L'Iran tente de lier lutte contre l'EI et dossier nucléaire

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par Parisa Hafezi et Louis Charbonneau NATIONS UNIES, 21 septembre (Reuters) - L'Iran est prêt à collaborer avec les Etats-Unis et leurs alliés dans la lutte contre l'Etat islamique mais réclame en échange une plus grande souplesse de leur part en ce qui concerne son programme nucléaire, ont déclaré à Reuters plusieurs responsables iraniens. Puissance chiite influente en Irak et en Syrie, deux pays où les radicaux sunnites de l'Etat islamique se sont emparés de vastes territoires, l'Iran a adressé des messages contradictoires quant à son éventuelle participation à un effort international contre l'EI, que les Etats-Unis s'efforcent de coordonner. Le guide suprême de la révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, a affirmé lundi avoir refusé une ouverture américaine sur une possible collaboration contre l'Etat islamique. Des responsables américains affirment que les Etats-Unis n'ont formulé aucune proposition de ce type. ID:nL6N0RG3GQ Officiellement, Washington comme Téhéran excluent toute coopération militaire contre l'Etat islamique. En privé, des responsables iraniens n'excluent cependant pas une collaboration avec les Etats-Unis, mais pas forcément sur le champ de bataille. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a déclaré vendredi que l'Iran avait un rôle à jouer dans la lutte contre les djihadistes. ID:nL6N0RK519 "L'Iran est un pays très influent dans la région et peut aider dans la lutte contre les terroristes de l'EIIL (...) mais c'est à double sens. Vous donnez quelque chose, vous obtenez quelque chose", a dit un responsable iranien ayant requis l'anonymat, en désignant l'EI par son ancien sigle. "L'EIIL est une menace contre la sécurité mondiale, pas notre programme (nucléaire), qui est un programme pacifique", a-t-il ajouté. L'Iran rejette les soupçons des Etats-Unis et des pays européens sur la nature des ambitions nucléaires iraniennes et l'existence d'un volet militaire dans ce programme. COMPARTIMENTER LES DOSSIERS Un autre responsable iranien a confirmé cette approche de la République islamique. Ces deux dirigeants disent qu'ils aimeraient voir les Etats-Unis et leurs alliés manifester de la souplesse sur le nombre de centrifugeuses que pourrait conserver l'Iran dans le cadre d'un accord définitif sur son programme nucléaire. "Les deux parties peuvent faire preuve d'une flexibilité qui permettra d'aboutir à un nombre (de centrifugeuses) acceptable pour tout le monde", a dit un autre responsable iranien. Les centrifugeuses sont des équipements permettant d'enrichir l'uranium, processus qui, selon son intensité, peut soit fournir du combustible à des centrales électriques soit permettre la fabrication d'armes nucléaires. L'Iran dispose actuellement de plus de 19.000 centrifugeuses, dont environ 10.000 seulement sont opérationnelles. Des responsables occidentaux ont déclaré à Reuters que les négociateurs iraniens n'avaient pas évoqué cette idée d'une collaboration contre l'Etat islamique lors des pourparlers qui ont repris vendredi à New York entre l'Iran et le groupe P5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne). Il leur paraît de toute façon difficile d'aborder ce point dans les négociations sur le nucléaire iranien, pour lesquelles la date butoir pour parvenir à un accord a été fixée au 24 novembre, tant les Etats-Unis et leurs alliés sont déterminés à maintenir une cloison étanche entre ces différents sujets. "Nous constatons à mesure que nous approchons de la fin des négociations que les Iraniens sont tentés de mettre d'autres dossiers sur la table", a dit un haut diplomate occidental. "Ils laissent parfois entendre que s'il n'y avait pas d'accord (sur le nucléaire), les autres dossiers de la région deviendraient plus complexes", a-t-il ajouté. "Les six sont déterminés à ne pas mettre d'autres sujets sur la table des négociations sur le nucléaire." Les pourparlers en cours à New York se déroulent en marge de l'Assemblée générale des Nations unies et devraient se poursuivre au moins jusqu'à vendredi. (Avec John irish à Paris et Arshad Mohammed à Washington; Bertrand Boucey pour le service français)

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