L'Iran restera hostile aux Etats-Unis, affirme Khamenei

le , mis à jour à 10:47
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(Actualisé avec éléments de contexte §§ 3 et 8) par Bozorgmehr Sharafedin Nouri et Babak Dehghanpisheh DUBAI/BEYROUTH, 18 juillet (Reuters) - L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la révolution iranienne, a affirmé samedi qu'il n'envisageait pas de détente avec les Etats-Unis, qualifiés d'"arrongants", malgré la conclusion cette semaine d'un accord avec les grandes puissances au sujet du programme nucléaire de la République islamique. Lors d'un discours prononcé dans une mosquée de la capitale à l'occasion de la fin du mois de jeûne du ramadan, Ali Khamenei a également dit que Téhéran ne s'alignerait certainement pas sur la politique de Washington au Moyen-Orient. Le guide suprême, qui garde la haute main sur les questions politiques les plus importantes en Iran, a plusieurs fois employé l'expression "que l'accord soit validé ou non", soulignant par là qu'il fallait encore attendre une ratification définitive de la classe politique. "Que l'accord soit validé ou non, nous n'allons pas cesser de soutenir nos amis dans la région et les peuples de Palestine, du Yémen, de Syrie, d'Irak, du Bahreïn et du Liban. Même après cet accord, notre politique à l'égard des Etats-Unis, ce pays arrogant, ne vas pas changer", a-t-il déclaré. Mardi, les diplomates iraniens et leurs interlocuteurs du groupe P5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne) sont parvenus à un accord qui prévoit un encadrement des activités nucléaires de l'Iran en échange d'une levée progressive des sanctions internationales à son encontre. Le numéro un iranien, connu pour ses positions conservatrices, avait alors salué cette annonce, tout en se montrant prudent sur ses chances de succès. (voir ID:nL5N0ZV4HK ) Il a répété samedi que les responsables politiques iraniens devaient examiner de près le texte de Vienne afin de s'assurer que les intérêts de Téhéran seront bien respectés et, en particulier, que les principes de la révolution et que les capacités de défense du pays ne seront pas remis en cause. Il n'en a pas dit davantage sur le processus qui doit permettre d'entériner le texte. Tout juste sait-on, selon les médias iraniens, que le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, s'adressera au Parlement le 21 juillet et que le texte sera également examiné par le Conseil national de sécurité, la plus haute instance du pays dans ce domaine. L'arrangement trouvé cette semaine a poussé certains observateurs à estimer qu'il était le prélude à une nouvelle donne géopolitique au Moyen-Orient. L'ayatollah Ali Khamenei, quant à lui, n'envisage pas de rapprochement avec la première puissance mondiale au sujet des affaires moyen-orientales. "La politique américaine dans la région est diamétralement opposée à la nôtre", a-t-il insisté. "MORT A L'AMERIQUE" Ali Khamenei a par ailleurs jugé que les slogans "Mort à l'Amérique" et "Mort à Israël", chantés cette semaine en Iran lors de manifestations de soutien aux Palestiniens traduisaient bien l'état d'esprit de la population. Selon lui, Téhéran n'a, de toute façon, jamais eu l'ambition de développer des armes nucléaires. Ce point était à l'origine du différend avec les puissances occidentales, qui soupçonnaient la République islamique de poursuivre en sous-main des objectifs militaires, et pas seulement civils. "Les Etats-Unis prétendent qu'ils ont empêché l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire", a affirmé Ali Khamenei. "Ils savent que ce n'est pas vrai. Nous avions une fatwa selon laquelle les armes nucléaires sont interdites par la religion musulmane", a ajouté Ali Khamenei lors de son sermon. L'accord de Vienne a marqué l'aboutissement de douze ans de négociations parfois tumultueuses entre Téhéran et les puissances étrangères. La circonspection affichée par le guide suprême contraste avec les déclarations bien plus enthousiastes du président Hassan Rohani, lequel a estimé que le texte de Vienne représentait une victoire politique pour le pays. "C'est un accord historique, et les Iraniens en seront fiers pendant plusieurs générations", avait dit mercredi le président lors d'un conseil des ministres retransmis à la télévision nationale. (Simon Carraud pour le service français)

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