L'Italie emprunte plus cher mais la demande reste forte

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ADJUDICATION RÉUSSIE POUR L'ITALIE, MOYENNANT DES RENDEMENTS EN HAUSSE
ADJUDICATION RÉUSSIE POUR L'ITALIE, MOYENNANT DES RENDEMENTS EN HAUSSE

MILAN (Reuters) - Les coûts de financement de l'Italie ont augmenté de plus d'un demi-point mercredi lors de la première adjudication à long terme depuis les élections générales, qui ont débouché sur un blocage politique, mais l'opération est loin d'avoir été boudée par les investisseurs.

Le Trésor a adjugé pour 4,0 milliards d'euros d'une nouvelle obligation à dix ans à un rendement brut de 4,83%, le plus élevé depuis octobre. Fin janvier, Rome n'avait dû payer que 4,17% pour placer du papier à dix ans.

La demande a été 1,65 fois supérieure à l'offre de titres, un ratio de couverture qui reflète un appétit solide pour la dette à long terme italienne en dépit de l'incertitude politique.

On ignore toujours si les partis en lice lors des élections de dimanche et lundi, dont aucun n'a obtenu la majorité au Sénat, parviendront à s'entendre pour former une coalition capable de gouverner.

Cette situation s'est traduite mardi par une forte baisse des marchés boursiers européens et par une remontée des rendements obligataires italiens sur les marchés secondaires.

Ce mouvement s'inversait toutefois mercredi, les Bourses repartant de l'avant tandis que l'écart de rendement (spread) entre les obligations italiennes et allemandes à 10 ans se réduisait légèrement.

Sur le marché secondaire, le rendement à dix ans italien reculait de six points de base à 4,84% vers 13h25. Il avait culminé à 6,19% en juin de l'an dernier, avant la promesse de la Banque centrale européenne (BCE) de venir en aide aux Etats de la zone euro qui en feraient la demande en achetant de la dette sur les marchés.

Rome a également placé mercredi pour 2,5 milliards d'obligations arrivant à échéance en novembre 2017 à un rendement brut de 3,59%, contre 2,94% en janvier, avec un ratio de couverture de 1,614 contre 1,3.

MOODY'S ANTICIPE DE NOUVELLES ÉLECTIONS

"La demande pour les deux lignes a été relativement solide, probablement grâce aux investisseurs domestiques, qui ont profité de la hausse des rendements", écrit Annalisa Piazza, stratège de Newedge.

"Nous excluons que les investisseurs étrangers aient joué un rôle majeur dans l'adjudication d'aujourd'hui alors que les risques politiques restent élevés."

Pier Luigi Bersani, le leader du Parti démocrate (PD), principale formation du centre gauche italien, devrait désormais tenter de former une "grande coalition" capable de faire adopter ses projets au Parlement en négociant un accord soit avec le centre droit emmené par Silvio Berlusconi, l'homme qu'il accuse d'avoir ruiné l'Italie, soit avec le mouvement Cinq étoiles de l'ex-comique Beppe Grillo, révélation du scrutin.

Cette situation pourrait conduire à de nouvelles élections soit très rapidement, soit dans quelques mois, même si Pier Luigi Bersani et Silvio Berlusconi assurent vouloir éviter une telle issue.

De son côté, Beppe Grillo, dont le mouvement est arrivé en tête en nombre de suffrages exprimés, ne semble pas croire que le prochain gouvernement reste au pouvoir plus de six mois.

L'agence de notation Moody's a estimé mercredi que le résultat du scrutin pourrait compromettre la note souveraine de Rome. Mais mardi, sa rivale Standard & Poor's avait expliqué que les élections n'affecteraient pas sa propre note dans l'immédiat.

S&P note l'Italie BBB+ et Moody's Baa2, tandis que Fitch la note A-. Ces trois notes sont assorties d'une perspective négative.

Le Trésor italien a profité de conditions favorables sur les marchés avant les élections pour réaliser plus de 20% de son programme d'émissions 2013.

Francesca Landini; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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