L'Irlande célèbre le soulèvement de Pâques 1916 à Dublin

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    par Conor Humphries 
    DUBLIN, 27 mars (Reuters) - Des milliers de militaires 
irlandais ont défilé dimanche à Dublin pour marquer le 
centenaire du soulèvement nationaliste de Pâques 1916, qui 
devait conduire six ans plus tard à la naissance de l'Etat libre 
d'Irlande. 
    La révolte, lancée à Dublin le lundi de Pâques, 24 avril 
1916, en pleine Première Guerre mondiale, avait été écrasée en 
cinq jours par l'armée britannique. 
    Les principaux dirigeants rebelles, notamment James 
Connolly, Tom Clarke et Patrick Pearse, avaient été fusillés. 
    Les cérémonies de dimanche ont été présidées par le Premier 
ministre Enda Kenny, dont le gouvernement de coalition sortant a 
perdu sa majorité aux élections législatives du 26 février. 
    "Des cendres du Soulèvement (de 1916), de la guerre 
d'indépendance qui a suivi puis de la guerre civile, est sorti 
un Etat irlandais libre et démocratique", a déclaré le Premier 
ministre. 
    Dimanche matin, il s'est rendu à la prison dublinoise de 
Kilmainham, où durent exécutés les chefs de la rébellion. 
    La Première ministre d'Irlande du Nord, Arlene Foster, a 
refusé de participer aux commémorations, rappelant que le 
souvenir de la "Semaine sanglante" de 1916 avait été utilisé par 
l'Armée républicaine irlandaise (IRA) pour justifier ses 
attentats dans les années 1970 et 1980. 
    Sous un soleil printanier, des dizaines de milliers de 
personnes ont assisté au défilé des troupes dans les rues de 
Dublin, notamment devant les bâtiments publics qui avaient été 
occupés par les insurgés il y a cent ans, comme le General Post 
Office (GPO), la Poste centrale, et les Four Courts, le palais 
de justice. 
     
    VOIX DISCORDANTES 
    La proclamation d'indépendance, faite à l'époque par Patrick 
Pearse devant le GPO, a été lue à midi au même endroit. 
    Pourtant, le souvenir du soulèvement ne fait pas l'unanimité 
en Irlande.  
    Le parti d'Enda Kenny, le Fine Gael, a même été accusé par 
certains de ses adversaires de faire preuve d'une trop grande 
prudence dans l'hommage rendu aux combattants de 1916 -- ainsi, 
une vidéo réalisée pour ce centenaire montre des joueurs de 
rugby, et même la reine d'Angleterre, mais pas un seul des 
rebelles de la semaine de Pâques. 
    Sur la façade d'un immeuble de la banque d'Irlande dans le 
centre de Dublin, des manifestants s'en sont pris il y a 
quelques jours à un grand portrait de John Redmond, farouche 
opposant au soulèvement de 1916. 
    La mémoire de Redmond, hostile à la violence, a été saluée 
par John Bruton, l'ancien dirigeant du Fine Gael. 
    Les partis de gauche, quant à eux, ont saisi l'occasion de 
ces commémorations pour dénoncer la "trahison" des idéaux 
égalitaires des insurgés de 1916. 
    "L'Etat d'aujourd'hui n'est pas la République proclamée en 
1916. Prétendre le contraire, c'est une insulte faite aux hommes 
qui sont tombés", a affirmé Gerry Adams, le chef du Sinn Féin, 
troisième parti du pays et ancienne branche politique de l'IRA. 
 
 (Guy Kerivel pour le service français) 
 
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