L'Irak propose sa médiation entre l'Arabie saoudite et l'Iran

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    BAGDAD, 6 janvier (Reuters) - L'Irak a proposé mercredi sa 
médiation pour mettre fin à la crise diplomatique entre l'Arabie 
saoudite et l'Iran, estimant que celle-ci risquait de 
déstabiliser davantage l'ensemble de la région. 
    En visite à Téhéran, le chef de la diplomatie irakienne, 
Ibrahim al Djafaari, a souligné que cette crise risquait d'avoir 
de "larges répercussions", une allusion notamment à la lutte 
contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Irak et en 
Syrie. 
    "Nous avons des relations solides avec la République 
islamique (d'Iran) et nous avons aussi des relations avec nos 
frères arabes donc nous ne pouvons pas demeurer silencieux face 
à cette crise", a-t-il déclaré au côté de son homologue iranien, 
Mohammad Javad Zarif. 
    L'exécution du dignitaire religieux chiite Cheikh Nimr al 
Nimr par l'Arabie saoudite le week-end dernier a attisé les 
tensions entre sunnites et chiites et provoqué une rupture des 
relations diplomatiques et commerciales entre Ryad et Téhéran - 
Bahreïn, le Soudan et dans une moindre mesure les Emirats arabes 
unis s'étant rangés derrière les Saoudiens. 
    Le gouvernement irakien, dominé par les chiites, s'est dit 
de son côté "profondément choqué" mais il s'est gardé de fermer 
l'ambassade saoudienne qui a récemment rouvert à Bagdad, comme 
le lui demandaient les milices chiites et une partie de la 
population. 
    Les spécialistes de la région soulignent que le Premier 
ministre Haïdar al Abadi ne peut pas se permettre de s'aliéner 
la communauté sunnite irakienne s'il veut venir à bout de l'EI, 
qui a prospéré sur la marginalisation des sunnites à l'époque de 
son prédécesseur, Nouri al Maliki. 
    "Abadi a besoin de tous les alliés possibles", souligne Mona 
Alami, chercheuse du centre de réflexion Atlantic Center basée à 
Beyrouth. 
    Le chef du gouvernement irakien, qui a proclamé que 2016 
serait l'année de la "victoire finale" contre l'EI a aussi 
besoin du soutien des pays arabes sunnites, d'autant que ceux-ci 
l'ont appuyé la semaine dernière dans sa dispute avec Ankara à 
propos du déploiement de soldats turcs dans le nord de l'Irak. 
     
 
 (Maher Chmaytelli; Tangi Salaün pour le service français) 
 
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