L'interview de Jean-Hervé Lorenzi : « Entre urgences et long terme, l'économie mondiale doit faire face au choc des temps »

le
1
Président du Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi est l'initiateur des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence dont la première édition remonte à 2001. Cette année, le thème retenu est celui du « choc des temps ». Deux innovations : des étudiants sont invités à prendre la parole et les sessions retransmises en direct.

Pourquoi avoir choisi cette année le thème du « choc des temps » ?

Jean-Hervé Lorenzi : Il nous est apparu que les différents acteurs de l'économie mondiale (Etats, entreprises, marchés etc.) faisaient face à une multitude de conceptions du temps. L'horizon des uns n'est pas celui des autres mais ces différents temps ne peuvent s'ignorer. C'est un thème très approprié aux difficultés du temps présent. L'exemple de la dette est probant. A court terme, il peut être avantageux de relâcher la contrainte budgétaire mais à long terme, un pays trop endetté générera une croissance ralentie. Alors, quel est le bon timing ? Les programmes d'austérité appliqués dans les pays d'Europe du sud se sont révélés contre-productif. On a voulu aller trop vite au risque de casser la croissance.

Quelles seront les innovations de ces Rencontres économiques d'Aix ?

J-H.L : Il y aura cette année davantage d'intervenants, de sessions, de débats etc. Nous avons aussi engagé deux innovations majeures. D'abord, nous donnons la parole à des étudiants. Nous avons invité 100 étudiants, âgés de 18 à 28 ans et issus de toutes formations, à participer à un concours « Inventez 2020 ». Cinq lauréats seront invités à prendre la parole en conclusion de ces Rencontres d'Aix qui s'accompagneront comme chaque année d'une déclaration du Cercle des économistes. Autre innovation, nous allons diffuser les débats en direct sur internet sur notre site mais aussi sur Boursorama ! Les Rencontres d'Aix ont vocation à élargir leur audience au plus grand nombre...

Sommes-nous vraiment sortis de la crise en Europe ?

J-H.L : Nous avons évité la dislocation de la zone euro mais il faut intégrer l'idée que nous sommes partis, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe, pour des années de croissance très ralentie. Pour 2014, la zone euro devrait enregistrer une progression de son PIB comprise entre 0 et 0,5% alors que celle des Etats-Unis devrait rester comprise entre 1,5 et 2%. La phase de désendettement sera longue, c'est un processus qui prend du temps. Du côté des pays émergents, la phase d'euphorie est également terminée. Deux phénomènes majeurs vont déterminer le niveau de croissance pour les vingt prochaines années : le vieillissement de la population dans les pays industrialisés qui implique de nombreux changements ainsi que la réapparition d'une vague de progrès technique inédite.

La France peut-elle renouer avec la croissance ?

J-H.L : La France a des problèmes bien connus : un niveau d'investissement insuffisant, une formation souvent inadaptée, une jeunesse qui peine à s'insérer dans l'emploi etc. Mais elle a aussi des atouts : une capacité de financement de son économie, grâce à son épargne abondante et en particulier grâce à son assurance-vie dont les encours ne sont pas utilisés de façon optimale, sa démographie qui est un atout et enfin sa capacité à innover ou à adopter des innovations. Tout est question de volonté collective, surtout dans notre pays ! La France aurait les moyens d'éviter des années de stagnation mais seulement au prix d'un effort collectif.

Propos recueillis par Julien Gautier


Les Rencontres économiques d'Aix-en-Provence 2013, c'est ici.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • SeanO le jeudi 4 juil 2013 à 18:06

    Un gui-gnol qui raconte des âneries depuis des années(avec d'autres un des responsables du désastre).