L'interview de Saad Benlamine (Amplégest) : « Nous apprécions Safran, Pharmagest et Solutions30 »

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Saad Benlamine, co-gérant du fonds Amplégest Midcaps
Saad Benlamine, co-gérant du fonds Amplégest Midcaps

Quelle est votre méthodologie d'investissement ?

Saad Benlamine : Nous faisons du stock-picking. Ce qui nous intéresse avant tout c'est d'investir dans des sociétés capables de créer de la valeur dans la durée en générant une rentabilité des capitaux employés supérieure au coût du capital. Nous recherchons principalement des entreprises offrant des avantages compétitifs durables (position de leader sur leur marché, fortes barrières à l'entrée, « pricing power » élevé etc.), sans nous attacher à une thématique précise : ISR, émergents, rendement etc.

Bercy a annoncé la création d'un PEA-PME dédié aux entreprises de moins de 5 000 employés et réalisant moins de 1,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Amplégest Midcaps a-t-il vocation à devenir éligible au PEA-PME ?

S.B : Nous gérons Amplégest Midcap en nous fiant uniquement à la qualité des valeurs sur lesquelles nous investissons. Les critères d'éligibilité au futur PEA-PME ne détermineront pas la stratégie de gestion de ce fonds. Nous constatons qu'aujourd'hui, sur la base de la définition de l'INSEE, 50% du portefeuille est effectivement éligible.

Comment se structure actuellement le fonds ?

S.B : Amplégest Midcaps compte 45 lignes avec une répartition d'environ 25% de grandes valeurs (capitalisation supérieure à 1 milliard d'euros), 50% de midcaps (entre 150 millions et 1 milliard) et 20% de small caps (capitalisation inférieure à 150 millions). Les 10 premières lignes pèsent 38% du fonds et les 20 premières 65%. Les encours s'élèvent à 40 millions d'euros (au 30/09/2013).

Vous intervenez aussi dans l'univers des « large caps »... Un exemple de grande valeur à détenir aujourd'hui en portefeuille ?

S.B : Safran est notre première ligne. Le groupe français évolue dans un marché oligopolistique (avec quatre principaux motoristes aéronautiques dans le monde). La rentabilité devrait continuer à s'améliorer grâce à la croissance de la partie maintenance et pièces de rechanges. Le secteur a subi une crise importante après le 11 septembre 2001 et une grande partie des avions vendus entre 2003 et 2006 arrive désormais en maintenance.

Une « midcap » à acheter ?

S.B : Nous aimons beaucoup Pharmagest. L'éditeur de logiciels de gestion pour les pharmacies détient 45% de parts de marché dans un marché de niche. La société développe des relais de croissance intéressants auprès des maisons de retraite et des laboratoires pharmaceutiques. Les barrières à l'entrée sont fortes et la génération de cash importante : 70% du chiffre d'affaires de Pharmagest est récurrent. En Bourse, la société se paie 8,5x le résultat d'exploitation 2013, ce qui est encore très raisonnable malgré la hausse de 50% enregistrée depuis un an.

Et un coup de coeur dans l'univers des petites valeurs ?

S.B : Solutions30, le spécialiste de l'assistance informatique. La société créée par Gianbeppi Fortis s'est bien diversifiée en s'associant, entre autre, au projet Linky pour l'installation et la maintenance des compteurs électriques intelligents. Il y a potentiellement 35 millions de vieux compteurs électriques à remplacer et Solutions 30 devrait en réaliser une bonne partie. Historiquement, la société a toujours utilisé sa génération de cash pour investir, en recourant en particulier à de la croissance externe très relutive. Elle a atteint une taille critique indispensable pour poursuivre sa croissance de manière rentable en bénéficiant d'une logique d'externalisation structurelle chez ses principaux donneurs d'ordre (opérateurs télécoms, EDF, fabricants de PC etc.). Solutions30 est valorisée à seulement 7x le résultat d'exploitation 2014, ce qui n'intègre pas son potentiel de croissance en France et son déploiement à l'international.

A contrario, quelle valeur avez-vous récemment vendu ?

S.B : Nous avons allégé notre position sur Gameloft pour des raisons de valorisation. Le parcours boursier du spécialiste des jeux vidéos en ligne a été impressionnant (+50% depuis le 1er janvier) et semble avoir intégré en grande partie le potentiel de croissance et de levier opérationnel attendus en 2014 et 2015. La société est très bien gérée et a réussi à prendre parfaitement le virage des smartphones et des tablettes et, plus récemment, le passage du modèle premium au modèle freemium. Ce n'est pas une remise en cause de ses qualités intrinsèques.

Propos recueillis par Julien Gautier

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  • illuss le jeudi 10 oct 2013 à 01:37

    De l'intox pour justifier la probable chute du dow jones qui raflera plus d'un compte de bourse !