L'IPTL, Noël avant l'heure pour les joueurs de tennis

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L'IPTL, Noël avant l'heure pour les joueurs de tennis
L'IPTL, Noël avant l'heure pour les joueurs de tennis

Depuis 2014, le mois de décembre est synonyme d'IPTL pour les meilleurs joueurs du tennis du monde. Une compétition ludique par équipes qui leur permet d'enrichir leur compte en banque à l'autre bout du monde.

Les Aces, les Mavericks, les Slammers, les Warriors, les Royals... Depuis deux ans, ces équipes aux faux airs de franchises de sports américains envahissent le paysage tennistique au mois de décembre. Alors qu’auparavant, les joueurs se préparaient tranquillement chez eux pour la saison suivante lors de ce seul mois de l’année sans compétition, ils se retrouvent désormais en Asie, dans le cadre de l’IPTL, l’International Premier Tennis League. Ou plutôt, la Coca-Cola IPTL puisque, comme pour la plupart des compétitions, un nom de sponsor est accolé à ce grand tournoi par équipes où l’argent coule à flots. Car pour attirer les meilleurs joueurs que sont Novak Djokovic, Rafael Nadal, Roger Federer ou encore Serena Williams et Maria Sharapova du 2 au 20 décembre, en pleine préparation hivernale, mieux vaut aligner les dollars.

Des primes attrayantes

L’équipe victorieuse remportera ainsi 1,5 million de dollars (1,36 millions d’euros), à se partager entre sept, huit ou neuf joueurs. Mais les stars ont également droit à un petit bonus, même si les chiffres ne sont pas communiqués officiellement. L’an passé, on parlait d’une prime d’un million de dollars pour Roger Federer, qui n’avait disputé qu’un seul match avec les Royals, avec qui il s’est engagé pour deux ans. Idem pour Jo-Wilfried Tsonga, qui avait joué l’an dernier trois rencontres pour 800 000 euros avec les Manila Mavericks, ce qui avait créé la polémique, quelques jours après une finale de Coupe Davis frustrante (Tsonga, blessé au bras, n’avait pas joué le dernier jour). Au total, près de 60 millions de dollars de bonus auraient été attribués en 2014.

Cette année, Richard Gasquet devait disputer neuf matchs avec les Philippine Mavericks, pour 250 000 euros, selon le JDD. « Le chèque aurait été plus gros si j'étais resté les 18 jours, mais, dans ce cas, on le paie l'année suivante. C'est trop compliqué de faire l'intégralité de cette tournée et d'embrayer sur l'Australie. Là, ça ne va pas me tuer », avouait Richard Gasquet dans l’hebdomadaire début novembre. L’IPTL ne l’a pas tué mais bien endommagé : blessé au dos, Gasquet n’a joué que cinq matchs et pourrait bien manquer le premier tournoi de la saison 2016…

Du beurre dans les épinards

Pour les joueurs les moins connus et les moins bien classés, à l’instar du Français Pierre-Hugues Herbert (168eme mondial), une participation à l’IPTL permet aussi de mettre du beurre dans les épinards en fin de saison. « Beaucoup de gens m’ont conseillé de ne pas y aller, en disant que ça nuirait à ma préparation hivernale. D’autres, comme mon père, m’ont dit : ‘‘ Vas-y, fonce ! ’’ J’ai pris trois, quatre jours pour réfléchir avant d’accepter la proposition, qui est intéressante financièrement, il faut le reconnaître », confiait le vainqueur de l’US Open en double au journal L’Alsace le mois dernier.

Donner des millions d’euros de bonus aux joueurs, cela ne pose aucun problème à ces cinq franchises asiatiques. Car elles appartiennent toutes à de riches entrepreneurs ou à des marques en plein essor : Hans Sy, propriétaire de centres commerciaux, possède les Philippine Mavericks, Sachin Gadoya, directeur d’une agence de voyage, est propriétaire des UAE Royals, le fabricant indien de téléphone portables Micromax détient les Indian Aces, UD Trading (agence de traders) est propriétaire des Singapore Slammers. En revanche, le nom du propriétaire des Legendari Japan Warriors, qui font leur apparition dans l’IPTL cette année, n’a pas été dévoilé.

L’IPTL fait des émules

L’an passé, tous les stades où se sont déroulés les matchs (à Manille, Singapour, New Delhi et Dubaï) étaient pleins et c’est encore le cas cette année, notamment à Kobe au Japon, où l’IPTL a fait escale pour la première fois. Derrière l’écran, les audiences sont au rendez-vous également (les matchs sont diffusés dans 125 pays, dont la France, où MCS Tennis est le diffuseur officiel), avec plus de 350 millions de téléspectateurs au total en 2014. L’an passé, l’IPTL a engrangé un bénéfice 2,6 millions de dollars. Un chiffre qui devrait encore augmenter cette année.

En même temps que l’IPTL, une « Champions Tennis League » a également vu le jour en 2014, sur le même format et aux mêmes dates que sa grande sœur, mais seulement en Inde, avec des joueurs un peu moins renommés (Cornet, V.Williams, Lopez…) et un prize-money de plusieurs dizaines de milliers d’euros également. Plus que jamais, le mois de décembre n’est plus synonyme de repos et de préparation dans le monde du tennis, mais bel et bien de spectacle et de business.

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