L'Iran dénonce l'exécution du cheikh Nimr en Arabie saoudite

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 (Actualisé avec détails, contexte, réactions) 
    DUBAI, 2 janvier (Reuters) - Le ministère iranien des 
Affaires étrangères a accusé samedi l'Arabie saoudite de 
soutenir le terrorisme et de se débarrasser de ses opposants 
après l'exécution du cheikh saoudien Nimr al Nimr qui a provoqué 
une vague d'indignation et de condamnations dans la communauté 
chiite au Moyen-Orient. 
    "Le gouvernement saoudien soutient les terroristes et les 
extrémistes takfiri (sunnites radicaux) tout en exécutant et 
supprimant ceux qui le critiquent dans le pays", a déclaré 
Hossein Jaber Ansari, porte-parole du ministère des Affaires 
étrangères cité par l'agence de presse Irna. 
    L'exécution de Nimr al Nimr aura des répercussions qui 
entraîneront la chute de la famille régnante en Arabie saoudite, 
a estimé pour sa part le dignitaire religieux iranien Ahmad 
Khatami. 
    Le ministère saoudien de l'Intérieur a annoncé samedi dans 
un communiqué que 47 personnes, dont le cheikh Nimr, avaient été 
exécutées pour des faits de terrorisme. 
    Selon le communiqué, Nimr et trois autres chiites avaient 
été condamnés pour incitation à la violence dans la communauté à 
laquelle ils appartenaient. 
    "Je ne doute pas que ce sang pur tachera la Maison (de la 
famille) Saud et qu'ils seront balayés des pages de l'histoire", 
a déclaré l'ayatollah Khatami, membre de l'assemblée des 
experts, cité par l'agence iranienne Mehr. 
    "Le crime de l'exécution du cheikh Nimr fait partie du 
fonctionnement criminel de cette famille traîtresse. Le monde 
islamique va exprimer son indignation et dénoncer ce régime 
infâme autant que possible", a ajouté le dignitaire iranien. 
    Les déclarations de Khatami font écho aux propos tenus par 
l'ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui avait affirmé 
en 2005 qu'Israël serait "effacé des pages de l'histoire". 
    De son côté, le mouvement houthi au Yémen a annoncé porter 
le deuil "d'un guerrier saint" exécuté "après une parodie de 
procès et en violation flagrante des droits de l'homme". 
    Mohammed al Nimr, frère du religieux saoudien, a indiqué que 
sa famille était bouleversée par l'annonce de cette exécution et 
a dit espérer que les réactions à sa mort seraient pacifiques. 
    Nimr et six autres chiites, dont son neveu, avaient été 
condamnés à la peine capitale et à avoir leur dépouille exposée 
en public, ce qui constitue la peine la plus dure en Arabie 
saoudite. 
    "Nous espérons que la voix de la modération et un règlement 
politique prévaudront", a déclaré Mohammed al Nimr joint au 
téléphone. "Le cheikh Nimr était tenu en haute estime dans sa 
communauté et dans la société musulmane en général et il ne fait 
pas de doute qu'il y aura des réactions", a-t-il ajouté. 
    Nimr était considéré comme l'un des principaux critiques du 
pouvoir saoudien à Katif, ville de la Province orientale, 
plaidant notamment pour des élections libres. Selon les 
analystes, Nimr avait toujours pris soin de ne pas lancer 
d'appel à la violence. 
 
 (Sam Wilkin et Noah Browning; Pierre Sérisier pour le service 
français) 
 
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