L'Iran promet de défendre les sanctuaires chiites en Irak

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L'IRAN PROMET DE DÉFENDRE LES SANCTUAIRES CHIITES EN IRAK
L'IRAN PROMET DE DÉFENDRE LES SANCTUAIRES CHIITES EN IRAK

par Ghazwan Hassan

BAGDAD (Reuters) - Le président iranien Hassan Rohani a promis mercredi que son pays défendrait les sanctuaires chiites en Irak, où les insurgés sunnites ont pris le contrôle d'une grande partie de la raffinerie de Baïdji, à 200 km au nord-ouest de Bagdad.

L'Arabie saoudite, monarchie sunnite que Bagdad accuse d'ingérence dans ses affaires intérieures, a pour sa part estimé que la situation en Irak présentait tous les signes d'une "guerre civile".

Le Premier ministre irakien Nouri al Maliki, un chiite, communauté majoritaire en Irak, a exhorté mercredi les tribus sunnites du pays à se désolidariser des combattants djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), "des assassins, des criminels qui obéissent aux mots d'ordre de l'étranger".

Le président iranien a assuré que l'Iran n'hésiterait pas à protéger les lieux saints en Irak "des tueurs et des terroristes".

Hassan Rohani, qui s'exprimait en direct à la télévision, a ajouté qu'un grand nombre de personnes étaient prêtes à se rendre en Irak pour assurer la défense des lieux saints et "remettre les terroristes à leur place".

"Au sujet des lieux saints de l'islam chiite à Kerbala, Nadjaf, Khadhimiya et Samarra, nous annonçons aux tueurs et aux terroristes que la grande nation iranienne n'hésitera pas à protéger ces sanctuaires", a-t-il dit.

VIOLENTS COMBATS A BAÏDJI

"Ces groupes terroristes et ceux qui les financent, tant dans la région que dans l'arène internationale, ne sont rien et seront remis à leur place", a-t-il ajouté.

A Baïdji, les insurgés sunnites contrôlaient en milieu de journée les trois quarts de la raffinerie, encerclée depuis une semaine, a déclaré un responsable irakien sur place. Les installations sont défendues par des troupes d'élite du gouvernement irakien et les combats ont été très violents dans la matinée.

Selon le porte-parole des services antiterroristes à Bagdad, Sabah Nouri, les gouvernementaux contrôlent toujours la situation sur place et ont tué une cinquantaine de rebelles.

La raffinerie de Baïdji est située sur la route reliant Mossoul et Tikrit, deux villes tombées aux mains des insurgés. L'activité y a été suspendue mardi et le personnel étranger a été évacué.

Dans les raffineries du sud du pays, pourtant majoritairement peuplé de chiites et sous contrôle gouvernemental, le groupe pétrolier américain Exxon Mobil a évacué une grande partie de son personnel, a déclaré mercredi le président de la compagnie nationale irakienne SOC, Dhiya Djaffar.

Le britannique BP a évacué 20% de son personnel, a-t-il poursuivi, mais l'italien ENI, les compagnies Schlumberger, Weatherford, et Baker Hughes ne prévoient pas de suivre cet exemple.

ÉVACUATIONS AUSSI DANS LE SUD

"Pour nous, ces évacuations ne sont pas le bon message à envoyer, ils devraient rester sur place car les événements actuels n'affectent en rien l'activité dans le sud du pays", a dit Djaffar à Reuters.

Les compagnies concernées n'ont fait aucun commentaire dans l'immédiat.

Depuis la semaine dernière, les hommes de l'EIIL se sont emparés d'une large portion du territoire irakien dans le nord, à partir de Mossoul, et dans l'ouest, dans la province d'Anbar, menaçant la capitale Bagdad.

Dans la nuit de mardi à mercredi, Maliki a reçu des dirigeants politiques des communautés chiite et sunnite, qui ont lancé un appel à l'union nationale.

Participaient notamment à cette réunion l'ex-président sunnite du Parlement dissous le mois dernier, Oussama al Noudjaifi, et le précédent chef du gouvernement Ibrahim al Djafari.

Ce dernier a appelé les Irakiens à "défendre l'Etat et à protéger sa souveraineté et sa dignité". "Aucun groupe terroriste ne représente une confession ou une religion", a-t-il déclaré Djafari dans une allocution télévisée.

On a appris mercredi que 40 ouvriers indiens travaillant sur un chantier à Mossoul avaient été enlevés. New Delhi ignore qui est à l'origine de leur capture et aucune demande de rançon n'a été formulée.

(Avec Ahmed Rasheed et Ned Parker; Nicolas Delame, Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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