L'Irak exige le retrait des forces turques près de Mossoul

le , mis à jour à 18:34
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 (Actualisé avec Davutoglu) 
    BAGDAD, 5 décembre (Reuters) - L'Irak a dénoncé samedi une 
violation de sa souveraineté après l'entrée d'"environ un 
bataillon" turc dans la province de Ninive, dont il a exigé le 
retrait immédiat, selon les services du Premier ministre 
irakien. 
    Ces soldats turcs ont été envoyés dans la région de Bachika, 
au nord-est de Mossoul, pour entraîner des forces irakiennes qui 
se prépareraient à lancer une offensive contre cette grande 
ville du nord de l'Irak contrôlée depuis juillet 2014 par le 
groupe Etat islamique (EI), a-t-on appris vendredi de sources 
turques.  ID:nL8N13T436  
    Dans un communiqué diffusé en ligne, le président irakien 
Fouad Massoum a dénoncé une "violation du droit international" 
susceptible d'accentuer les tensions régionales.  
    Il a appelé au retrait des forces turques et demandé au 
ministère des Affaires étrangères de prendre toutes les mesures 
nécessaires pour préserver l'indépendance et la souveraineté de 
l'Irak.  
    Le ministère des Affaires étrangères a quant à lui qualifié 
l'initiative turque d'"incursion" et il a rejeté toute opération 
militaire menée sans coordination avec le gouvernement de 
Bagdad. L'ambassadeur turc à Bagdad a été convoqué pour 
s'expliquer. 
    Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu s'est étonné de ces 
déclarations, assurant que les soldats avaient été envoyés dans 
le cadre d'une rotation de routine dans ce camp d'entraînement 
établi il y a un an, selon lui, à la demande de l'ancien 
gouverneur de Mossoul et en accord avec le ministère irakien de 
la Défense. 
    "Ce camp a été conçu comme un camp d'entraînement pour les 
volontaires de la région qui luttent contre le terrorisme", a 
déclaré le chef du gouvernement turc pendant un discours devant 
un syndicat professionnel retransmis à la télévision. 
    "Il a formé plus de 2.000 de nos frères de Mossoul en vue de 
libérer Mossoul de l'organisation terroriste Etat islamique", 
a-t-il ajouté. 
    De sources sécuritaires turques, on précise que le camp est 
utilisé par la milice Hachid Watani (Mobilisation populaire), 
composée en majorité d'arabes sunnites, anciens policiers et 
volontaires originaires de Mossoul. Cette force a été constituée 
par l'ancien gouverneur de la province, Athil al Noudjaifi, qui 
entretient de bonnes relations avec la Turquie.  
 
 (Ahmed Rachid, Stephen Kalin, avec Ahmed Tolba au Caire; 
Bertrand Boucey, Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün pour le 
service français) 
 
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