L'interview de Louis Bert (Dorval Finance) : « Nous retrouvons peu à peu des marchés plus classiques »

Boursorama le 11/01/2013 à 10:00
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Le retour de la confiance sur les marchés actions entamé en 2012 va se poursuivre en 2013 estime Louis Bert, président de Dorval Finance, qui privilégie notamment valeurs financières et technologiques.

En juin 2012, vous appeliez sur Boursorama à un électrochoc en zone euro, une Union monétaire 2.0. Beaucoup d’annonces ont été faites depuis lors. Quel est votre état d’esprit en ce début d’année ?

Louis Bert : Nous sommes confiants pour les prochains mois. Une étape importante a été franchie, notamment grâce à l’action de la BCE qui a pris ses responsabilités de prêteur en dernier ressort. La supervision bancaire qui se met en place au niveau européen est également un élément très important à prendre en compte. La zone euro est redevenue fréquentable aux yeux des investisseurs anglo-saxons. Nous retrouvons peu à peu des marchés plus classiques. Le risque systémique laisse la place à un risque cyclique « normal » dans une économie mondiale, en légère accélération, qui devrait croître de 3,4% cette année...

2013, nouvelle année de hausse sur les marchés actions ?

L.B : 2012 a été l’année des actions mais beaucoup d’investisseurs ont tardé à en prendre conscience. Cette tendance devrait se poursuivre effectivement en 2013. Le retour de la confiance est un processus lent et progressif mais les investisseurs qui cherchent du rendement sont bien obligés, plus par nécessité que par conviction, de revenir vers les actions. La reprise américaine se confirme, la « falaise fiscale » n’aura pas lieu. La croissance américaine, au final remarquablement stable depuis 2009, devrait rester en tendance autour de 2/2,5% cette année contre une croissance autour de 0% en zone euro. Pour autant, nous observons un début de réduction des décotes des marchés européens et des émergents vis-à-vis des marchés américains qui avaient pris de l’avance.

Vous gérez le fonds Dorval Convictions, un fonds flexible qui progresse de 9% depuis sa création début 2008 (vs. -40% pour l’EuroStoxx50) et de +10,9% en 2012 (vs. +13,8% pour l’EuroStoxx50). Quelle est votre stratégie actuelle ?

L.B : Dorval Conviction a effectivement fait preuve de son efficacité en limitant la perte en capital lors de la crise de 2008 et de l’été 2011. Ce fonds est totalement flexible -notre exposition aux actions peut varier de 0 à 100%- ce qui permet de capter les hausses et d’amortir vraiment les phases de baisse des marchés. Actuellement, notre exposition actions ressort à 89%. Pour rappel, nous n’avions pas hésité à la ramener à 3% au plus fort de la crise d’août 2011, à 7% en mai 2012 et à 97% en novembre de la même année. A l’intérieur de cette poche actions, nous privilégions les grandes capitalisations de plus d’un milliard d’euros (85% du portefeuille).

Quelles thématiques privilégier ?

L.B : Depuis l’été dernier, nous sommes revenus sur les valeurs financières (21% du portefeuille) qui vont continuer de profiter de la réduction de la prime de risque. Nous sommes également très investis sur les valeurs à fort contenu technologique (21% du portefeuille) qui permettent aux entreprises de gagner en efficience. Les gains de productivité, l’adaptation à un environnement de plus en plus concurrentiel deviennent des thématiques incontournables.

Trois valeurs de choix pour 2013 ?

L.B : Atos qui profite à la fois du succès de l’intégration de la filiale de Siemens et de ses positions incontournables en Europe dans le « cloud computing ». L’entreprise devrait dégager une croissance des résultats supérieure à 15% cette année. Le potentiel d’appréciation du cours est réel. Tout comme celui d’Orpéa, le leader européen de la prise en charge de la dépendance, qui pourrait voir ses résultats croître de 25% cette année. Disposant d’une visibilité forte, l’entreprise dont l’endettement est contrôlé va bénéficier à plein du crédit d’impôt compétitivité. Enfin, je citerais Linde, le spécialiste allemand des gaz industriels, qui vient de renforcer son pôle Gaz médicaux avec l’acquisition de Lincare en 2012 aux Etats-Unis, tout en menant une stratégie de réduction des coûts. Les résultats devraient progresser d’au moins 15% cette année alors que la valeur enregistre une décote de 15% par rapport aux comparables de son secteur.

Propos recueillis par Julien Gautier

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  • TL70190 le dimanche 13 jan 2013 à 18:16

    oui c'est sur avec sa tête de gagnant !

  • guerber3 le dimanche 13 jan 2013 à 11:11

    Interroger un vendeur d'actions...ça donne toujours des réponses plus simples :achetez, achetez, braves gens...il m' en restera toujours quelque chose!!!

  • manu331 le vendredi 11 jan 2013 à 18:00

    50% de chance qu'il ai raison...Punaise trop dur ! Monsieur four, on fait ce qu'on veut et vous aussi il me semble.

  • marshaka le vendredi 11 jan 2013 à 12:28

    Evidemment ce cher Monsieur oublie de dire que pour gagner des bonus, il faut que les actions montent et que des gogos achètent des parts de son fonds, il parle de retour à la normale, il est donc normal de voir les marchés progresser de 15 % dans une économie en récession, il est normal de louer une croissance de 2 % du pib aux USA quand le déficit budgétaire est de 10 %

  • 22441350 le vendredi 11 jan 2013 à 12:11

    Ajoutons que, pour l'instant, le PEA offre le seul refuge (avec l'assurance vie) pour protéger les PV de la boulimie fiscale de notre sphère politico-administrative, et que sur les comptes titres ordinaires il y a peut-être des moins-values accumulées à compenser sur 10 ans par des PV de même nature).

  • 22441350 le vendredi 11 jan 2013 à 12:03

    Les actions vont remonter : petit à petit les gérants vont convaincre 2 M d'épargnants (50% de ceux qui sont partis depuis 2008) d'y consacrer une partie de leur portefeuille en leur montrant les gains relatifs depuis 1 an et le risque de crach obligataire qui se profile à l'horizon. Cela apportera les volumes qui manquent encore pour conforter la hausse amorcée fin 2012 par les gérants , par réallocation d'actifs à capitaux constants.

  • nervall le vendredi 11 jan 2013 à 11:39

    c`est de nouveau une bulle monetaire euro qui va cramer l`europe de nouveau et les actions a terme , genie de la bourse

  • manu331 le vendredi 11 jan 2013 à 11:11

    N'importe quoi...Le marché action n'a plus rien à voir avec le marché action d'il y a 10 ans. Aujourd'hui le marché est déserté (voir les volumes) et pour de bonne raison, il ne reflète plus rien (à part peut être les injections d'argent des banques)

  • brunetm7 le vendredi 11 jan 2013 à 11:00

    Allez coco... on sait très bien que tu ne vas pas couper la branche ou tu es assis! Suivant!