L'interview de Gilles Bogaert (Pernod Ricard) : « La baisse de l'euro est une excellente nouvelle pour nous »

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Gilles Bogaert (Pernod Ricard) confirme les objectifs de croissance du ROC pour 2014/2015
Gilles Bogaert (Pernod Ricard) confirme les objectifs de croissance du ROC pour 2014/2015

Alors qu'Alexandre Ricard prend les rênes du groupe familial, Pernod Ricard dévoile des résultats semestriels stables conformes aux prévisions. Si le marché chinois reste difficile, Gilles Bogaert, directeur général adjoint chargé des finances, confirme les objectifs de croissance du ROC pour 2014/2015.

Alexandre Ricard a été nommé jeudi PDG de Pernod Ricard, les fonctions de président du conseil d'administration et de directeur général étant désormais réunies. Si Pierre Pringuet a fait de Pernod Ricard un géant mondial des vins et spiritueux, le numéro deux mondial derrière le britannique Diageo, quelle est la feuille de route d'Alexandre ?

Gilles Bogaert : L'objectif est désormais de parvenir à la place de numéro un mondial du secteur. Cela implique de croître plus vite que le marché pour parvenir à grignoter des parts de marché. Alexandre s'inscrit parfaitement dans la stratégie définie par Pierre Pringuet : « premiumisation », innovation, croissance de la « top line ». Il se montrera très attentif à la qualité et à la rapidité d'exécution au sein du groupe. La transition s'est déroulée de manière extrêmement harmonieuse...

L'environnement reste toutefois difficile pour le secteur, en particulier en Chine. Pernod Ricard a publié un chiffre d'affaires semestriel marqué par un résultat net en recul de 5%. Une déception ?

G.B : Non, ces résultats sont en ligne avec les prévisions. Le chiffre d'affaires progresse de 1% (à 4,62 milliards d'euros) et non de 2% en raison de l'effet négatif lié au décalage du nouvel an chinois (nouvel an retardé de 19 jours). Nous devons d'ailleurs adapter notre stratégie appliquée en Chine pour mieux identifier les relais de croissance dans ce pays immense. Cela passera par le développement de nouvelles marques, premium mais pas forcément de prestige et de nouveaux modes de distribution.  La Chine est un pays atypique sur lequel nous nous sommes développés directement sur un créneau très haut-de-gamme. Or, le marché chinois est en passe de normalisation.

L'environnement reste également difficile aux Etats-Unis. Comment expliquez-vous  ce paradoxe alors que la croissance américaine est repartie ?

G.B : Globalement, le rebond de l'économie ne se retrouve pas encore au niveau de la croissance du marché des spiritueux. L'activité a été principalement tirée par le whisky (Jameson) et le cognac (Martell). En revanche, la vodka Absolut, qui évolue sur un créneau très concurrentiel, a continué de souffrir alors qu'elle est en progression dans le reste du monde. Notre objectif est de se renforcer le caractère premium de cette marque en recentrant notre communication sur la qualité du produit.

Quel est l'état du marché européen pour Pernod Ricard ?

G.B : Le chiffre d'affaires demeure stable en Europe. Le ralentissement en Europe de l'Est et en Allemagne (conflits commerciaux en cours de résolution) a été compensé par la très bonne tenue de l'Espagne et du Royaume-Uni où nous gagnons des parts de marchés. Notons que la croissance organique en Russie a été impactée par la chute du rouble. En France, marché stable, l'environnement commercial se révèle particulièrement tendu.  

La baisse de l'euro par rapport au dollar est-elle une bonne nouvelle pour vous ?

G.B : Oui, c'est une excellente nouvelle pour nous. On estime que 1% de variation de l'euro par rapport au dollar entraîne 15 millions d'euros d'impact sur le résultat opérationnel courant. Pour nous couvrir de ces variations de changes que nous ne maîtrisons pas, notre dette est libellée à 57% en dollars. On estime d'ailleurs à environ 70% le montant de notre activité réalisée en dollars ou en devises liées au dollar (renminbi chinois par exemple). Mais nous profitons aussi de la baisse récente du prix des matières premières. A titre d'exemple, la vodka Absolut se fabrique avec du blé d'hiver provenant de Suède.

Vos objectifs pour l'exercice en cours 2014/2015 ?

G.B : Ce premier semestre nous conforte dans notre objectif de réaliser une croissance interne du résultat opérationnel courant comprise entre +1 et +3%.

Propos recueillis par Julien Gautier

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