L’interview de Lothar Albert (Salon des marchés financiers) : « En trading, la peur, la cupidité ou l'espoir sont les principaux handicaps »

Boursorama le 15/05/2013 à 08:00
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Le trading pour particuliers se développe. Pour améliorer ses connaissances et rencontrer des professionnels, rendez-vous au Salon des marchés financiers les 23 et 24 mai au Cnit, à la Défense. Entretien avec Lothar Albert, fondateur et co-organisateur du salon World of Trading en Allemagne, qui lance l’édition française.

Vous êtes le fondateur et co-organisateur du salon World of Trading en Allemagne. Pourquoi lancez-vous un Salon des marchés financiers en France dans le contexte actuel ?

Lothar Albert : Le salon allemand « World of Trading » a connu un grand succès au cours des dix dernières années. L'idée était de créer un rendez-vous où tous les acteurs de la finance tels que les courtiers et les banques peuvent rencontrer leurs clients et les investisseurs actifs. En effet, la possibilité de rencontrer son interlocuteur ne se fait qu’en de très rares occasions. Le Salon des Marchés Financiers a pour vocation de rétablir ce lien entre les professionnels des marchés et les investisseurs particuliers. Or, l’Allemagne et la France sont les deux pays les plus importants d’une Europe en crise. Nous sommes confrontés aux mêmes problèmes. En dehors de l’investissement immobilier, le trading est un moyen de faire fructifier son capital. Mais pour réussir sur les marchés, cela nécessite au préalable des connaissances et une formation. C'est pourquoi un événement comme le Salon des Marchés Financiers (SMF) est important. En un temps réduit et en un seul lieu, il est possible de rencontrer tous les acteurs de la finance de marché, découvrir les derniers développements, les derniers produits, se former, échanger...

Globalement, comment jugez-vous la culture boursière des Français par rapport aux Allemands ?

L.A : La culture n'est pas très différente. Dans les deux pays, nous trouvons les mêmes acteurs ainsi que les mêmes instruments, les mêmes produits. Certains acteurs comme la Société Générale ou BNP Paribas offrent leurs produits en Allemagne, de même qu’en Allemagne, certaines sociétés offrent leurs produits en France. Les fournisseurs de CFD, très appréciés des investisseurs actifs, sont également les mêmes que ce soit en France ou en Allemagne. De même, un site comme Boursorama.com connaît aussi un franc succès en Allemagne depuis quelques années (site Onvista.de) !

Quel public visez-vous ? Professionnels ? Simples curieux ?

L.A : Nous visons une audience large d’investisseurs : que ce soit les néophytes, les personnes désirant se former au trading, les intermédiaires, ceux qui ont des bases et souhaitent en faire leur activité principale, ainsi que les professionnels, les investisseurs actifs qui vivent de cette activité et qui souhaitent se perfectionner. A l’instar de notre magazine Traders’ Mag, nous essayons de couvrir tous les différents sujets relatifs au trading et à la finance de marché : non seulement les stratégies, les méthodes et les produits, mais aussi des thématiques importantes comme la gestion des risques, le « money management » et la psychologie.

Quels seront les grands moments de ce Salon des marchés financiers ?

L.A : Il y aura de nombreux ateliers et conférences sur des thématiques comme les stratégies de trading, la psychologie, la gestion et l’investissement, le trading automatique et le Forex. Au total, il y en aura pour tous les goûts, tous les profils et tous les niveaux. De plus, nous organisons des évènements comme le Live Trading Show où plusieurs traders professionnels aux profils différents exposeront leurs stratégies et pourront passer des ordres en direct devant l’audience. Nous aurons aussi Le Match des Traders, émission quotidienne sur BFM Business, qui aura lieu durant le salon. Il y aura également des débats sur des thématiques plus généralistes avec des économistes comme Marc Touati, Jean-Paul Betbèze, Christian Parisot, mais aussi des gérants de portefeuille.

En France, l’image des traders est négative. On leur reproche de gagner trop d’argent. Ces critiques sont-elles vraiment injustifiées ?

L.A : Il faut faire la différence entre les histoires dont on parle dans la presse, les affaires judiciaires, comme celle de Jérôme Kerviel par exemple, et le citoyen moyen qui essaie de vivre du trading ou tente de se créer un petit revenu supplémentaire. Le trading pour compte propre est l'une des activités les plus honnêtes dans la mesure où vous obtenez immédiatement le résultat de votre opération. Pour chaque euro que vous placez, vous risquez un certain montant. Pour devenir un bon trader, il faut dépenser beaucoup de temps et d'énergie. Cela nécessite une longue phase d’apprentissage, de la discipline et de l'expérience. Nous sommes très loin des mythes à la Gordon Gekko...

Pouvez-vous donner quelques conseils aux internautes de Boursorama ? Comment devient-on un bon trader ?

L.A : Outre les conditions d’apprentissage, de discipline et d’expérience, dont je viens de parler, il est important d’avoir également une bonne connaissance des risques et de ses émotions. Le manque de connaissance des risques et du « money management » peut parfois se révéler fatal pour les traders. Il est également impératif de se connaître soi-même, afin de maîtriser ses émotions. La psychologie du trading est l’une des thématiques les plus importantes. En effet, les émotions comme la peur, la cupidité ou l'espoir sont les principaux handicaps pour réussir sur les marchés. Par conséquent, le principal conseil que je donnerais serait : apprenez. C’est la clé pour devenir un bon trader.

Faut-il maîtriser l’analyse technique pour réussir sur les marchés ?

L.A : Il y a autant de bonnes stratégies de trading que de bons traders. Beaucoup utilisent l'analyse technique. Mais d’autres réussissent également avec d'autres stratégies. L’important est d’avancer grâce à sa propre expérience et ses connaissances.

Comment voyez-vous la tendance boursière pour les prochains mois à venir ?

L.A : Globalement, je pense que les marchés vont rester dans une tendance haussière aussi longtemps que nous aurons la crise en Europe et des taux d’intérêt bas. Cela pourrait changer lorsque nous commencerons à voir la lumière au bout du tunnel.

Propos recueillis par J.G

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  • CP1871 il y a 11 mois

    mdr la conclusion à 2 €..

  • j.delan il y a 11 mois

    Votre argent m'intéresse, selon le très ancien slogan de la BNP, mais il est presqu'aussi difficile de trouver un gagnant qu'au loto

  • gadjo92 il y a 11 mois

    attention salon piege a gogos....bonne chance a ceux qui iront quand meme...

  • cnicquev il y a 11 mois

    Pour ceux qui me connaissent, je serai sur le stand numéro 6 (univers-bourse et boursicoton.com) j'ai deux ateliers conferences le jeudi, sur le forex. Je serai ravi de vous y retrouver pour discuter le bout de gras !

  • M8725649 il y a 11 mois

    Selon une enquête récente, les départements trading ne sont pas rentables.

  • sprevos5 il y a 11 mois

    C'est Lex Luthor ? Mais ou est passé Superman ?

  • egoutten il y a 11 mois

    Moi j'ai jamais eu de pote qui s'appelle Lothar, qu'est-ce que j'aurais aimé