L'Italie nie tout risque lié aux dérivés sur la dette

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ROME DÉMENT ÊTRE EXPOSÉe À UNE PERTE DE 8 MILLIARDS D'EUROS SUR DES DÉRIVÉS
ROME DÉMENT ÊTRE EXPOSÉe À UNE PERTE DE 8 MILLIARDS D'EUROS SUR DES DÉRIVÉS

par Silvia Aloisi

MILAN (Reuters) - Le Trésor italien a démenti mercredi que le recours à des contrats de dérivés sur une partie de la dette publique fasse courir des risques aux finances de l'Etat, après des articles de presse évoquant une perte potentielle de plusieurs milliards d'euros.

Le Financial Times et La Repubblica rapportent que huit contrats de dérivés, restructurés en 2012 en pleine crise de la zone euro, pourraient se solder par des pertes de 8,0 milliards d'euros environ sur la base des cours au 20 juin.

Les deux quotidiens, qui citent un rapport du Trésor italien, précisent que les contrats originaux ont été conclus durant les années 1990, lorsque l'actuel président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, était directeur général du Trésor italien.

A l'époque, le gouvernement italien s'efforçait d'améliorer les comptes publics pour respecter les objectifs de déficit fixés par l'Union européenne avant l'adoption de l'euro et les paiements effectués par les banques en application des contrats l'y ont aidé, expliquent les articles.

Le Trésor a qualifié de "totalement infondées" les informations selon lesquelles de tels contrats auraient été utilisés pour permettre l'entrée dans la zone euro.

La Repubblica précise que les huit contrats, pour la plupart des contrats de swaps de taux d'intérêt, arriveront à échéance entre 2017 et 2040.

Le Trésor explique qu'il utilise les dérivés comme un instrument classique de couverture contre les risques de change et de taux d'intérêt et qu'une telle couverture implique un coût, justifié selon lui par la garantie qu'elle assure contre des pertes potentielles plus élevées encore.

TOUTE COUVERTURE A UN COÛT, DIT LE TRÉSOR

"La valeur de marché des instruments dérivés à un instant donné (...) ne peut en aucun cas être considérée comme une perte effective", ajoute-t-il.

La dette publique italienne avoisine aujourd'hui 2.000 milliards d'euros. Les 8,0 milliards de pertes potentielles évoquées mercredi ne représentent donc qu'une fraction relativement faible de ce total.

En mars 2012, le gouvernement avait déclaré avoir payé 2,57 milliards d'euros à la banque d'investissement américaine Morgan Stanley pour clore des contrats de dérivés remontant à 1994.

Il avait précisé alors que les contrats conclus par le Trésor portaient au total sur quelque 160 milliards d'euros de dette, soit près de 10% de l'encours global de la dette publique à l'époque.

Selon le FT et La Repubblica, la renégociation de ces contrats en 2012 a permis au Trésor d'étaler les paiements sur une plus longue période mais, dans certains cas, à des conditions moins avantageuses.

Après renégociation, les contrats portent sur un montant théorique (notionnel) total de 31,7 milliards d'euros, ajoutent-ils.

"De nombreuses erreurs ont été commises durant les années 1990 pour faire entrer l'Italie dans l'euro et aujourd'hui, elles se traduisent par de nouvelles dettes, dissimulées dans les comptes officiels", a déclaré un haut fonctionnaire cité par La Repubblica.

Selon le Financial Times, le rapport du Trésor sur les dérivés a été communiqué à la Cour des comptes italienne au début de cette année, ce qui a conduit l'institution à faire intervenir la police financière.

Le Trésor déclare dans son communiqué que la police financière n'a fait que demander des documents portant sur le contrat avec Morgan Stanley.

avec James McKenzie et Jamie McGeever, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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