L'Iran appelé aux urnes pour définir l'ère de l'après-sanctions

le , mis à jour à 05:12
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    * Le camp des modérés du président fait face aux 
conservateurs 
    * Le Parlement et l'Assemblée des experts renouvelés 
    * Un grand nombre de réformistes pas autorisés à se 
présenter 
    * Le camp réformateur appelle néanmoins à aller voter en 
masse 
    * Graphique : http://tmsnrt.rs/20VK0vG 
 
    par Samia Nakhoul 
    TEHERAN, 26 février (Reuters) - L'Iran vote vendredi pour 
les premières élections depuis la levée des sanctions 
occidentales, un double scrutin, législatif et à l'Assemblée des 
experts, qui dira si la République islamique compte poursuivre 
son ouverture diplomatique et économique. 
    Deux camps s'affrontent pour ces scrutins : celui du 
président modéré Hassan Rohani, qui a négocié l'accord 
historique sur le nucléaire de 2015 qui a permis la levée des 
sanctions occidentales six mois plus tard et qui devrait se 
représenter l'an prochain pour un second mandat, et les 
conservateurs, opposés au mouvement de détente avec à 
l'Occident. 
    Les deux camps ont appelé à aller voter en masse. Les 
candidats réformistes ont vu pour la plupart leurs candidatures 
refusées par le Conseil des gardiens, ainsi que certains 
modérés. Mais leurs partisans appellent à soutenir les alliés de 
Rohani pour empêcher les conservateurs de gagner.   
    Les électeurs sont appelés à renouveler le Parlement qui 
compte 290 sièges et l'Assemblée des Experts, dont les 88 
religieux élisent le Guide suprême de la révolution. L'actuel 
titulaire du poste l'ayatollah Ali Khamenei, étant âgé de 76 
ans, il se pourrait que les Experts aient à désigner son 
successeur.   
    Les deux organes sont pour le moment aux mains des 
conservateurs.     
    Cependant, les réformistes et les modérés sont parvenus à 
réunir une liste commune à Téhéran -- de 30 candidats au 
Parlement et 16 à l'Assemblée des experts -- qui, espèrent-ils, 
leur donnera in fine la majorité dans les deux organes. 
    "Nous faisons le pari que les extrémistes et les 
conservateurs n'auront pas la majorité au Parlement et que 
l'ambiance générale au majlis (Parlement) sera changée", a 
déclaré à Reuters Mohammad Reza Aref, candidat au Parlement. 
     
    LES MARCHANDS DIVISES 
    Les résultats sont difficiles à anticiper, les conservateurs 
réalisant d'habitude de bons scores dans les campagnes tandis 
que les réformistes ont un électorat citadin. Au grand bazar de 
Téhéran, l'influente classe des marchands est divisée. 
    "Je vais voter pour les réformistes (...) Si les 
conservateurs gagnent ce sera une mauvaise nouvelle pour moi et 
les autres commerces, parce qu'ils sont opposés à la 
libéralisation", déclare Adel Jahangiri, propriétaire d'un 
magasin du bazar. 
    Sadegh Salehakhoundi, vendeur, prévoit pour sa part de voter 
pour les conservateurs pour leur fidélité aux principes de la 
révolution de 1979 et leur résistance aux puissances étrangères. 
"Nous ne voulons pas d'ouverture au monde extérieur", dit-il. 
    La méfiance à l'égard de l'Occident est fortement enracinée, 
et les conservateurs accusent les alliés du président Rohani de 
commercer avec les puissances occidentales.   
    Si elle est sollicitée pour désigner le successeur de 
l'ayatollah Khamenei, l'Assemblée des experts, élue pour huit 
ans, décidera potentiellement du sort du pays pour les décennies 
à venir. 
    Du côté du Parlement, une chambre à dominante modérée 
permettrait à Rohani de poursuivre des réformes économiques et 
de continuer l'ouverture diplomatique du pays. Peut-être même 
pourrait-il assouplir l'ensemble des restrictions sociales qui 
irritent particulièrement la fraction jeune et éduquée de la 
population. 
    Quelle que soit l'issue du vote, une part importante du 
pouvoir restera aux mains de l'establishment conservateur à 
travers le Conseil des Gardiens, le pouvoir judiciaire islamique 
et le Guide suprême. 
    Composé de douze juristes et religieux, le Conseil des 
gardiens est chargé d'entériner les lois nouvelles et de passer 
au crible les candidatures. Il a joué un rôle considérable dans 
l'élection en opposant son veto à quasiment tous les réformistes 
et à certains modérés qui souhaitaient se présenter au 
Parlement. 
    De tels mécanismes facteurs de conservatisme ont découragé 
certain électeurs. 
    "Je ne vais pas perdre mon temps et ma voix puisque rien ne 
changera parce que les conservateurs ont le pouvoir en main", 
déclare Aria Behfuruz, 18 ans, étudiante en dentaire à 
l'université de Téhéran.   
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 
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