L'Israélien Steinitz s'attend à un "mauvais accord" avec l'Iran

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(Ajoute déclarations, contexte) par John Irish PARIS, 23 mars (Reuters) - L'Iran et les grandes puissances impliquées dans les négociations sur son programme nucléaire parviendront probablement à un "mauvais accord", a estimé lundi Yuval Steinitz, ministre israélien des Affaires stratégiques et du Renseignement. L'Etat hébreu continuera néanmoins à réclamer davantage de fermeté avant la reprise des discussions, jeudi, a-t-il souligné. "Nous pensons qu'il s'agira d'un mauvais accord, insuffisant", a déclaré le ministre, également chargé des Relations internationales, dans un entretien accordé à Reuters. Le texte qui se dessine n'empêchera pas la République islamique de rester une puissance "au seuil" du nucléaire, a-t-il poursuivi, ajoutant que l'Etat hébreu signalera aux négociateurs les "failles et les difficultés" qui peuvent encore être surmontées. La France, les Etats-Unis et les quatre autres puissances du P5+1 (Allemagne, Chine, Russie, Royaume-Uni, Allemagne) ont suspendu vendredi les négociations avec Téhéran qui visent à mettre un terme au contentieux sur le programme nucléaire de la République islamique. Téhéran se défend de vouloir se doter de l'arme atomique. Les négociateurs se sont donné jusqu'au 31 mars pour conclure un accord politique, et jusqu'au 30 juin pour en spécifier les modalités techniques et parvenir à un accord définitif. Israël, seul pays du Proche-Orient muni d'un arsenal nucléaire, même s'il ne le confirme pas officiellement, ne participe pas aux négociations mais considère l'émergence d'un Iran nucléarisé comme une menace pour sa propre existence et n'exclut pas d'empêcher par des moyens militaires la République islamique de posséder la bombe atomique. CENTRIFUGEUSES L'Etat hébreu présente la France comme la puissance dont les opinions sont les plus proches des siennes sur ce dossier. Interrogé à Paris avant de rencontrer les conseillers du président François Hollande, Yuval Steinitz a déclaré que deux points fondamentaux méritaient selon lui d'être durcis: le nombre de centrifugeuses (machines qui servent à purifier et enrichir l'uranium) que l'Iran aura toujours le droit d'utiliser après l'accord, et ses capacités en matière de recherche et développement. L'accord en cours de négociation cherche entre autres à fixer à au moins un an le délai ('break-out time') nécessaire à l'Iran pour constituer un stock de matière fissile (uranium hautement enrichi ou plutonium) suffisant pour fabriquer une bombe A. Le ministre israélien estime que l'accord en l'état, qui autoriserait environ 6.000 centrifugeuses, permettrait à l'Iran de "se ruer vers la bombe" en neuf à dix mois, car ses infrastructures nucléaires n'auront pas été démantelées. Selon le secrétaire d'Etat américain John Kerry, les discussions de la semaine passée à Lausanne ont permis de réaliser de véritables progrès en vue d'un accord. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a rappelé pour sa part que la France souhaitait la conclusion d'un accord-cadre avant la fin du mois, à condition que celui-ci interdise réellement à l'Iran de se doter de l'arme atomique. (Edité par Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse)

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