L'investissement dans les PME ne fait plus recette

le
0
Peut-être déçus par les avantages fiscaux amoindris, les épargnants ont boudé les FIP et FCIP l'an dernier. L'année 2012 s'annonce difficile, alors que les entreprises ont plus que jamais besoin de financements.

Les FIP et les FCPI n'ont plus autant de succès... Ces fonds étaient pourtant censés attirer l'épargne des Français et l'utiliser pour financer à long terme des PME non cotées en Bourse. Un placement à long terme (huit à dix ans), peu liquide, sans garantie en capital... mais doté d'un charme fiscal: une réduction d'ISF ou d'impôt sur le revenu, au choix.

Mais, l'an dernier, cette carotte fiscale n'a pas suffi. Pour la première fois depuis 2006, les fonds d'investissement de proximité et les fonds communs de placement dans l'innovation ont collecté moins d'un milliard d'euros, selon les premiers chiffres rassemblés par Capital Finance. «Au global, les dispositifs qui donnent droit à une réduction d'impôt sur le revenu ont vu leur collecte s'effondrer de 27%. Ceux qui réduisent l'ISF ont mieux résisté: les souscriptions n'ont reculé que de 12% à 15% », note Fabrice Imbault, directeur général adjoint d'A Plus Finance.

Le climat de crise n'a sans doute pas incité l'an dernier les épargnants à investir à long terme, ni à prendre des risques. Au rayon des placements défiscalisants, ils ont en outre souvent préféré «l'investissement Scellier, dont la disparition était annoncée», note Fabrice Imbault.

Le rabot du fiscal a joué

Mais les professionnels désignent aussi un autre fautif: le coup de rabot fiscal qui, l'an dernier, a réduit de 25% à 22% la réduction d'impôt sur le revenu accordé pour ces produits. Or, le taux accordé en 2012 a encore rétréci: 18% seulement. Sera-t-il suffisant pour compenser, aux yeux des souscripteurs, les risques du placement et ses contraintes, sera-t-il suffisant pour continuer à attirer les souscriptions? L'enjeu est de taille, au moment où beaucoup de PME redoutent d'avoir plus de difficultés à obtenir des crédits bancaires et cherchent des financements plus stables.

De plus en plus de sociétés de gestion adaptent en tout cas leur stratégie. Elles délaissent les FIP et les FCPI, dont les contraintes de gestion (imposées par l'État en échange des avantages fiscaux) leur semblent devenues trop lourdes. Et s'intéressent davantage aux FCPR (fonds communs de capital-risque). Des fonds plus confidentiels, réservés aux investisseurs plus fortunés qui ne cherchent pas une réduction d'impôt, mais veulent diversifier leur patrimoine sur les PME, dans l'espoir de belles performances. «Beaucoup de souscripteurs sont eux-mêmes dirigeants ou anciens dirigeants de société, et prêts à accompagner de jeunes PME dynamiques qui se développent», souligne Foucauld Delannoy, associé de Cap Horn Invest.

LIRE AUSSI:

» Tous les épargnants ou presque davantages taxés

» Un fonds pour les start-up de la robotique

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant