L'Iran participera aux discussions de Vienne sur la Syrie

le , mis à jour à 14:17
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par Sam Wilkin et Bozorgmehr Sharafedin DUBAI, 28 octobre (Reuters) - L'Iran participera aux discussions programmées vendredi à Vienne pour tenter de trouver une solution à la crise en Syrie, rapporte mercredi l'agence de presse ISNA citant le ministère iranien des Affaires étrangères. La république islamique sera représentée par son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. Le chef de la diplomatie iranienne sera accompagné de ses adjoints Hossein Amir Abdollahian, Abbas Araqchi and Majid Takht Ravanchi, a précisé déclaré la porte-parole du ministère, Marzieh Afkham, citée par l'agence. La république islamique est le principal allié régional du régime de Bachar al Assad, également soutenu par Moscou. Elle multiplie les discussions avec la Russie - Zarif et son homologue russe, Sergueï Lavrov, se sont entretenus par téléphone ce mardi et ce mercredi - mais sa participation aux discussions de Vienne sera une première dans un cadre multilatéral depuis le début de la crise syrienne, en mars 2011. L'intégration de l'Iran dans ce processus diplomatique auquel participent notamment les Etats-Unis et la Russie avait été révélée dès mardi par le porte-parole du département américain d'Etat, John Kirby. "L'Iran sera prié d'y participer. Il appartient maintenant aux dirigeants iraniens d'en décider", avait-il dit. Au total, une dizaine de participants sont attendus vendredi à Vienne pour des discussions qui viseront, selon Kirby, à définir le "cadre multilatéral nécessaire à une transition fructueuse en Syrie qui permette la formation d'un exécutif dont Bachar al Assad ne serait pas le chef". L'Union européenne sera représentée par Federica Mogherini, la France par son chef de la diplomatie, Laurent Fabius. (voir ID:nL8N12S3AU et ID:nL8N12S336 ) "L'IRAN N'A QU'UN PROJET: MAINTENIR ASSAD AU POUVOIR" Une réunion préparatoire se tiendra dès jeudi dans la capitale autrichienne entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie, des Etats-Unis, de l'Arabie saoudite et de la Turquie, le Russe Sergueï Lavrov, l'Américain John Kerry, le Saoudien Adel al Jubeir et le Turc Feridun Sinirlioglu, a indiqué une source du ministère russe citée par l'agence de presse russe Interfax. Les quatre se sont déjà vus vendredi dernier dans la capitale autrichienne. (voir ID:nL8N12N36U ) "Un dialogue est en cours. Nous appelons à l'élargissement de ce dialogue", a déclaré de son côté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. La venue de l'Iran a semble-t-il fait l'objet d'un débat avec l'Arabie saoudite, sa virulente rivale, indique-t-on de source diplomatique occidental. Elle a par ailleurs été critiquée par le vice-président de la Coalition nationale syrienne (CNS), qui regroupe plusieurs mouvements de l'opposition à Assad. "La présence de l'Iran va compliquer les discussions de Vienne", a déclaré Hicham Marwa tard mardi soir sur la chaîne de télévision Al Arabia. "L'Iran n'a qu'un projet: maintenir Assad au pouvoir. Les Iraniens ne croient pas au principe des discussions", a-t-il ajouté. La république islamique estime que le président syrien doit faire partie de toute solution politique à la guerre; les groupes de l'opposition syrienne, et leurs soutiens régionaux dont l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, estiment pour leur part que son départ est une condition préalable indispensable à la paix. Associer l'Iran à ces discussions est "une reconnaissance de la réalité", estime Julien Barnes-Dacey, de l'European Council on Foreign Relations de Londres. "Avoir l'Iran à la table des négociations complique l'objectif de se débarrasser d'Assad mais ouvre potentiellement la porte à un genre de désescalade", dit-il. (avec John Davison à Beyrouth, Katya Golubkova à Moscou et Lesley Wroughton à Washington; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

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