L'Iran prépare son retour dans les échanges bancaires mondiaux

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TÉHÉRAN SE PRÉPARE À LA REPRISE DES TRANSACTIONS INTERNATIONALES
TÉHÉRAN SE PRÉPARE À LA REPRISE DES TRANSACTIONS INTERNATIONALES

par Jonathan Saul

LONDRES (Reuters) - Les banques iraniennes travaillent à la reprise des transactions internationales avec des institutions étrangères via le système SWIFT, ont déclaré à Reuters vendredi un représentant de la Middle East Bank et un responsable de la banque centrale.

Les sanctions internationales visant le secteur bancaire iranien ont été levées le week-end dernier en application de l'accord sur le nucléaire conclu en juillet, tout comme celles touchant l'assurance et le transport maritime.

Mais pour permettre la reprise effective des opérations bancaires internationales de l'Iran, interrompues depuis 2012, les banques iraniennes doivent être reliées à leurs contreparties étrangères via SWIFT (Society for the Worldwide Interbank Financial Telecommunications), le système international de transmission des paiements et des lettres de crédit.

"Nous avons envoyé près de 40 SWIFT à différentes banques dans le monde entier en leur disant que, maintenant que les sanctions sont levées, nous aimerions échanger des documents et en leur demandant si elles envisageaient une relation de banque correspondante", a déclaré Parviz Aghili, directeur général de la Middle East Bank de Téhéran. "Certaines d'entre elles ont répondu en posant un certain nombre de questions et en demandant des documents dont elles ont besoin."

"J'ai l'impression que cela prendra quelques semaines avant qu'il y ait de véritables reprises de relations. Ce sera lent", a-t-il ajouté.

Il a précisé que d'autres banques iraniennes avaient engagé les mêmes démarches via SWIFT.

Un haute responsable de la banque centrale iranienne a par ailleurs déclaré à Reuters que les canaux de transactions seraient bientôt rouverts.

"En réalité, c'est l'affaire de quelques semaines seulement, moins d'un mois. Parce que toutes nos banques, qu'elles soient privées ou contrôlées par l'Etat, ont pris les mesures administratives nécessaires pour rejoindre le système SWIFT", a-t-il dit.

SWIFT n'a pas répondu à une demande de commentaire sur les relations entre les banques iraniennes et internationales via son système.

Parallèlement aux relations via SWIFT, l'Iran va aussi s'employer à convaincre des banques étrangères de revenir s'impliquer dans son système financier. Même si, pour bon nombre d'entre elles, les préoccupations liées aux sanctions américaines encore en vigueur risquent de freiner le mouvement.

LE FACTEUR DOLLAR COMPLIQUE LA DONNE

En effet, si une part importante des sanctions internationales liées au programme nucléaire iranien ont été levées, certaines sanctions prises par les Etats-Unis sont encore en vigueur.

Des banques non-américaines peuvent donc reprendre des transactions avec l'Iran sans craindre d'être pénalisées aux Etats-Unis mais les banques américaines ne peuvent pas faire de même, que ce soit directement ou indirectement.

Les sanctions américaines interdisent aux banques et aux compagnies d'assurance basées aux Etats-Unis toute transaction commerciale avec l'Iran mais elles empêchent aussi de réaliser des opérations avec l'Iran libellées en dollar américain via le système financier américain.

Ce facteur, qui complique la donne, incite les banques européennes à la prudence, d'autant que certaines d'entre elles, comme Deutsche Bank ou BNP Paribas ont été sanctionnées ces dernières années aux Etats-Unis pour non-respect de sanctions internationales.

Le responsable de la banque centrale iranienne a néanmoins déclaré que des banques de plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et l'Italie, avaient eu des discussions en vue d'ouvrir des succursales en Iran après la levée des sanctions.

"Si Dieu le veut, nous verrons cela arriver aussi. L'Iran est un marché très attractif pour les affaires et ils le savent", a-t-il dit.

Parviz Aghili, lui, a estimé qu'il faudrait au moins six à 12 mois avant que de grandes banques envisagent sérieusement de faire des affaires en Iran.

"Les plus petites banques qui ne sont pas impliquées sur le marché américain seront prêtes à travailler avec des banques iraniennes", a-t-il dit. "Mais même ces plus petites banques s'attendent à subir des vérifications anti-blanchiment et il faut qu'elles y soient prêtes et qu'elles demandent à leurs contreparties de s'y préparer."

Les grandes banques, a-t-il ajouté, ne prendront sans doute pas le risque de revenir en Iran dans l'immédiat, à cause du risque lié aux sanctions américaines et de la possibilité d'un retour des sanctions internationales.

En revanche, il a estimé que les contraintes liées au dollar ne constituaient pas un obstacle majeur. "Nous pouvons traiter en euro, en franc suisse, dans toutes les devises non-américaines", a-t-il dit.

(avec Philip Blenkinsop à Bruxelles; Marc Angrand pour le service français)

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