L'Irlande s'achemine vers des semaines d'instabilité politique

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    * Les deux grands partis de centre-droit doutent d'une 
alliance 
    * Les résultats définitifs attendus lundi 
    * Le Sinn Fein pourrait profiter du blocage politique 
 
    par William James et Padraic Halpin 
    DUBLIN, 28 février (Reuters) - Le risque d'un blocage 
politique durable en Irlande s'est accru dimanche faute de 
majorité claire à l'issue des élections législatives, des 
responsables des deux partis les plus aptes à former une 
coalition ayant écarté l'hypothèse d'une alliance.  
    La reprise du décompte des voix, interrompu samedi soir, n'a 
fait que confirmer les lourdes pertes subies par le Fine Gael, 
le parti du Premier ministre sortant, Enda Kenny.  
    Le Fianna Fail affiche au contraire un score supérieur aux 
prévisions et pourrait plus que doubler sa présence au 
Parlement, ce qui fait d'une coalition entre ces deux partis de 
centre-droit la solution la plus évidente, même si elle serait 
sans précédent.  
    Mais la rivalité qui oppose les deux formations depuis la 
guerre civile de 1922-1923 semble laisser peu d'espoir de les 
voir conclure un accord, ce qui menace le pays d'un blocage 
politique comparable à celui que connaît l'Espagne depuis la fin 
décembre, ce qui pourrait conduire à un nouveau scrutin dans 
quelques mois.  
    "Je ne suis pas favorable à un gouvernement avec le Fine 
Gael", a déclaré Dara Calleary, porte-parole du Fianna Fail, 
samedi soir sur la chaîne de télévision publique RTE.  
    "Tout programme de gouvernement devrait être soumis à nos 
militants et je peux vous assurer que les membres du Fianna Fail 
ici (dans ma circonscription) sans très clairement contre toute 
coalition." 
    Un autre responsable du Fianna Fail a dit craindre qu'un 
accord de coalition avec le Fine Gael ne profite au Sinn Fein, 
l'ex-branche politique de l'IRA et principal parti de gauche du 
pays, qui devrait pourtant disposer d'un nombre de députés bien 
inférieurs à ses attentes.  
         
    UN NOUVEAU SCRUTIN POSSIBLE 
    Les dirigeants des deux partis ont insisté sur la nécessité 
d'attendre la fin du dépouillement, lundi, avant d'envisager les 
différentes options évoqués. Dans les deux camps, nombreux sont 
ceux qui estiment peu probable une solution avant la reprise de 
la session parlementaire, le 10 mars.  
    Le Fine Gael est crédité de 25,5% des voix et devrait rester 
le premier parti du pays, mais avec moins de députés qu'attendu. 
    Le ministre de la Santé, Leo Varadkar, considéré comme le 
plus sérieux candidat à la succession d'Enda Kenny, s'est dit 
défavorable à la formation d'une grande coalition et celui des 
Finances, Michael Noonan, a évoqué la possibilité de nouvelles 
élections "très prochainement". 
    Les observateurs jugent l'économie irlandaise capable de 
résister à une période d'incertitude politique, après une année 
2015 marquée par une croissance de 7%, la plus forte de tous les 
pays membres de l'Union européenne. 
    Mais l'issue des législatives pourraient se traduire dans 
les prochains par une remontée des rendements des emprunts 
d'Etat irlandais.  
    "Plus cela durera, plus les investisseurs deviendront 
nerveux. Si on se retrouve face au double défi de l'instabilité 
politique et de la menace du Brexit (l'éventuelle sortie de la 
Grande-Bretagne de l'UE), le marché obligataire irlandaise sera 
en grande difficulté", estime Ryan McGrath, trader obligataire 
chez Cantor Fitzgerald.  
        
 
 (Marc Angrand pour le service français) 
 
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