L'Italie freine l'idée de sanctions de l'UE contre la Russie

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    par Robin Emmott et Francesco Guarascio 
    BRUXELLES, 21 octobre (Reuters) - Les dirigeants de l'Union 
européenne, réunis en sommet à Bruxelles, ont condamné la Russie 
pour ses bombardements de civils à Alep, en Syrie, mais l'Italie 
s'est opposée à l'idée de nouvelles sanctions contre Moscou. 
    Horrifiées par les bombardements aériens sur la partie 
orientale d'Alep tenue par les rebelles, y compris sur des 
hôpitaux, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne prônent 
une pression maximale sur la Russie pour qu'elle cesse cette 
offensive qui a coûté la vie à des centaines de civils, dont des 
enfants. 
    Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, dont le pays 
dispose d'importants liens commerciaux avec la Russie, a 
toutefois déclaré que des sanctions économiques ne devaient pas 
être envisagées car elles ne parviendraient pas à contraindre 
Moscou à négocier un compromis. 
    "Nous devrions faire tout ce qui est possible en faveur d'un 
accord de paix en Syrie mais il est difficile d'imaginer que 
cela soit lié à de nouvelles sanctions contre la Russie", a dit 
Matteo Renzi dans la nuit de jeudi à vendredi à l'issue du dîner 
entre chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit. 
    Ne jouant aucun rôle militaire dans la guerre en Syrie, l'UE 
se contente de soutenir les efforts des Nations unies pour 
tenter de mettre fin à un conflit de plus de cinq ans, dans 
lequel la Russie intervient militairement en appui aux forces 
gouvernementales de Bachar al Assad. 
     
    HOLLANDE CONTINUE D'ÉVOQUER DES SANCTIONS 
    La France a cherché à isoler diplomatiquement la Russie, 
d'abord en la contraignant à user de son veto pour bloquer un 
projet de résolution au Conseil de sécurité de l'Onu puis avec 
une condamnation formelle des frappes russes sur Alep de la part 
de l'ensemble des ministres des Affaires étrangères des 
Vingt-Huit cette semaine. 
    Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont aussi adopté 
un langage de fermeté dans leur communiqué publié aux premières 
heures de la journée de vendredi mais le texte final ne contient 
plus les formules vues par Reuters dans de précédentes versions, 
qui menaçaient de sanctions des personnalités et des entreprises 
russes liées au président syrien. 
    François Hollande, qui s'est entretenu mercredi soir à 
Berlin avec le président russe Vladimir Poutine en compagnie de 
la chancelière allemande Angela Merkel, a toutefois souligné que 
l'idée de sanctions n'était pas complètement exclue. 
    "S'il advenait qu'il y ait encore des massacres, des 
bombardements, d'abord c'est sur les responsables syriens qu'il 
faudrait prononcer un certain nombre de sanctions", a dit le 
président français.   
    "La Russie s'exposerait, si elle continuait ses 
bombardements, à également des réponses que l'Union européenne 
aurait à délibérer, mais nous n'en sommes pas là", a-t-il 
ajouté. 
             
    LA COMPLICATION NÉERLANDAISE 
    La Russie a informé les Nations unies qu'elle cesserait ses 
bombardements sur Alep-Est 11 heures par jour pendant quatre 
jours. Des responsables européens ont souligné que cette annonce 
coïncidait avec la tenue du sommet à Bruxelles et pourrait être 
destinée à briser le consensus qui semblait émerger au sein de 
l'UE en faveur de sanctions. 
    Angela Merkel, qui a qualifié les frappes aériennes sur Alep 
de "complètement inhumaines", a elle aussi déclaré que des 
sanctions restaient envisageables. "Si l'intensité des 
bombardements auxquels nous avons assisté ces derniers jours 
continue, alors ce serait une raison pour nous de réfléchir à ce 
que nous ferons ensuite", a-t-elle dit à Reuters. 
    L'UE, avec les Etats-Unis, impose déjà des sanctions à la 
Russie en raison de la crise en Ukraine, où des séparatistes 
prorusses ont pris les armes en 2014 dans l'est du pays et où 
Moscou a annexé la Crimée. 
    Président du Conseil européen, Donald Tusk a accusé la 
Russie de chercher à "affaiblir l'UE". 
    Ajoutant à la complexité de la situation, le Premier 
ministre néerlandais, Mark Rutte, a fait part à ses partenaires 
européens de son pessimisme quant à la possibilité de conclure 
un accord d'association avec l'Ukraine après le vote négatif des 
électeurs néerlandais lors d'un référendum sur le sujet en 
avril. 
    Cette victoire du "non" aux Pays-Bas complique les efforts 
européens destinés à soustraire l'Ukraine de l'influence de la 
Russie. 
 
 (Avec Elizabeth Pineau; Bertrand Boucey pour le service 
français) 
 
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  • M1903733 il y a un mois

    On ne parle jamais des sanctions russes contre l'Europe. Parlez en à nos agriculteurs ou éleveurs.