L'Iran défend sa politique des droits de l'homme à l'Onu

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par Stephanie Nebehay GENEVE, 31 octobre (Reuters) - L'Iran a contr'attaqué vendredi face aux critiques des pays occidentaux concernant la hausse des exécutions de condamnés à mort dans le pays et l'augmentation de la répression en général. Devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, Mohammad Javad Larijani, secrétaire général du Haut Conseil iranien pour les droits de l'homme, un organisme du système judiciaire, a critiqué les pays qui veulent, a-t-il dit, "imposer leur mode de vie" en matière de droits de l'homme. Le Conseil des droits de l'homme examine la situation des libertés dans chaque Etat membre tous les quatre ans. Une Iranienne de 26 ans, Reyhaneh Jabbari, condamnée à mort pour avoir tué un homme qu'elle accusait d'avoir voulu la violer, a été pendue samedi, à la prison Evin de Téhéran. L'affaire a suscité une vive émotion dans le monde. ID:nL6N0SK0EW La famille de la victime n'a pas voulu lui accorder sa grâce à la condamnée. "Nous n'avons pas réussi à solliciter le pardon dans le coeur des victimes (...) Nous sommes désolés que deux nationaux aient perdu la vie, mais la peine capitale, ou 'qisas', est une particularité de notre système. Je pense que certains pays occidentaux devraient s'y intéresser", a déclaré Mohammad Javad Larijani. Selon le "qisas", qui signifie vengeance en droit musulman, le plus proche parent d'une victime, peut, si la justice l'approuve, prendre la vie d'un meurtrier. "L'idée qu'il y a seulement de bonnes choses dans la communauté occidentale - 'l'Occident et les autres' est une idée très destructrice des droits de l'homme", a-t-il ajouté. Il a dit avoir demandé aux proches de la victime de pardonner la jeune Reyhaneh Jabbari et de lui accorder la vie sauve. "Malheureusement, nous n'y sommes pas arrivés. Peut-être qu'une des raisons à cela a été l'énorme propagande créée autour de cette affaire", a-t-il dit. LAPIDATION Lors d'un point de presse ultérieur, Shadi Sadr, avocate iranienne qui avait défendu Reyhaneh Jabbari lors de ses deux procès, a déclaré qu'elle avait indiqué avoir été torturée. L'homme qu'elle a tué avait travaillé pour les services secrets, selon Shadi Sadr, qui a fui l'Iran en 2009. Faisant allusion au premier juge ayant eu à connaître de l'affaire, Shadi Sadr a raconté : "Le chef de la division nous a dit, à tous, les avocats, Reyhaneh et sa famille : 'Je vous donnerai la peine de mort, ne me faites pas perdre mon temps parce qu'elle est coupable et elle doit être exécutée.'" Selon Mohammad Javad Larijani un procès équitable et l'indépendance du système judiciaire sont inscrits dans la constitution et les lois iraniennes. Les personnels judiciaire et carcéral sont formés aux droits de l'homme, dit-il. Des Iraniens en exil ont accusé la délégation iranienne d'esquiver les questions ou d'induire en erreur ceux qui les interrogeaient. "Ils ne sont pas venus ici pour répondre aux questions. Ils sont là pour jouer ", a déclaré Mohammad Nayyeri, exilé et membre de l'Association du barreau iranien, lors d'un point de presse. "Il n'y a pas d'appel pour les infractions liées à la drogue. La lapidation figure dans le nouveau code pénal", a-t-il ajouté. L'Ambassadeur des Etats-Unis, Keith Harper, a appelé l'Iran à libérer Jason Rezaian, un journaliste du Washington Post, détenu depuis le mois de juillet, "pour montrer son engagement envers la liberté d'expression." L'ambassadeur adjoint du Royaume-Uni Mark Matthews a exprimé sa préoccupation à propos de "la forte hausse des exécutions en Iran au cours de l'année écoulée." (Danielle Rouquié pour le service français)

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