L'Iran prépare son retour dans les échanges bancaires mondiaux

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    par Jonathan Saul 
    LONDRES, 22 janvier (Reuters) - Les banques iraniennes 
travaillent à la reprise des transactions internationales avec 
des institutions étrangères via le système SWIFT, ont déclaré à 
Reuters vendredi un représentant de la Middle East Bank et un 
responsable de la banque centrale.  
    Les sanctions internationales visant le secteur bancaire 
iranien ont été levées le week-end dernier en application de 
l'accord sur le nucléaire conclu en juillet, tout comme celles 
touchant l'assurance et le transport maritime.  
    Mais pour permettre la reprise effective des opérations 
bancaires internationales de l'Iran, interrompues depuis 2012, 
les banques iraniennes doivent être reliées à leurs 
contreparties étrangères via SWIFT (Society for the Worldwide 
Interbank Financial Telecommunications), le système 
international de transmission des paiements et des lettres de 
crédit.  
    "Nous avons envoyé près de 40 SWIFT à différentes banques 
dans le monde entier en leur disant que, maintenant que les 
sanctions sont levées, nous aimerions échanger des documents et 
en leur demandant si elles envisageaient une relation de banque 
correspondante", a déclaré Parviz Aghili, directeur général de 
la Middle East Bank de Téhéran. "Certaines d'entre elles ont 
répondu en posant un certain nombre de questions et en demandant 
des documents dont elles ont besoin." 
    "J'ai l'impression que cela prendra quelques semaines avant 
qu'il y ait de véritables reprises de relations. Ce sera lent", 
a-t-il ajouté.  
    Il a précisé que d'autres banques iraniennes avaient engagé 
les mêmes démarches via SWIFT.  
    Un haute responsable de la banque centrale iranienne a par 
ailleurs déclaré à Reuters que les canaux de transactions 
seraient bientôt rouverts.  
    "En réalité, c'est l'affaire de quelques semaines seulement, 
moins d'un mois. Parce que toutes nos banques, qu'elles soient 
privées ou contrôlées par l'Etat, ont pris les mesures 
administratives nécessaires pour rejoindre le système SWIFT", 
a-t-il dit.  
    SWIFT n'a pas répondu à une demande de commentaire sur les 
relations entre les banques iraniennes et internationales via 
son système.  
    Parallèlement aux relations via SWIFT, l'Iran va aussi 
s'employer à convaincre des banques étrangères de revenir 
s'impliquer dans son système financier. Même si, pour bon nombre 
d'entre elles, les préoccupations liées aux sanctions 
américaines encore en vigueur risquent de freiner le mouvement.  
     
    LE FACTEUR DOLLAR COMPLIQUE LA DONNE 
    En effet, si une part importante des sanctions 
internationales liées au programme nucléaire iranien ont été 
levées, certaines sanctions prises par les Etats-Unis sont 
encore en vigueur.  
    Des banques non-américaines peuvent donc reprendre des 
transactions avec l'Iran sans craindre d'être pénalisées aux 
Etats-Unis mais les banques américaines ne peuvent pas faire de 
même, que ce soit directement ou indirectement. 
    Les sanctions américaines interdisent aux banques et aux 
compagnies d'assurance basées aux Etats-Unis toute transaction 
commerciale avec l'Iran mais elles empêchent aussi de réaliser 
des opérations avec l'Iran libellées en dollar américain via le 
système financier américain.  
    Ce facteur, qui complique la donne, incite les banques 
européennes à la prudence, d'autant que certaines d'entre elles, 
comme Deutsche Bank  DBKGn.DE  ou BNP Paribas  BNPP.PA  ont été 
sanctionnées ces dernières années aux Etats-Unis pour 
non-respect de sanctions internationales.  
    Le responsable de la banque centrale iranienne a néanmoins 
déclaré que des banques de plusieurs pays européens, dont 
l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et l'Italie, avaient 
eu des discussions en vue d'ouvrir des succursales en Iran après 
la levée des sanctions.  
    "Si Dieu le veut, nous verrons cela arriver aussi. L'Iran 
est un marché très attractif pour les affaires et ils le 
savent", a-t-il dit.  
    Parviz Aghili, lui, a estimé qu'il faudrait au moins six à 
12 mois avant que de grandes banques envisagent sérieusement de 
faire des affaires en Iran.  
    "Les plus petites banques qui ne sont pas impliquées sur le 
marché américain seront prêtes à travailler avec des banques 
iraniennes", a-t-il dit. "Mais même ces plus petites banques 
s'attendent à subir des vérifications anti-blanchiment et il 
faut qu'elles y soient prêtes et qu'elles demandent à leurs 
contreparties de s'y préparer." 
    Les grandes banques, a-t-il ajouté, ne prendront sans doute 
pas le risque de revenir en Iran dans l'immédiat, à cause du 
risque lié aux sanctions américaines et de la possibilité d'un 
retour des sanctions internationales. 
    En revanche, il a estimé que les contraintes liées au dollar 
ne constituaient pas un obstacle majeur. "Nous pouvons traiter 
en euro, en franc suisse, dans toutes les devises 
non-américaines", a-t-il dit.  
     
     
 
 (avec Philip Blenkinsop à Bruxelles; Marc Angrand pour le 
service français) 
 

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