L'Italie prête à injecter 15 mds dans les banques-sources

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 (Actualisé avec feu vert de la Consob à la réouverture de 
l'offre de conversion) 
    par Giuseppe Fonte et Paola Arosio 
    ROME/MILAN, 16 décembre (Reuters) - L'Etat italien est prêt 
à injecter 15 milliards d'euros dans Banca Monte dei Paschi di 
Siena  BMPS.MI  et dans d'autres établissements en difficulté, 
ont déclaré des sources jeudi, alors même que la troisième 
banque de la péninsule a lancé un plan de recapitalisation privé 
auquel peu croient. 
    La plus ancienne banque au monde encore en activité a 
jusqu'au 31 décembre pour lever cinq milliards d'euros d'argent 
frais. Un échec menacerait sa survie et pourrait déclencher une 
crise de grande ampleur en Italie. 
    Pour éviter cela, l'Etat est disposé à mettre la main à la 
poche non seulement pour l'établissement toscan mais aussi pour 
d'autres, ont expliqué deux sources proches du dossier. 
    Les banques non cotées Banca Popolare di Vicenza et Veneto 
Banca, renflouées cette année par un fonds public, seraient 
également concernées, a précisé l'une d'elles. 
    Rome débloquerait des fonds publics par le biais d'un décret 
qui serait publié le 22 décembre, écrit le quotidien La 
Repubblica, ajoutant que Banca Carige  CRGI.MI  pourrait aussi 
en bénéficier. 
    Le secteur bancaire italien ploie sous 360 milliards d'euros 
de créances douteuses, soit le tiers du total de la zone euro. A 
la différence de l'Espagne ou de l'Irlande, l'Italie n'était pas 
intervenue pour aider son secteur bancaire. 
    Monte dei Paschi di Siena, conseillée par les banques 
d'investissement JPMorgan Chase et Mediobanca, veut lever du 
capital pour renforcer son bilan et couvrir les coûts de la 
ventes de 28 milliards d'euros de créances douteuses. 
    Le Mouvement 5 Etoiles, parti anti-élites italien, exige que 
JPMorgan soit privé d'honoraires si le contribuable est 
sollicité. "Jamais nous n'aurions conclu une affaire pareille 
avec JPMorgan. En tous les cas, nous ne paierions pas les 
commissions (si la banque devait être nationalisée)", a dit 
Alessio Villarosa, un élu du parti. 
     
    NÉGOCIATIONS SUR LES PETITS PORTEURS D'OBLIGATIONS 
    L'opération supervisée par JPMorgan et Mediobanca prévoit 
une augmentation de capital de cinq milliards d'euros ainsi 
qu'une offre de conversion en action aux détenteurs 
d'obligations subordonnées. 
    Monte dei Paschi négocie les commissions avec JPMorgan et 
les autres banques qui tenteront de placer les titres après 
avoir refusé de garantir l'opération, ont dit les sources. 
    La banque a précisé jeudi que 65% des titres seraient 
réservés à des investisseurs institutionnels.  
    Elle a ajouté qu'elle prolongerait l'offre de conversion de 
dettes en actions pour y inclure un instrument financier hybride 
d'un milliard d'euros connu sous l'appellation "Fresh 2008".  
    La possibilité que l'offre de conversion soit étendue aux 
investisseurs individuels qui détiennent 2,1 milliards d'euros 
d'obligations subordonnées émises par la banque a été autorisée 
par la Consob, l'autorité des marchés italiens, a dit une 
source. 
    Celle-ci a ajouté que la Consob devrait donner son feu à 
l'émissions d'actions nouvelles vendredi. 
    Le prix indicatif du placement varie dans une fourchette 
très large d'un à 24,90 euros, une conséquence des incertitudes 
qui planent sur son succès. Même à un euro, la banque 
revendiquerait une valorisation supérieure à la quasi-totalité 
de ses concurrentes locales. 
    Si Rome vole au secours de la banque, le droit européen 
exige que les investisseurs privés assument une partie des 
pertes, une perspective accablante pour le Parti démocrate au 
pouvoir, au vu des élections anticipées qui se profilent l'an 
prochain.  
    Des centaines de milliers de particuliers ont investi dans 
les actions et obligations des banques italiennes et le 
renflouement de quatre petites banques l'an dernier a touché des 
milliers de petits épargnants. 
    Rome discute avec Bruxelles des moyens de préserver les 
créanciers obligataires qui verraient leurs titres convertis en 
actions dans le cas d'un renflouement public, ont expliqué les 
sources. 
    Comme elle l'a déjà fait pour les quatre petites banques 
aidées l'an dernier, la Commission européenne pourrait autoriser 
l'Etat à épargner les petits porteurs uniquement à condition 
qu'ils puissent prouver qu'ils ont été floués et qu'ils ne 
comprenaient pas le risque inhérent à leur investissement, a 
expliqué l'une d'elles. 
 
 (Avec Gagin Jones à Rome et Francesco Guarascio à Bruxelles, 
Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 

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