L'introduction de Moncler atteindra au plus 758 millions d'euros

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MONCLER VA FAIRE SON ENTRÉE EN BOURSE À MILAN
MONCLER VA FAIRE SON ENTRÉE EN BOURSE À MILAN

par Isla Binnie et Astrid Wendlandt

MILAN/PARIS (Reuters) - L'entrée en Bourse de Moncler prévue le mois prochain à Milan devrait atteindre au plus 785 millions d'euros, ce qui en fera la plus importante introduction dans le secteur du luxe en Europe depuis celle de Salvatore Ferragamo il y a plus de deux ans.

Le fabricant italien de doudounes haut de gamme espère séduire les investisseurs grâce à de solides perspectives de croissance, en s'appuyant à la fois sur son développement international et sa diversification dans la lunetterie ou l'habillement. Les doudounes, vendues entre 800 et 1.000 euros, génèrent toutefois encore quelque 85% du chiffre d'affaires de la société, créée en France en 1952.

Sur la base d'une fourchette de prix indicative de 8,75 à 10,20 euros par action, la capitalisation boursière de Moncler pourrait atteindre 2,2 à 2,55 milliards.

L'introduction en Bourse rapportera au minimum 585 à 681 millions d'euros, voire 672 à 785 millions si l'option de surallocation est exercée, montrent des documents que s'est procurés Reuters.

L'offre de titres était intégralement souscrite à la mi-journée mercredi, a-t-on appris de sources proches de l'opération.

Moncler avait abandonné en 2011 un premier projet d'introduction en Bourse, préférant céder 45% de son capital à la société d'investissement française Eurazeo. L'opération l'avait alors valorisé 1,2 milliard d'euros.

Eurazeo, descendu depuis à 31,2%, peut donc espérer engranger une confortable plus-value en vendant 14% du capital à l'occasion de l'IPO.

De son côté, Carlyle, qui avait racheté 48% du capital en 2008, va vendre environ la moitié des 18% qu'il détient encore. Quant à Brands Partner, actionnaire à hauteur de 5%, il vendra 3,7% du capital.

VALORISATION COMPARABLE À CELLE DE PRADA ET BURBERRY

La fourchette de prix retenue pour l'IPO valorise l'entreprise de 10 à 12 fois le bénéfice avant impôt, charges financières, dépréciation et amortissement (Ebitda) attendu en 2014.

En milieu de fourchette, Moncler afficherait donc une valorisation comparable à celle du britannique Burberry et une légère décote par rapport à Prada (12,6 fois l'Ebitda).

Le flottant de Moncler devrait être d'au moins 26,7% à l'issue de l'opération, qui porte uniquement sur des cessions par des actionnaires existants et ne rapportera donc pas un euro à l'entreprise.

Le président de la société, Remo Ruffini conservera la totalité de ses 32% du capital, confortant sa position de premier actionnaire.

En se cotant à Milan, Moncler espère un succès comparable à celui de Ferragamo, dont le cours a plus que triplé depuis ses débuts en 2011. Le spécialiste italien du cachemire Bruno Cucinelli a fait encore mieux, son cours ayant été lui aussi multiplié par trois, mais en 17 mois seulement.

Moncler devrait être la troisième entreprise à faire son entrée sur le marché milanais cette année après la marque d'articles de papeterie Moleskine et le groupe de logistique Savino del Bene, dont la première cotation est prévue le 6 décembre.

Lorsque Remo Ruffini en a pris le contrôle en 2003, Moncler, avec 45 millions d'euros de chiffre d'affaires, tournait au ralenti. Soutenue par la forte croissance du marché du luxe, la marque est désormais vendue dans le monde entier et comptait 98 boutiques à fin septembre. Ses ventes ont progressé de 17,5% sur les neuf premiers mois de l'année, à 389 millions d'euros (+22% à taux de change constants).

Avec Kyle MacLellan à Londres,; Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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