L'Italie nie avoir payé E12 mlns pour faire libérer deux otages

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ROME, 16 janvier (Reuters) - Le gouvernement italien a qualifié vendredi de "sans fondement" les informations selon lesquelles il aurait payé 12 millions d'euros pour la libération de deux humanitaires otages en Syrie, sans pour autant démentir qu'une rançon ait été versée. Vanessa Marzullo et Greta Ramelli, deux bénévoles qui travaillaient dans le domaine de la santé, avaient été enlevées en juillet dernier à Alep. Leur libération a été annoncée jeudi et elles sont rentrées vendredi en Italie. La nouvelle de leur retour a été accueillie par des applaudissements au Parlement mais elle a aussi suscité des critiques de l'opposition après des informations parues dans la presse arabe selon lesquelles une rançon de 12 millions d'euros aurait été versée au Front al Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda. Le ministre des Affaires étrangères Paolo Gentiloni a démenti cette information, qui, dit-il, émane peut-être des preneurs d'otages. "Cela me surprend que certains aient accordé de la crédibilité à cette hypothèse venant de ces sources sans aucune confirmation", a-t-il dit au Parlement. "Nous sommes contre le paiement de rançons", a-t-il souligné en rappelant la politique des gouvernements successifs. Mais il a ajouté : "Quand il s'agit d'Italiens pris en otages, notre priorité est d'abord de sauver leurs vies et l'intégrité physique de nos compatriotes." Luciano Malan, figure de la droite, a estimé que le gouvernement devait s'expliquer. "Si une rançon a été payée pour sauver deux vies précieuses, alors des milliers d'autres vies, également précieuses, seront mises en danger", dit-il dans un communiqué. Matteo Salvini, secrétaire de la Ligue du Nord, parti d'extrême droite xénophobe, a déclaré sur Twitter : "Si le gouvernement a vraiment payé une rançon de 12 millions d'euros pour libérer les deux amies des Syriens, ce serait dégoûtant!" Les pays européens, Italie comprise, tolèrent ou facilitent le paiement de rançons pour la libération de leurs ressortissants pris en otages mais cette pratique est souvent niée officiellement. Selon un article paru l'an dernier dans le New York Times, Al Qaïda et ses affiliés ont récolté au moins 125 millions de dollars (plus de 100 millions d'euros) en rançons depuis 2008, les gouvernements européens versant l'argent en général via des intermédiaires. (Steve Scherer; Danielle Rouquié pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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