L'Italie inquiète les marchés, l'UE et Berlin soutiennent Monti

le
3
LA SITUATION POLITIQUE ITALIENNE INQUIÈTE LES MARCHÉS
LA SITUATION POLITIQUE ITALIENNE INQUIÈTE LES MARCHÉS

par Lisa Jucca et Giulio Piovaccari

MILAN (Reuters) - La perspective de voir Mario Monti abandonner prochainement la tête du gouvernement italien a ravivé lundi les inquiétudes suscitées par la situation économique et politique de la péninsule, sur les marchés comme parmi les dirigeants européens.

Le président du Conseil a annoncé samedi qu'il démissionnerait sitôt le projet de budget 2013 adopté par le parlement, prenant ainsi acte de la décision du PDL, le parti de son prédécesseur Silvio Berlusconi, de lui retirer son soutien.

La décision de Mario Monti et celle de Silvio Berlusconi de se présenter aux législatives prévues début 2013, font craindre une remise en cause des politiques d'assainissement budgétaire et de réformes structurelles engagées par le gouvernement actuel.

"La principale inquiétude, c'est la perspective d'un retour à l'instabilité économique", explique Davide Pasquali, président du fonds d'investissement Pharus Sicav.

Les élections législatives, jusqu'à présent attendues en mars, pourraient avoir lieu en février si le gouvernement Monti démissionne avant Noël.

La Bourse de Milan perdait 3,65% à la mi-journée tandis que le rendement des emprunts d'Etat italiens à 10 ans s'envolait de plus de 30 points de base à 4,87%, portant le "spread" avec les obligations allemandes à 357 points, contre 574 points au plus fort de la crise financière.

"Si le spread revient au-dessus de 400 à 450 points de base, les banques italiennes auront beaucoup de mal à accéder au marché des capitaux", explique un économiste italien.

Les valeurs bancaires étaient de fait parmi les plus chahutées en Bourse: Banca del Monte dei Paschi di Siena chutait de 7,2% vers 11h00 et UniCredit de plus de 6%.

Rome doit procéder mercredi et jeudi à ses dernières adjudications obligataires de l'année mais le Trésor devra refinancer plus de 420 milliards d'euros de dettes en 2013, une tâche particulièrement ardue si le contexte politique devait se tendre.

PAS D'ALTERNATIVE À MONTI, DIT VAN ROMPUY

Et l'inquiétude des investisseurs se propageait à l'Espagne, avec là encore un double effet de baisse de la Bourse (Madrid cédait 1,6% vers 11h45 GMT) et de remontée des rendements obligataires.

Fragilisé par le retrait du PDL, Mario Monti, dont la personnalité et le parcours avaient fortement contribué à apaiser les tensions financières ces derniers mois, a déclaré que son avenir politique était incertain, selon des propos rapportés par la Repubblica.

"Si je devais (...) décrire mes sentiments actuels, je dirais que je suis très préoccupé", a-t-il ajouté. Alors qu'il a affirmé publiquement à plusieurs reprises qu'il ne se présenterait pas aux prochaines élections, plusieurs partis centristes assurent qu'en privé, il n'écarte pas cette perspective.

Quelle que soit sa décision, le président du conseil peut compter sur le soutien des partenaires européens de l'Italie.

"Mario Monti a été un excellent Premier ministre pour l'Italie et j'espère que les politiques qu'il a mises en oeuvre se poursuivront après les élections", a ainsi déclaré Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen. "Il n'y a pas d'alternative à ce que fait M. Monti."

De son côté, le ministère allemand des Finances a affiché sa sérénité. "Nous ne nous attendons pas à un effet déstabilisateur et nous nous attendons à ce que l'Italie continue de respecter ses engagements européens et reste sur la voie des réformes", a dit une porte-parole.

Si l'incertitude politique est revenue au premier rang des préoccupations, elle n'occulte pas tout à fait une conjoncture économique qui reste plus que fragile. Rome a confirmé lundi que le pays était resté en récession au troisième trimestre et que la contraction de l'activité devrait se poursuivre l'an prochain.

Avec Luke Baker à Oslo, Stephen Brown et Erik Kirschbaum à Berlin, Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • t.funny le lundi 10 déc 2012 à 13:52

    l'IRAK et la LIBYE on s'en tape ... parcontre MONTI lui était efficace et comme le dit M967 nous on a l'équipe complète de guignol aux commandes

  • M9676025 le lundi 10 déc 2012 à 13:46

    avant de se moquer de l'Italie avec le retour de berlu...ne pas oublier l'équipe de guignols que nous avons aux commandes en France

  • wikus le lundi 10 déc 2012 à 13:36

    Pourquoi ne pas envahir l'Italie avec nos militaires et placer à la tête du gouvernement italien le MONTI, un peu comme on l'a fait en IRAK et en LIBYE ??

Partenaires Taux