L'investiture de Chavez, malade, reportée à Caracas

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REPORT SINE DIE DE L'INVESTITURE D'HUGO CHAVEZ
REPORT SINE DIE DE L'INVESTITURE D'HUGO CHAVEZ

par Brian Ellsworth et Stacey Joyce

CARACAS (Reuters) - La cérémonie d'investiture d'Hugo Chavez, réélu à la tête de l'Etat vénézuélien en octobre, a été reportée sine die en raison de l'état de santé du président vénézuélien, hospitalisé à Cuba après sa quatrième opération d'un cancer.

Le chef de l'Etat devait prêter serment jeudi, mais "l'équipe médicale a recommandé que le rétablissement post-opératoire se poursuive au-delà du 10 janvier", indique le vice-président Nicolas Maduro dans une lettre adressée au Congrès.

Il ne donne aucune indication sur une nouvelle date pour la cérémonie, ni sur l'état de santé du président vénézuélien.

L'opposition vénézuélienne a accusé le gouvernement de violer la Constitution en proposant de reporter la cérémonie de prestation de serment.

Pour les alliés du président socialiste, cette cérémonie n'est qu'une "formalité". Ils estiment qu'Hugo Chavez, largement réélu en octobre pour un troisième mandat de six ans, pourra être investi dès que sa santé le permettra.

Hugo Chavez, qui est âgé de 58 ans, s'est rendu en urgence à Cuba il y a presque un mois pour une nouvelle opération liée à une récidive d'un cancer de la région pelvienne révélé mi-2011.

L'opposition réclame qu'en l'absence du chef de l'Etat jeudi, le président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello, assume l'intérim du pouvoir avant une nouvelle élection dans un délai de trente jours.

Le gouvernement, quant à lui, refuse d'évoquer la mise à l'écart provisoire du chef de l'Etat et ne fournit que des communiqués lapidaires sur son état de santé.

Le ministre de la Communication, Ernesto Villegas, a déclaré lundi à la radio et la télévision que le président était "dans un état stable par rapport au dernier bulletin médical (jeudi dernier-NDLR) qui faisait état d'une infection pulmonaire sévère". "Le traitement est administré de manière continue et rigoureuse, et le patient l'assimile", a-t-il ajouté.

INTERPRÉTATIONS DIVERGENTES

La position officielle du gouvernement est qu'Hugo Chavez, en dépit de ses problèmes de santé, continue d'assumer ses fonctions de chef de l'Etat.

"Il n'y a rien qui créerait un vide du pouvoir et rien qui devrait donner à l'opposition l'espoir que Chavez quittera ses fonctions le 10 janvier", a déclaré Diosdado Cabello.

La querelle se focalise sur un article de la Constitution stipulant que le président élu doit prêter serment le 10 janvier sans préciser ce qui survient lorsque l'investiture n'a pas lieu à cette date.

Depuis des jours, chaînes de télévision et réseaux sociaux sur internet se nourrissent des interprétations divergentes d'experts en droit constitutionnel.

Un anti-Chavez est allé jusqu'à lancer sur Twitter un appel à une grève générale, une position jugée extrémiste par les partis d'opposition.

"UN GOUVERNEMENT PARALYSÉ"

Un porte-parole de la présidente argentine Cristina Fernandez a fait savoir que celle-ci se rendrait en fin de semaine à Cuba dans le cadre d'une tournée diplomatique et qu'elle chercherait alors à voir son homologue vénézuélien.

Un conseiller de la présidente brésilienne Dilma Rousseff a estimé que le processus se déroulait conformément à la Constitution.

Sans entrer dans le débat constitutionnel, le chef de l'opposition vénézuélienne Henrique Capriles, battu par Chavez lors de la présidentielle du 7 octobre, a dénoncé la paralysie de l'action gouvernementale.

"La vérité est que nous avons un gouvernement qui ne gouverne pas, complètement paralysé", a-t-il dit sur son compte Twitter. "Ces pseudo-dirigeants ne s'intéressent pas aux problèmes qu'affrontent les Vénézuéliens."

Le site de microblogging regorge de rumeurs annonçant Hugo Chavez à l'agonie.

En cas d'"absence permanente" du président, une nouvelle élection serait organisée donc dans les trente jours et le vice-président Nicolas Maduro, successeur officieux de Chavez, serait le candidat du Parti socialiste.

Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Pascal Liétout

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