L'interview de Gilles Bogaert (Pernod Ricard) : « Un change très défavorable et la Chine ont pénalisé nos résultats »

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Selon Gilles Bogaert (Pernod Ricard) le projet Allegro va permettre de générer 150 millions d'euros d'économies sur trois ans.
Selon Gilles Bogaert (Pernod Ricard) le projet Allegro va permettre de générer 150 millions d'euros d'économies sur trois ans.

Si les ventes annuelles de Pernod Ricard ressortent en baisse de 7%, elles sont stables hors effet de change. La Chine a également fortement impacté l'activité nous explique Gilles Bogaert, directeur général adjoint chargé des finances du numéro deux mondial des spiritueux.

Pernod Ricard publie un chiffre d'affaires annuel 2013/2014 (clos fin juin) en recul de 7% à 7,945 milliards d'euros. Quel bilan tirez-vous de l'exercice passé ?

Gilles Bogaert : La baisse du chiffre d'affaires s'explique par l'effet devises qui nous a été très défavorable. Hors effets périmètre et change (négatif sur le dollar et les devises émergentes), les ventes sont stables. Notre résultat opérationnel courant ressort en croissance interne de 2% à 2,06 milliards d'euros. Nous avons également été fortement pénalisés par un recul de 23% de l'activité en Chine. Nos ventes ont subi l'effet des campagnes « anti ostentatoires », surtout dans les KTV's traditionnels (karaokés) et sur le marché des cadeaux. Les ventes en Asie ont ainsi baissé de 4% mais, hors Chine, elles ressortent en hausse de 5%. Le marché chinois est toutefois en voie d'amélioration graduelle.

Comment s'est comporté l'activité dans les pays matures, Europe et Etats-Unis ?

G.B : Nous avons enregistré une bonne année en Europe (+2%), notamment en Europe de l'Ouest. Notons la bonne performance de la France (+3%) dans un marché stable et de l'Allemagne (+7%) portée par la bonne santé de son économie alors que l'Espagne continue de souffrir (-7%). Néanmoins, des signes encourageants y sont visibles. L'Europe de l'Est reste solide (+8%) malgré le ralentissement en Russie. En revanche, le marché américain est un peu « soft » (+1%). Notons aussi les performances favorables du Canada et du Brésil.

Globalement, quelles marques ont tiré leur épingle du jeu ou ont particulièrement souffert ?

G.B : Je citerais Jameson qui continue de générer une croissance à deux chiffres (+12%), Havana Club (+5%), Ricard (+4%) ou le champagne Perrier-Jouët (+16%). En revanche, l'année a été difficile pour le cognac Martell (-9%) en raison de leur forte exposition au marché chinois. En dehors de la Chine, les ventes de Martell sont en hausse de 13%.

Pernod Ricard annonce aujourd'hui la suppression de 900 postes dans le monde (Thaïlande et Venezuela en particulier), dont moins de 100 en France. Comment l'expliquez-vous ?

G.B : L'enjeu du projet « Allegro » est d'améliorer l'efficacité opérationnelle du groupe dans un environnement global qui s'est tendu. Il s'agit de maximiser notre croissance future. Il dégagera 150 millions d'euros d'économies sur trois ans. En France, la forte baisse du résultat opérationnel depuis 3 ans (30 millions d'euros en moins depuis trois ans, soit 15% des profits), compte tenu du contexte morose et de la hausse des droits en 2012, requérait l'amélioration de notre efficacité opérationnelle. Le rapprochement des « back offices » de Pernod et Ricard est programmé. Les équipes commerciales et marketing resteront séparées.

L'an dernier, vous avez versé à vos actionnaires un dividende de 1,64 euro par action. Qu'allez-vous proposer cette année ?

G.B : Le même montant. Notre résultat net courant est en baisse de 3% mais nous avons tenu à maintenir le dividende à 1,64 euro. C'est un signe de confiance dans l'avenir.

Qu'attendez-vous de l'exercice en cours ?

G.B : Comme chaque année, nous communiquerons nos objectifs de croissance lors de la publication des résultats du premier trimestre. Nous nous attendons à une amélioration graduelle de la croissance des ventes, dans un environnement commercial qui va rester tendu. L'impact change devrait être bien entendu moins défavorable cette année, sachant qu'une hausse de 1% du dollar a un impact positif de 16 millions sur le résultat opérationnel. En 2015, nous allons également dégager la moitié des 150 millions d'euros d'économies du plan « Allegro ». Nous avons décidé de réinvestir sur deux ans au moins un tiers de ces économies derrière nos marques et innovations prioritaires.

Propos recueillis par Julien Gautier

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  • M4561194 le vendredi 29 aout 2014 à 16:54

    C'est "drole", nous allons virer 900 personnes car les résultats ne sont pas bons, en revanche, nous maintenons le dividende !!! C'est vrai finalement, un c.. ça ose tout !!!

  • am013 le vendredi 29 aout 2014 à 10:44

    le prix du pastis est trop cher ! monsieur