L'Italie met en garde l'UE en cas de rejet de son budget

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    MILAN, 23 octobre (Reuters) - L'Union européenne doit 
permettre à l'Italie d'augmenter son déficit pour faire face au 
séisme qui l'a frappée pendant l'été et à la crise des migrants, 
sous peine de voir le pays ériger des murs "à la hongroise", a 
déclaré le ministre de l'Economie Pier Carlo Padoan dans une 
interview publiée dimanche. 
    "L'Europe doit choisir son camp. Elle peut accepter que 
notre déficit passe de 2% à 2,3% (du produit intérieur brut) 
pour faire face aux urgences liées au tremblement de terre et 
aux migrants", a-t-il dit à La Repubblica. 
    "Ou elle peut choisir la manière hongroise, qui érige des 
murs contre les migrants et doit être rejetée. Ce serait alors 
le début de la fin." 
    Le gouvernement italien durcit le ton contre Bruxelles 
depuis qu'il a adopté le week-end dernier un projet de budget 
2017 expansionniste, à six semaines d'un référendum sur la 
réforme constitutionnelle dont pourrait dépendre l'avenir 
politique du président du conseil Matteo Renzi. 
    Le projet de loi de finances rehausse les objectifs 
précédemment acceptés de déficit et de dette publique, ce que 
Rome justifie par le coût de l'afflux de migrants sur ses côtes 
et la reconstruction après le séisme d'août.   
    Le procédé irrite la Commission européenne qui songe à 
adresser à Rome une lettre d'avertissement, ont dit des sources 
à Bruxelles. 
    Autre revers pour le gouvernement, l'agence de notation 
Fitch a réduit vendredi soir la perspective de sa note de la 
dette italienne, en faisant état de risques politiques et 
économiques accrus pour la troisième économie de la zone euro. 
  
    Pier Carlo Padoan souligne dans l'interview à la Repubblica 
que l'Italie a dépensé plus que tout autre Etat européen pour 
répondre à l'afflux de migrants et de réfugiés. 
    "A ce jour, personne n'a reconnu notre engagement 
financier", déplore-t-il. "C'est un problème politique, qui 
concerne l'avenir du continent." 
    Matteo Renzi avait été encore plus virulent vendredi en 
affirmant qu'il ne laisserait pas les "technocrates de 
Bruxelles" modifier son projet de budget qui répond "aux besoins 
des citoyens italiens." 
 
 (Silvia Aloisi, Véronique Tison pour le service français) 
 
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