L'Islande au chevet de ses citoyens endettés

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Environ 80% des Islandais ont contracté des prêts immobiliers indexés sur l'inflation, commercialisés sans état d'âme par les banques à la belle époque.

Surendettés... au point que l'État soit contraint d'effacer une partie de leur dette! Les Islandais sont si nombreux à crouler sous le poids de leurs crédits immobiliers que le gouvernement vient de les dispenser presque tous de rembourser une partie du capital emprunté. La remise de dette pourra atteindre jusqu'à 24.400 euros par foyer. Cette mesure, annoncée samedi par le nouveau premier ministre, Sigmundur David Gunnlaugsson, avait été au c½ur des débats lors des élections législatives d'avril, tant la question est devenue obsessionnelle pour la population de cette petite île de feu et de glace.

Selon l'OCDE, plus de la moitié des Islandais peinent à joindre les deux bouts, surtout à cause des prêts immobiliers indexés sur l'inflation, commercialisés sans état d'âme par les banques à la belle époque. Cette indexation, très rare ailleurs en Europe, s'est transformée en un piège implacable quand la couronne islandaise s'est effondrée avec la crise. L'inflation s'est envolée, et l'endettement des Islandais a explosé: les sommes dues à la banque augmentaient aussi vite que les prix! Beaucoup de foyers remboursent encore un crédit dont la valeur dépasse celle de leur logement.

L'OCDE avait recommandé, il y a quelques mois, des mesures pour soulager les plus fragiles. Finalement, la remise de dette profitera à tous, sans conditions de ressources. «80 % à peu près des ménages vont être directement touchés, mais tous les Islandais vont en tirer profit, entre autres grâce à une croissance (économique) et un pouvoir d'achat accrus», explique le premier ministre. Cette mesure, dont le coût dépasse 900 millions d'euros, devrait être financée par la taxation des banques.

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  • ..xavier le lundi 2 déc 2013 à 09:15

    Et on recommence...comme en 2008!Décidément, on ne retiendra jamais les erreurs du passé. Le gros problème, c'est que les états seront incapables de venir à l'aide des acteurs privés.