L'Iran dit avoir refusé d'intégrer la coalition contre l'EI

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(Avec nouvelles déclarations de Khamenei, Département d'Etat) DUBAI, 15 septembre (Reuters) - Le guide suprême de la révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, a affirmé lundi avoir mis son veto à toute coopération entre l'Iran et les Etats-Unis pour combattre les djihadistes de l'Etat islamique (EI). "L'ambassadeur américain en Irak a invité notre ambassadeur à participer à une discussion sur la coordination de la lutte contre Daech", a déclaré l'ayatollah Khamenei en utilisant l'acronyme arabe de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, l'ancien nom de l'EI). "Notre ambassadeur en Irak nous a transmis cette demande, qui a été bien accueillie par certains responsables (iraniens) mais je m'y suis opposé. Je ne vois aucun intérêt à coopérer avec un pays aux mains sales et aux intentions troubles", a-t-il ajouté, selon des propos rapportés par l'agence officielle Irna. L'Iran n'était pas représenté ce lundi à une conférence sur la paix et la sécurité en Irak organisée à Paris. Dans un communiqué, la porte-parole du département d'Etat, Jen Psaki, a répété que les Etats-Unis n'envisageaient pas de "coordination militaire" avec l'Iran, même si elle a reconnu l'existence d'échanges avec Téhéran sur la situation en Irak. "Ils (les Américains) mentent en disant que ce sont eux qui veulent nous exclure de leur coalition, alors que c'est l'Iran qui a refusé d'y participer", a insisté l'ayatollah Khamenei, qui est sorti lundi de l'hôpital après une opération de la prostate. Sur son compte Twitter, le guide suprême avait auparavant accusé les Etats-Unis de vouloir orchestrer la lutte contre l'EI pour asseoir leur domination militaire au Proche-Orient. L'Amérique veut transformer l'Irak et la Syrie en nouveau "Pakistan où elle peut commettre des crimes quand elle le souhaite", a-t-il écrit. "Les déclarations des responsables américains sur la constitution (d'une coalition) contre l'Etat islamique sont vides de sens, creuses et opportunistes, et les contradictions dans leurs attitudes et déclarations en sont la preuve", a-t-il ajouté dans une brève déclaration à la télévision d'Etat à sa sortie de l'hôpital. Téhéran soutient le gouvernement irakien, dirigé par le chiite Haïdar al Abadi, mais aussi le régime alaouite - une branche du chiisme - du président syrien Bachar al Assad, avec lequel les Occidentaux ont également exclu de coopérer. (Mehrdad Balali, avec Jason Szep à Paris; Tangi Salaün pour le service français)

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