L'interview de Philippe Delienne (Convictions AM) : 'En 2014, la croissance va s'accélérer aux Etats-Unis'

le
3

Pour 2014, Philippe Delienne (Convictions AM) croît à la poursuite de la hausse sur les marchés actions.
Pour 2014, Philippe Delienne (Convictions AM) croît à la poursuite de la hausse sur les marchés actions.

Malgré la reprise économique et l'inévitable « tapering », les politiques monétaires vont rester globalement accommodantes en 2014 en l'absence de menaces inflationnistes. Elles devraient continuer de soutenir les marchés actions selon Philippe Delienne, président de Convictions AM.

Comment abordez-vous 2014 ?

Philippe Delienne : Avec confiance. La politique accommodante de la Fed aux Etats-Unis a fonctionné et contribué à enclencher une reprise lente mais réelle (environ +1,7% en 2013). La phase de remontée des taux longs qui a commencé à la mi-2013 va se poursuivre progressivement. C'est un processus normal qui ne devrait pas entraver la hausse des marchés actions l'an prochain.

Les politiques non conventionnelles des banques centrales, et de la Fed en particulier, restent toutefois au centre du jeu et la question du « tapering » (diminution progressive des achats d'actifs de la Fed) va occuper les investisseurs en 2014. Le réveil ne risque t-il pas d'être brutal ?

P.D : Janet Yellen, qui va bientôt succéder à Ben Bernanke, a bien résumé sa feuille de route : « la meilleure façon de réduire les politiques non conventionnelles passe par la reprise économique ». La nouvelle présidente de la Fed ne prendra pas le risque de casser la reprise par une forte hausse des taux d'intérêt ou par un ralentissement trop brutal des rachats d'actifs. En 2014, la reprise devrait s'accélérer (2-2,5% aux Etats-Unis) sans phénomène inflationniste. Par conséquent, la Fed ne relèvera pas ses taux directeurs avant fin 2015. La réduction du déficit budgétaire va également diminuer et devrait entraîner une croissance encore plus forte en 2015.

Les actions américaines ont déjà beaucoup monté. Ne sont-elles pas à leur prix, voire trop chères ?

P.D : Nous sommes en phase d'expansion économique et cette croissance est plus forte outre-Atlantique. Les actions américaines sont plus chères car la croissance des profits y est plus forte, ne l'oublions pas. Sur les marchés actions, il y a des opportunités à saisir des deux côtés de l'Atlantique. On a d'ailleurs observé qu'à l'occasion des premières craintes sur le « tapering » en milieu d'année, ce sont surtout les actions émergentes qui ont baissé, pénalisées par le rapatriement des flux des investisseurs anglo-saxons, pas les actions américaines.

Comment se présente 2014 pour la zone euro ?

P.D : Nous sommes sortis de la récession même si la croissance va rester faible. Si un accord sur l'union bancaire est trouvé d'ici la fin de l'année, nous aurons en Europe l'un des systèmes bancaires les plus sûrs du monde sous l'égide de la BCE. Ce serait un facteur extrêmement positif pour la zone euro...

Quelles sont vos thématiques d'investissement pour l'an prochain ?

P.D : Nous apprécions les valeurs « value » comme Vinci, les banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale) ou Allianz pour les assureurs. Pour la partie obligataire, nous restons sur des obligations privées de court terme. Nous apprécions également les valeurs moyennes mais nous préférons investir dans ce compartiment de marché via des fonds spécialisés. Enfin, pour protéger nos portefeuilles et le capital de nos clients, nous utilisons des outils de protection sur l'Eurostoxx, qui permettent d'amortir les baisses de marché.

Propos recueillis par Julien Gautier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • domsko le mercredi 18 déc 2013 à 19:28

    j'aime bien le verbe dans la dernière phrase:amortir (veut dire tu es au même point qu'à l'initial.

  • fquiroga le mercredi 18 déc 2013 à 18:45

    Et un visionnaire de plus...qui n'a rien vu venir en 2007....Il vend sa salade.

  • guerber3 le mercredi 18 déc 2013 à 18:44

    Celui-là , moins, est un vendeur d'actions, plus que convaincu par la fausse monnaie-Bernanke, et on devine qu'il aime jouer au " Monopoly"...!!!