désormais que les banques italiennes, déjà 
pénalisées par 360 milliards d'euros de créances douteuses - un 
tiers du total de la zone euro - ne soient attaquées par des 
fonds spéculatifs.  
    Une source bancaire informée des débats en cours au sein du 
gouvernement a déclaré que les autorités se préparaient à 
contrer toute attaque spéculative, ce qui pourrait passer par 
l'octroi de garanties publiques.  
    "Quand on voit les marchés, il est évident qu'il ne faut pas 
perdre de temps, mais nous sommes en position de faire face à 
toute difficulté et à faire tout ce qui est nécessaire, dans le 
cadre des règles, pour régler les problèmes qui émergent", a dit 
Matteo Renzi lors d'une conférence de presse à Berlin après une 
réunion avec la chancelière allemande Angela Merkel et le 
président français François Hollande. 
    Selon une source gouvernementale, le président du Conseil 
italien devait plaider lors de cette rencontre en faveur d'une 
souplesse accrue des autorités européennes concernant les 
dépenses publiques de son pays et les aides publiques au secteur 
bancaire.  
    Interrogé à ce sujet lors de la conférence de presse, Matteo 
Renzi a botté en touche et déclaré que les institutions 
nationales et européennes travailleraient de concert pour 
apporter "calme et confiance" aux citoyens. 
     
    RENFORCER LE FONDS ATLANTE 
    Parmi les mesures envisagées à Rome figurent une garantie 
publique pour des émissions obligataires des banques qui 
seraient souscrites par l'établissement public Cassa Depositi i 
Prestiti (CDP) et par le Trésor, mais aucune décision n'est 
imminente, a précisé la source.  
    Le gouvernement veut renforcer ou doubler le fonds public 
d'aide au secteur bancaire Atlante, créé en avril dans le but de 
décharger les banques d'une partie de leurs créances douteuses 
et d'apporter des capitaux frais à certaines d'entre elles, a 
expliqué la deuxième source.  
    Le quotidien Il Fatto Quotidiano a rapporté que le 
gouvernement envisageait des prises de participations de l'Etat 
dans des banques en difficulté, à financer à hauteur d'environ 
40 milliards d'euros par une augmentation de la dette publique, 
mais la deuxième source a démenti l'existence d'un tel projet.  
    Le journal a ajouté que le gouvernement Renzi avait déjà 
engagé des discussions avec la Commission européenne sur le 
dossier du soutien public au secteur bancaire.  
    Deux autres quotidiens, le Corriere della Sera et La 
Repubblica, ont rapporté que Rome invoquerait les exemptions 
prévues par les règles européennes en cas de situations 
"exceptionnelles" pour aider les banques si la chute de leur 
valeur boursière devait se poursuivre.  
 
 (avec Stefano Bernabei, Giuseppe Fonte et Isla Binnie à Rome, 
Silvia Aloisi à Milan; Wilfrid Exbrayat, Marc Angrand et 
Bertrand Boucey pour le service français) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant