L'Italie relève ses prévisions de déficit et d'endettement

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ROME RELÈVE SES PRÉVISIONS DE DÉFICIT ET D'ENDETTEMENT
ROME RELÈVE SES PRÉVISIONS DE DÉFICIT ET D'ENDETTEMENT

par Giuseppe Fonte et Gavin Jones

ROME (Reuters) - L'Italie a fortement relevé jeudi ses objectifs de déficit et d'endettement pour 2013 et 2014, en disant vouloir injecter des liquidités dans l'économie pour soutenir l'activité.

Le pays augmentera sa dette de 40 milliards d'euros sur ces deux années en réponse à la récession, a précisé Vittorio Grilli, ministre de l'Economie du gouvernement sortant de Mario Monti, qui table désormais sur une contraction de 1,3% du produit intérieur brut en 2013.

La prévision gouvernementale était jusqu'ici de -0,2%.

Du fait de cette révision et pour permettre le remboursement par l'Etat de dettes commerciales contractées auprès d'entreprises privées, le déficit budgétaire sera finalement de 2,9% du PIB cette année au lieu d'un précédent objectif de 1,8%, a ajouté Vittorio Grilli.

L'an dernier, le déficit était ressorti à 3,0% du PIB, niveau qui correspond à la limite fixée par l'Union européenne.

"Nous augmenterons la dette de 20 milliards d'euros en 2013 et de 20 milliards d'euros en 2014", a déclaré Vittorio Grilli lors d'une conférence de presse.

Il a dit espérer que cette injection de liquidités aide la reprise économique et limite ainsi une aggravation potentielle de l'endettement rapporté au PIB, qui a atteint l'an dernier un niveau historique de 127%, le deuxième ratio le plus élevé de la zone euro après celui de la Grèce.

Le ministre n'a pas dévoilé de nouvel objectif d'endettement de 2013 pour remplacer la prévision actuelle de 126,1%.

UNE PRÉVISION ENCORE TROP OPTIMISTE ?

Le rendement des obligations d'Etat italiennes à 10 ans a brièvement augmenté à l'annonce des nouveaux objectifs, avec un écart de taux qui a atteint 3,26 points avec l'emprunt allemand équivalent, mais ils ont ensuite reflué et le "spread" est revenu à 3,23.

Depuis l'accession de Mario Monti au pouvoir au plus fort de la crise de la dette en 2011, le gouvernement de technocrates a réduit à plusieurs reprises ses prévisions de croissance et relevé ses objectifs de déficit et d'endettement.

La nouvelle prévision de croissance pour le PIB 2013 risque d'être encore trop optimiste.

L'agence de notation Fitch, qui a abaissé ce mois-ci sa note de la dette souveraine du pays, anticipe une contraction de 1,8% de l'économie cette année, et plusieurs grandes banques ont une prévision du même ordre.

"Je crois que la nouvelle prévision de croissance est encore en-dessous. Nous tablons sur une contraction d'environ 1,7%", a déclaré Raj Badiani, chez IHD Global Insight. "On constate un dérapage budgétaire et je pense qu'Italie aura vraiment du mal à contenir son déficit sous les 3% du PIB cette année."

Le déficit 2012, initialement prévu à 1,6%, a finalement atteint le seuil limite de 3,0% toléré par l'UE, tandis que le ratio de l'endettement, à 127%, a dépassé l'objectif de quelque quatre points de pourcentage.

Lors de sa nomination à la tête du gouvernement en novembre 2011, Mario Monti s'était engagé à éliminer le déficit en 2013.

Vittorio Grilli prévoit une modeste reprise en 2014, avec une croissance du PIB de 1,3%, un chiffre légèrement supérieur à la précédente prévision qui était de 1,1%.

Guiseppe Fonte, Véronique Tison pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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